‹ Un collaborateur de Mirabeau; documents inéditsChapitre 6 sur 8 · MARIAGE DES PRÊTRES · texte numérisé non relu

MARIAGE DES PRÊTRES

(Brouillon de Eetbaz) \

Vous avez beaucoup fait pour la société, beaucoup pour les mœurs, beaucoup pour la religion, quand vous avez appliqué les règles de la plus saine raison, de la politique la mieux calculée, à la réforme de la constitution ecclésiastique ; quand, après avoir assuré le service de Pautel , l'entretien de ses ministres, le soulagement des pauvres, vous avez fait rentrer dans les mains de la nation des biens trop souvent détournés de cet usage ; quand vous avez rendu à la liberté les religieux que des engagements téméraires retranchaient du monde; quand vous avez assorti le nombre des officiers du culte, leur salaire, leur juridiction à notre nouvelle constitution politique ; quand, enfin, élaguant un arbrô chargé de branches ambitieuses et de rameaux dévorants, vous avez travaillé

^ Revoir la page 29 et conférer avec le texte donné en 1835 dans les Mémoires de Mirabeau^ t. VIII, p. 184.

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à rendre le tronc plus vigoureux, les fruits plus abondants et plus salutidres. Vous avez, dis-je, beaucoup fait alors pour Tordre public; mais votre ouvrage serait imparfait encore , mais il demeurerait mal affermi, si vous ne le couronniez par une loi infiniment juste et désirable, si en affranchissant les ecclésiastiques d'un célibat forcé, vous ne les rendiez entièrement à la patrie. .

Je réclame donc pour les prêtres de France, 'pour les religieux de tout sexe et de tout ordre, la faculté qui appartient à tout citoyen de pouvoir se lier par le nœud respectable et sacré du mariage. J'espère, Messieurs, que ma demande trouvera quelque faveur auprès de vous, quand je vous aurai montré qu'elle ne renferme rien que vous ne puissiez accorder, rien que vous ne deviez accorder, rien qui ne soit à la fois licite en soi-même, important par son objet et ses conséquences, nécessaire dans les circonstances où nous nous trouvons.

Quand je dis. Messieurs, qu'il n'est rien dans ma demande sur la liberté du mariage en faveur des prêtres que vous ne puissiez accorder, je ne prétends point partir pour cela de toute la hauteur de vos pouvoirs et vous montrer à vous-mêmes munis de cette suprême autorité dont vous avez déjà déployé l'usage. De quoi s'agit-il ici ? D'un simple objet de discipline ecclésiastique, de discipline extérieure, mais objet lié au régime civil et qui tient par là à des intérêts vraiment nationaux.

Si je parlais ici dans un concile, devant des prêtres rassemblés, c'est dans l'histoire dn célibat des prêtres, c'est dans l'histoire des conciles mêmes où ce célibat fut ordonné, c'est dans ce tablean de temps déplorables où cette étrange mesure ftit consacrée, c'est dans ses causes, dans ses moyens et dans ses effets, que je puiserais les armes sans nombre pour la combattre, pour en triompher. Mais je parle à des législateurs qui voient dans cette question les rapports sous lesquels la politique doit l'envisager et je ne me permettrai que les détails historiques nécessités par mon sujet.

Qu'est-ce que le mariage V C'est un contrat civil suivi d'une cérémonie religieuse ; contrat lié à l'ordre essentiel de la société, dont tous les effets se rapportent à elle et qui sous tous les rapports est dans le domaine des lois temporelles.

De quelle manière, à quelles fins la religion intervient-elle dans le mariage? La religion consacre le mariage ; elle le bénit, mais elle n'en constitue pas l'essence ; elle en proclame la légitimité, elle marque du sceau public de l'honneur et de la décence la cohabitation de ceux qu'un contrat particulier a déjà liés. Il suit de là que les ^ questions relatives à ce contrat civil, les lois pour le permettre ou pour le défendre, pour en déterminer les règles ou les conditions, ne peuvent regarder la puissance spirituelle; que tout ressortit ici au temporel, et que les dogmes, les opinions religieuses restent dans leur entier, que les

objets de la foi ne souffrent aucune atteinte, quand la piùsBance temporelle s'empare des questions matriïTioniales, quand elle les règle et les ordonne, comme Aie le juge convenable pour le bien public commun. Alors l'office de l'Eglise, quand toutes les conditions légales sont remplies, c'est d'y apposer son sceau, de îifïoctifier l'état du mariage , de rendre plus sacrés les nouveaux engagements du citoyen et de lui en faire uji devoir de conscience et de religion.

Quand donc. Messieurs, le pouvoir législatif reprend à lui toute cette partie de l'économie civile qui concerne le code matrimonial, il ne fait que rentrer dans ses droits primitifs inaliénables, dans les droits que l'Eglise dut toujours reconnaître et ne put jamais .s'approprier.

Ainsi, Messieurs, ne craignez pas d'être accusésici lie porter la main à l'encensoir. L'ignorance même itoserait nous faire ce reproche. Ceux qui prétendruient autoriser le célibat des prêtres par la religion, € confondraient d'une manière impie les commandemonts du Ciel et les fantaisies des hommes, ils se montreraient peu dignes de cette religion même qu'ils croiraient défendre.

Que nous diraient ces défenseurs religieux du céliliat des prêtres, quand nous leur citerions vingt passages de la loi chrétienne où le mariage en générfil est mis en honneur, et que nous les défierions de noua citer une seule loi où le célibat des prêtres soit ordonné; quand nous leur dirions qu'en aucun en-

droit des évangiles, on ne voit à cet égard une loi à part, une loi différente pour les prêtres et pour les fidèles ; quand nous leur dirions que tous les apôtres, si Ton en excepte un ou deux, étaient mariés; que saint Pierre nommément, que nous regardons comme le fondateur de FEglise, était marié ; qu'il y est question plusieurs fois, dans les livres saints, d'évêques, de diacres mariés, que tout Tordre qui leur est donné sur le mariage, c'est de vivre d'une manière irréprochable, étant Tnaris d'une seule femme f,„. Voilà le christianisme ; voilà la puissance spirituelle dans sa source : elle autorise le mariage de ses ministres par les préceptes, par l'exemple, elle appelle l'état du mariage saint et respectable. La religion aurait craint de repousser la foi, de se détruire elle-même si elle avait contredit par son langage la voix éternelle et irrésistible de la nature.

Et voyez les premiers siècles de la religion, dont l'Eglise regrette tous les jours la pureté, et qui étaient l'âge d'or du christianisme : ce sont les mêmes règles, les mêmes exemples, la même doctrine et les mêmes mœurs. La loi du célibat des prêtres y était inconnue. Les évêques, les diacres édifiaient leurs Eglises, servaient de modèle aux fidèles, étaient respectés de tous, en vivant dans les liens sacrés du mariage, en pratiquant à la fois les vertus de ministres, d'époux et de pères.

Quand est-ce donc que cette étrange idée de perfection, qui consiste dans le célibat, s'empara de Fes-

prit des prêtres? C'est précisément quand la religion commença à s^altérer et à se corrompre; c'est quand les têtes commencèrent à se remplir de visions et que Thérésie infecta l'Eglise. Alors des idées subtiles et chimériques , de fausses vues de perfection, prirent la place des notions simples et vraies, des pratiques sages et raisonnables de la religion primitive. On vit cette opinion du célibat, tantôt se mêler dans des esprits exaltés avec l'opinion de la fin prochaine du monde, avec des idées d'abandon de toutes choses, de renoncement à l'union; tantôt servir de prétexte à la licence , s'allier avec des mœurs eflfrénées, une conduite scandaleuse. Cette pratique ne reposa pendant des siècles que sur des opinions individuelles sans autorité, tellement que dans les Canons apostoliques qui renferment la discipline des trois premiers siècles de l'Eglise, il y est défendu à tout évêque, prêtre ou diacre de se séparer de sa femme , sous prétexte de piété.

Au commencement du IV® siècle, le concile' d'Ancyre défendit le mariage aux prêtres après leur ordination, mais il admit les prêtres dans les ordres quoique mariés ; c'est la première atteinte portée avec quelque solennité à la pleine liberté des mariages apostoliques. Sur la fin du même siècle , Sirice, pontife de Rome, essaya de serrer plus étroitement, dans une décrétale, le joug du célibat, mais Sirice était seul, aucun concile ne seconda de longtemps sa politique et nulle règle ne fut constamment suivie à cet égard.

Ce ne fut que sur la fin du XI^ siècle, sous le pontificat de Grégoire Vil, que toutes les rigueurs du célibat furent imposées aux prêtres. Or quel siècle ! et quel pontifice! D'un côté, une si profonde ignorance, un nuage si épais et si répandu d'erreurs et de superstitions ; de l'autre, un homme si subtil, si ambitieux, si entreprenant, que les peuples semblaient faits pour un tel pontife, le pontife pour de tels peuples et tous ensemble semblaient conjurer de concert contre le bon sens, la religion et la nature ; voilà l'époque où le célibat des prêtres a été principalement admis et consacré.

Vous n'ignorez pas. Messieurs, dans quelles vues. Vous savez que Grégoire VII, cet ambitieux vicaire de l'humble Jésus, dont le règne n'est pas de ce monde, n'aspirait rien moins qu'à la domination universelle. Il lui fallait pour cet effet dans tous les pays une milice dévouée, qui fût à ses ordres et ne dépendît que de lui ; il fallait par là même que cette milice ecclésiastique n'eût ni patrie ni attachement. La loi du célibat entra donc dans son vaste projet, comme un point de tactique élémentaire ; il ne voulait détacher les prêtres du monde que pour y régner par eux en souverain.

Telle est la politique qui engagea ce pontife à convoquer coup sur coup les conciles de Kome, d'Erfurt, de Mayence, et toujours pour soumettre les prêtres rebelles de toute l'Europe à la loi dure et impérieuse du célibat. Un grand nombre d'évêques à cette épo-

que étaient mariés, le pape voulait les forcer de renvoyer leurs femmes, la résistance devint universelle, et ne fut vaincue que peu à peu à l'aide du dérèglement qui remplaça de nouveau Fhonnête lien du mariage.

Nous tirons le rideau sur l'histoire de l'Eglise depuis cette époque, sur les pernicieux effets du célibat pendant plusieurs siècles, où l'usage des concubines devint public et parut nécessaire. Nous ne rapporterons à cet égard qu'un fait remarquable cité par Nicolas de Clémangis : il assure qu'en plusieurs pays, les peuples ne voulaient recevoir aucun prêtre célibataire, à moins qu'il n'eût une concubine, comme le seul moyen de mettre l'honneur de leur famille en sûreté.

C'est à travers cet abîme de désordres que nous arrivons au milieu du XVI® siècle, qui consacra le célibat apostolique, mais à ce fameux concile de Trente dont l'Eglise gallicane n'adopta point les règlements de discipline, le mariage des prêtres fut fortement réclamé par l'empereur Ferdinand, le duc de Bavière, le roi de France même et le cardinal de Lorraine, comme il l'avait été auparavant dans le concile de Constance par l'empereur Sigismond et le célèbre cardinal Zabarelle, comme il l'avait été par le fameux -^néas Sylvius, qui devint pape sous le nom de Pie II et dont on connaît cette joyeuse remarque : « Plusieurs prêtres, dit-il, se sauveraient dans le mariage qui se damnent dans le célibat. ))

Mais c'est au concile même de Trente que la vérité s'échappe du sein d'une politique longtemps voilée et que le grand motif du célibat des prêtres, caché dans l'esprit profond et dissimulé du pape Grégoire VII, vient se placer dans la bouche naïve de Pie IV. On l'informe que le mariage des prêtres s'agite dans le concile; il en témoigne aussitôt son mécontentement par ses légats, il ne s'autorise ni des mœurs, ni des ordonnances précédentes, ni de la religion : c Ne voyez-vous pas, dit-il, que l'introduction du mariage parmi le clergé, en tournant toute l'affection des prêtres vers leur famille et les liant par là même à leur patrie, les détacherait en même temps de la dépendance du saint-siége ? — Ne voyez-vous pas, ajoute le cardinal Carpy^ qu'une femme, des enfants, sont des espèces d'otages qui répondent aux princes de l'obéissance des prêtres ? les marier, c'est confiner étroitement le pape dans Kome.> Je crois. Messieurs, qu'il n'est pas possible de mieux plaider devant une assemblée de citoyens pour le mariage des prêtres, que ce pape et ce cardinal ne viennent de le faire en voulant plaider devant un concile pour le célibat.

Depuis cette époque jusqu'à nos jours, vous me dispenserez sans doute, Messieurs , de secouer tous les feuillets de l'histoire, nous ne parlons ici que des choses, nous ne voulons point blesser les personnes ; nous distinguons les inconvénients inhérents à l'état d'avec les vertus particulières à plusieurs de ceux qui Fexercent. Mais en général, l'homme est toujours

homme; les institutions contraires à la nature seront toujours combattues par elle. Qu'il nous suffise de dire que le célibat ecclésiastique n'est pas plus sage aujourd'hui et le mariage des prêtres moins désirable ou nécessaire.

Voilà donc, Messieurs, à quoi se réduit cette question historiquement envisagée. Les partisans du célibat des prêtres nous citent quelques opinions particulières, quelques décrétales, quelques articles de conciles, dont l'Eglise de France n'admet pas même les points de discipline, et nous citons en faveur du mariage des prêtres les Livres saints eux-mêmes, la doctrine évangélique, l'exemple des apôtres, celui de saint Pierre, chef des pontifes, Tliistoire de la primitive Eglise, mille exemples postérieurs, des réclamations sans nombre de princes, d'évêques, de peuples quand le célibat prévalut , la perte des mœurs, enfin des siècles de débordement et de scandale.

Quoi! un homme, une assemblée de quelques hommes, ont osé dire à une multitude de citoyens répandus dans tous les empires : « C'est en vain que la nature impose à votre existence l'obligation de la perpétuer dans vos descendants, qu'elle vous y sollicite par la loi la plus générale, la plus impérieuse ; c'est en vain que la religion vous appelle à l'union conjugale, accompagnée de préceptes , d'exemples et d'autorité; c'est en vain que la société, d'accord avec la religion et la nature, vous presse de subir cet honorable lien ; n'importe ! nous vous interdisons

comme profane ce que la nature, la reli^on,la société appellent sacré; noos vous isolons du monde civil; vous serez saints à notre manière ; vous vivrez dans la société, mais vous n'y vivrez pas pour elle, vous n^y serez liés qu'à nous ; votre sainteté sera une abnégation de rétat d'homme, votre état une violation rigoureuse du premier devoir social. »

Ce n'est pas. Messieurs^ cette étrange discipline qui liera le pouvoir de cette assemblée. Vous n'y verrez rien que l'Evangile commande ; vous détacherez le célibat ecclésiastique des dogmes et la morale chrétienne de tous les objets de la foi ; vous n'y reconnaîtrez qu'un point arbitraire de discipline; ou plutôt, Messieurs (car je ne dois pas par une réticence timide priver mon sujet et vous d'une grande vérité), vous ne verrez dans le célibat ordonné aux prêtres qu'un attentat contre les droits de l'homme et du citoyen , qu'une entreprise contre les lois civiles , qu'une usurpation du pouvoir législatif qui seul doit prononcer sur un point si intimement lié à tout le système social. Ainsi ces ordonnances célibataires, soit qu'elles aient été faites par des conciles français ou par des conciles étrangers, sont contraires à vos principes et nulles pour vous.

De quoi s'agit-il donc ici. Messieurs ? Que le pouvoir législatif se saisisse du droit de prononcer dans une question qui le regarde et qui ne regarde que lui. De quoi s'agit-il? D'user du droit que vous avez déjà exercé quand vous avez rappelé à l'état civil les reli-

gienx liés par des règles qui n'étaient pas les vôtres, emprisonnés dans des tombeanx creusés par des mains i^trangères.

Cette assemblée voit déjà Tintime rapport qui existe entre les vœux monastiques et le célibat des prêtres. Ce célibat n'est lui-même qu'un vœu; mais an vœu bien moins tolérable pour la société que les institutions monastiques , puisqu'enfin c'est dans les cloîtres que s'ensevelissent les maux attachés à la discipline barbare que l'on j observe; au lieu que c'est dans la société que se répand la contagion des mauvaises mœurs dont le célibat est une source.

Je dis donc que la libération des vœux monastii^nes ne doit être, dans voê principes et dans le plan ♦le vos travaux, qu'un prélude à la libération du vœu célibataire auquel le même pouvoir despotique a ^oamis les prêtres. Vous avez ouvert ces portes, brisé VOS murs qui recelaient tant de victimes de leur propre témérité et d'une institution anti-sociale; mais vous ne les avez pas entièrement rendues à la société 1 1 à elles-mêmes. Faites tomber ces liens de l'esprit , ces chaînes de l'opinion, cette servitude morale qui issole dans la société ceux que vous y avez appelés et (|ui sont encore plus étrangers à l'ordre social par les r.ipports qui leur manquent qu'ils ne lui appartien- 11 eut par la liberté qu'ils ont acquise.

Je vais plus loin. Messieurs, et je soutiens que ce serait aux dépens de l'ordre public que les religieux E^eraient rentrés dans la société, si vous ne leviez pas

le dernier obstacle qui les empêche de s'unir à elle par tonte espèce de liens honnêtes et légitimes. Représentez- vous des milliers de religieux sortis en peu de temps des cloîtres et répandus soudain dans le monde. Je ne veux point être ici Pécho des rigides censeurs des mœurs monastiques ( la malignité peut avoir outré les peintures) ; je ne parlerai même pas du long effet de la solitude et de l'abstinence pour enflammer l'imagination , ni de ces passions d'autant plus ardentes qu'elles ont été longtemps contenues ; je vous représenterai seulement des milliers de célibataires rendus tout à coup à la société, frappés de mille objets nouveaux, en proie à mille tentations qu'ils n'ont point été appelés à combattre. N'est-il pas à craindre que, sans armes contre tant de séductions, un grand nombre n'y cède au détriment des mœurs publiques ? N'est-il pas à craindre qu'on ne voie peut-être paraître au grand jour plus de désordres éclatants que la malice même n'en a peint de cachés dans le fond des cloîtres ?

C'est à vous, Messieurs, à prévenir ces désordres. Les religieux ne vous demandaient pas de les arracher à leurs retraites ; ils ne vous demandaient pas de frapper leurs sens d'attraits inconnus, de les environner de tentations, de pièges. Vous l'avez fait par des raisons supérieures; mais vous devez garantir ceux que vous avez exposés sans leur aveu. Vous le devez à eux; vous le devez à la société à qui vous n'avez pas voulu faire un présent funeste ; vous le

devez aux mœurs , à la vertu, dont vous êtes les premiers protecteurs; vous le devez enfin à vous-mêmes. Vous remplirez, Messieurs, nous n'en doutons point, tous ces devoirs qui vous pressent à la fois. La sainte institution du mariage se présente à vous comme un remède aux maux qui existent, comme un préservatif contre ceux qu'on doit redouter, et la société doit ouvrir par vos mains à ces hommes nouveaux que vous lui rendez un abri contre les passions qui pourraient troubler les familles, qui déshonoreraient la religion et décrieraient votre ouvrage.

Voilà, Messieurs, pour les mœurs, pour Fhonnêteté publique; mais calculez, je vous prie, tous les autres biens que vous produirez en supprimant le célibat forcé des prêtres.

Est-ce donc une chose indifférente pour un état qu'une nouvelle source de population? Est-il indifférent pour lui que trente mille citoyens soient mariés ou ne le soient pas; que trente mille femmes trouvent un établissement honnête ; que trente mille familles naissent et se propagent? Est-il indifférent au royaume que cette nouvelle population prenne naissance dans un état consacré à l'honnêteté, loin de la richesse et de l'indigence, dans cette -médiocrité où se trouve la sève et la vigueur du genre humain ? C'est là que l'éducation, secondée du bon exemple, doit être la plus saine, la plus morale. C'est là que doit se préparer, loin des villes surtout et dans les campagnes, une génération meilleure, un nouveau

peuple de citoyens, dont Pâme se trouve naturelle- Tixent à la hauteur de notre Constitution et qui soient les dignes dépositaires d'une inaltérable liberté. Les l>ons exemples, les bonnes leçons que peut donner à son troupeau un curé célibataire, ne sont-elles pas perfectionnées, multipliées s'il est lié parle mariage ? XJn père de famille ne sera-t-il pas plus respecté, n'aura-t-il pas une mission plus imposante qu'un prêtre isolé qui ne tient à aucun nœud civil, qui ne représente que lui-même. De quel poids les leçons d'un époux fidèle, doux et vertueux, ne seront-elles pas auprès des époux qu'il faut rapprocher ; quel ascendant n'auront point les avis d'un père sur d'autres pères pour l'éducation de leurs familles? Quel ton de nature, de vérité ne prendront pas les instructions d'un ministre du culte qui, toujours environné des siens, s'instruit lui-même dans l'art d'enseigner, de persuader par une expérience de toutes les heures? Quel avantage, dis-je, n'a pas un tel homme sur celui qui, vivant dans sa maison solitaire, ne parle que d'après ses livres, dont la morale n'est point en action et qui ne peut joindre l'exemple au précepte. Oublierai-je un trait capital ? C'est que si un mariage bien uni double l'existence, comme on l'a dit, le mariage d'un pasteur double en quelque sorte ses services. La compagne de sa vie partage ses soins, ses devoirs. Elle le supplée, elle le remplace dans une multitude d'actes de bienfaisance, et souvent les conseils, les secours qu'elle donne, elle seule peut les donner.

Le bien germe donc partout dans le rétablissement i[ue je vous propose. Mais je dois fixer vos regards î^ur un des plus grands biens qui en résulteront j>our le clergé lui-même, pour l'Etat et pour notre Constitution : je veux parler de ces nouveaux rap- }iorts qui le lieront à la patrie par le mariage, qui rattacheront aux lois de son pays, qui l'intéresseront i\ la liberté publique, qui le feront travailler à son affermissement.

Oui, Messieurs , il en est temps, la politique de l'Eglise doit enfin se confondre dans la politique de l'Etat, les vrais rapports doivent enfin s'établir, nous î l'avons qu'un centre, tous les rayons doivent y îiboutir. Que les prêtres puisent les dogmes qu'ils ttous transmettent dans la religion appelée romaine, c'est la source incontestable de notre foi ; mais du reste, ils sont nés Français, le bonheur de la France c'est là que doivent se rapporter tous leurs sentiments politiques, tous leurs intérêts temporels. Les prêtres n'étaient jadis que les serviteurs de l'Eglise, faisonson aujourd'hui les vrais serviteurs de la patrie ; on peut servir à la fois Dieu et la nation.

Et voyez. Messieurs, comment, en rendant au mariage les prêtres que des vues , ultramontaines en écartaient, vous faites tomber d'eux-mêmes ces nœuds redoutables qui , les détachant de leur patrie , les liaient à une domination étrangère; voyez de combien de querelles, de vaines disputes, d'impulsions dangereuses, vous tarissez à jamais la source.

On ordonnait le célibat des prêtres pour les isoler dans leur pays, pour les rendre dévoués à Rome ; mariez-les pour les rendre libres, pour les dévouer k leur pays. Cette religion vaut mieux que celle de Pie IV et de Grégoire VII.

Vous avez fait entrer dans la Constitution, comme des éléments nécessaires , plusieurs changementÉî dans Torganisation ecclésiastique ; faites plus : amenez l'esprit ecclésiastique à souscrire par intérêt même à ces changements ; accommodez-le à la nouvelle Constitution; placez le clergé dans une telle position qu'il soit plus satisfait de ce qu'il y gagne comme citoyen, qu'il n'était mécontent de ce qu'il v perdait n'étant que prêtre. Le mariage remplira ces conditions; il fera de l'ecclésiastique un homme aussi nouveau que votre Constitution même; il prendra d'autres penchants , d'autres habitudes , d'autres vues, d'autres affections ; il cherchera h cimenter toutes les parties d'une Constitution qui, sans cela, manquerait du lien moral le plus nécessaire.

Vous avez voulu que les biens nationaux, adminiii' très ci-devant par les mains ecclésiastiques, eussent un usage vraiment national,; eh bien, ce n'est pas assez d'avoir détaché ce vaste domaine des mains de ses régisseurs; il faut encore en détacher leur cœur, leur pensée et leurs espérances, il faut fondre leurs regrets dans la perspective d'un autre avenir qui les dédommage. Il faut que chacun d'eux puisse se dire : «Maintenant que tu es époux, que tu es père, que tu

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es membre du corps social, ce n'est pas loin de toi qu'on a aliéné cette richesse, c'est pour toi : tu es citoyen, tu as ta part dans la fortune publique ; tes enfants, ta postérité en jouiront , bénissons la patrie, bénissons ses libérateurs. >

Ainsi, Messieurs, ce décret que je vous propose est commandé par vos autres décrets, il en remplit le vide, il en accomplit l'exécution et la seule objection de quelque force qu'on ait jamais faite contre le mariage des prêtres, vous l'avez détruite vous-mêmes en rendant ces biens à la nation.

On disait : « Si les prêtres se marient, les bénéfices deviendront héréditaires; les biens de l'Eglise, les biens des pauvres seront le patrimoine de leurs familles j c'est sur le revenu de ces biens qu'ils établiront leurs fils, qu'ils doteront leurs filles ; tout le reste sera négligé. » Or, la nation vient de disposer de ces biens, elle a pris à elle le soin d'en remplir la destination, l'objection n'a donc plus d'objet.

On vous dira que le célibat est un état de perfection plus digne d'un prêtre. Mais si c'est une perfection, pour être méritoire, elle doit être constamment libre, volontaire. Pourquoi donc lui imposer des chaînes et faire sonner l'autorité ? Si c'est une perfection, tous les chrétiens y sont appelés. Or, quelle est cette perfection d'où résulterait l'anéantissement du genre humain ? Non, le célibat, bien au contraire, tel surtout qu'il fut observé dans tous les siècles, est une souveraine imperfection. Ce que les législateurs ont

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tous réprouvé comme un symptôme et une source do corruption, comme un signe de décadence des mœurs sociales, FEglise peut-elle le consacrer comme un état d'excellence et de sainteté ?

Ah! que les prêtres soient seulement parfaits commts les apôtres, comme saint Pierre, comme les premier!^ évêques, qu'ils deviennent comme eux maris d'une seule femme; c'est toute la perfection que le ciel et la terre leur demandent.

Mais les soucis temporels détourneront les prêtress des occupations spirituelles. Ne dirait-on pas que les prêtres d'aujourd'hui n'ont aucun souci temporel, qu'ils écartent , qu'ils dédaignent toute distraction mondaine et tout soin terrestre ? Disons vrai, leurs soins, leurs distractions ne feront que changer d'objets; ces soins seront plus satisfaisants, plus édifiants^ plus utiles. Les ecclésiastiques en deviendront plus laborieux ; le temps sera mieux ménagé et tous les devoirs seront remplis. Voulez-vous vous en convaincre ? Interrogez l'expérience : parcourez les Eglises étrangères, vous y verrez des pasteurs mariés partager sagement leur temps entre les fonctions de leur ministère et l'éducation de leur famille ; tout s'allie à merveille, rien ne souffre et leur vie est à la fois douce et bien remplie. Notre mollesse redouterait-elle donc un fardeau porté avec joie par des hommes sages et laborieux ?

J'entends objecter encore la modicité des pensions ecclésiastiques. Mais, Messieurs, n'aurez-vous paa

beaucoup fait pour la fortune même du clergé, quand vous l'aurez admis au mariage ? On ne verra plus les pères faire des parts si inégales dans leurs familles ; en vouer une partie à la stérilité et, pour flatter l'orgueil de leur nom, accumuler sur une seule tête toute leur fortune. Un père, en destinant son fils à l'Eglise, verra en lui un chef de famille qui a des droits à un partage égal des biens domestiques. Qui sait même si cette considération n'amènera pas un changement heureux pour les mœurs dans l'éducation privée, et s'il n'en résultera pas moins de prédilection dans les seins paternels, plus de fraternité entre les divers rejetons d'une même famille ?

Sans doute aussi. Messieurs, vous ne défendrez pas à l'épouse destinée au bonheur d'un homme d'Eglise, d'accompagner les vertus conjugales de quelques faveurs de la fortune. Vous ne défendrez pas aux parents d'un bon curé, père de famille, de le compter alors pour quelque chose dans leur succession, d'envisager en lui sa postérité. Un curé ne pourra-t-il pas encore, dans la suite des temps, se donner pour aide dans ses fonctions, pour vicaire, un de ses enfants dont le salaire sera une nouvelle ressource domestique? L'ordre enfin, l'économie, la frugalité, qui sont une source de richesse , naîtront d'ellesmêmes dans ces ménages fortunés pour j maintenir l'honnête nécessaire.

Une autre ressource se présente, et cette considération me paraît digne d'arrêter un moment vos re-

gards. VouB allez ouvrir dans le mariage des prêtres une nouvelle source à Péducation générale. Il faut un ménage régulier, il faut une femme pour élever, pour soigner de jeunes enfants ; vous créez donc par là, tout à coup, dans le royaume, des milliers de pensions les plus morales, les plus sûres et les plus honnêtes ; vous faites par là, d^un grand nombre de curés, non-seulement des pères de famille, mais en quelque sorte des pères de la patrie qui en recevront leur récompense.

Enfin, Messieurs, PEglise a forcé les prêtres au célibat, nous ne proposons pas de les forcer au mariage, mais de leur permettre le mariage. Chacun d^eux consultera, pour cela, comme tous les autres citoyens, son goût, sa fortune, ses circonstances, ses ressources. Quand il serait possible après cette génération que la plus grande partie des prêtres préférassent un célibat volontaire, ce qui n'arrivera sûrement pas, vous auriez rendu néanmoins un service signalé aux autres prêtres, vous auriez beaucoup fait pour la patrie en les admettant au mariage.

Nous touchons donc au moment, Messieurs, où la prêtrise ne sera plus un obstacle aux nœuds de Thymen. Vous allez détacher, dès à présent, cette importante question des autres questions matrimoniales qui vous seront soumises dans leur temps et sur lesquelles vous n'exercerez pas moins vos droits , vous ne porterez pas moins un regard de liberté et de sagesse que sur celle-ci. Vous ne souffrirez pas sans doute

qu'un pouvoir spirituel vienne décider du sort de vos noms et de vos familles, qu'il puisse éterniser ou rompre à son gré les nœuds du mariage ; qu^il puisse décider pour vous, pour vos enfants, pour la société qui l'on peut épouser, qui l'on ne peut pas ; qu'il dispose ainsi de notre législation civile.

Maintenant qu'il me soit permis de me placer^ par la pensée, dans les premiers temps de l'Eglise, de supposer que je vois assemblés devant moi tous ceux qui en ont été les premiers fondateurs, les premiers soutiens, les premiers ornements. Comment pensezvous qu'ils jugeassent la question que je vous présente ? Ils la jugeraient sans doute comme ils l'ont déjà jugée; appuyés de plus des leçons et de l'expérience de dix-sept siècles. Eh bien, Messieurs, vous l'avez cette expérience; faites ici ce que la religion ferait elle-même, levez les obstacles que la superstition et la politique ont placés sur la route de la vertu et du bonheur. Des hommes sont venus, ils ont dit à une partie du genre humain : ^ Nous vous frappons de stérilité. » Vous êtes venus aussi , vous direz : « Nous vous rendons aux droits de Thomme q^u'on vous a ravis ; nous vous rendons à un état légitime, à la dignité^du citoyen. >

Ainsi, Messieurs, l'Assemblée nationale de France ne fera que consacrer le vœu d'une multitude de sages, d'hommes pieux et éclairés, d'empereurs, de p rinces, d'un grand nombre d'ecclésiastiques de tous les pays et de tous les temps qui ont fait entendre

jugqu'à nos jours lenrs réclamations* Ce qu'une su* prématie entreprenante a osé chez nous €t contre nous pour eon intérêt particulier, vous V oserez pour le bien de votre pays, pour TUonneur et la prospérité delà France qui vous sont confiés ; vous Poser cz pour le bon ordre social, pour le rétablissement des moenra, pour l'affermissement de la constitution; et tandis que l'on a dégradé la relig-ion pour en faire l'instrument d'une politique artificieuse, c'est à vous, en suivant les vues d'une politique tranche et libérale, de servir et de restaurer ^ la fois la religion et la patrie,

(L*- teitfi donne tjftr Bl LitcuiB-Mdutlgny (a'atrétp icL L'édltuuv a sTippriToé on n'a pus oii les conclu aiona Qul aaive^nt dani le brouUîan de Beylm». )

Yoîci donc, Messieurs, le projet que j'ai l'honneur de vous proposer. J'ai cru qu*il n'était pas nécessaire d'énoncer expressément le mariage des prêtres et des religieux ; j'ai cru qu'il suffisait et qu'il était même plus convenable de lever simplement tout obstacle au mariage tiré de l'état ou la vocation, et que la liberté du mariag-e pour les prêtres s'en suivrait comme une conséquonce nécessaire.

c; L'Assemblée nationale, considérant que tous les citoyens doivent jouir ég'alement des droits qui leur sont donnés par la nature, et dont l'exercice est réglé par les lois générales de la société ; considérant que la faculté de contracter le mariage est au nombre de

ces droits qui appartiennent indistinctement à toutes les classes de citoyens ; considérant de plus, quMl importe pour l'avantage des mœurs, pour la prospérité publique et la force de l'empire que les mariages soient favorisés, et que les obstacles qui s'y opposent soient écartés par la vigilance du législateur ; considérant enfin, que des usages contraires à ce droit naturel et dont l'Assemblée législative ne peut pas reconnaître l'autorité, se sont établis dans le royaume, au préjudice de la liberté des citoyens et du bien de la société, décrète ce qui suit :

« 10 Toutes les personnes de l'un et de l'autre sexe, de quelque état ou vocation qu'elles soient, peuvent être admises à contracter le mariage, sauf à elles d'observer dans cet engagement les lois auxquelles il n'est pas dérogé dans le présent décret

« 20 Tous ceux qui se présenteront en conséquence devant un officier civil, soit notaire, pour y passer leur contrat de mariage, seront admis à passer cet acte, sans que ledit officier civil puisse leur refuser son ministère pgur raison tirée de l'état et de la vocation des contractants.

« De même tout prêtre devant lequel des époux se présenteront pour recevoir la bénédiction nuptiale ne pourra la leur refuser pour aucune raison tirée de leur état ou vocation.

< 30 Si un homme lié par le mariage se présentait pour recevoir la faculté d'exercer quelque office, de remplir quelque vocation que ce puisse être, les corps

ou les individus chargés de conférer une telle faculté et devant qui cet homme se présenterait pour la recevoir, ne pourraient en aucune manière la lui refuser pour raison d'incompatibilité entre cette faculté et son état de mariage.

« 4° Le mariage que des personnes d'un état ou vocation quelconque, auront contracté depuis qu'ils sont en possession de cet état, ne pourra jamais être allégué contre eux pour les priver de cet état ou vocation, sous quelque prétexte ou raison que ce puisse être.

« 5^ Les mariages contractés entre des personnes de quelque état ou vocation que ce soit, pourvu que ces mariages remplissent d'ailleurs toutes les conditions et formes prescrites par les lois, seront réputés légaux et valides, et les enfants issus de ces mariages seront de même réputés légitimes sans qu'il soit permis à personne de contester cette validité ou légitimité devant les tribunaux pour aucune raison tirée de l'état ou de la vocation des mariés, défendant à tout tribunal de prendre connaissance de semblables contestations.

K 6<> Toutes les dispositions relatives à la fortune, par testaments, donations, contrats, ou -arrangements quelconques qui auraient été faits jusqu'à ce jour, ne pourront souffrir aucune atteinte par les changements qui pourraient survenir dans les familles ou les prétentions qui pourraient s'élever ensuite des mariages dont la liberté est établie dans le présent décret.

-TUf

« 70 Tous ceux qui, en vertu des lois antérieures ou des précédents décrets de l'Assemblée nationale, auraient été déclarés inhabiles à hériter pour raison de leur état ou vocation, seront néanmoins admis à recevoir des héritages dès qu'ils seront mariés, mais sans qu'ils puissent en aucune manière exiger de droits ou de légitime, soit relativement aux biens de leurs parents morts ah intestat^ soit relativement aux biens.... fil y a ici une lacune.) Dans aucun cas, ils ne seront admis à répéter aucun droit ou légitime qui ne leur ait été accordée par une disposition expresse du testateur.

« 8^ L'Assemblée nationale abroge et annule toute loi, règle et ordonnance de quelque nature qu'elles soient qui pourraient être contraires au présent décret, et se réserve de prononcer sur les causes dirimantes du mariage quand elle s'occupera du code matrimonial. »

(A la suite de son texte, M. Lucas-Montigny donne douze pages de notes indiquant les sources historiques de l'œuvre. Ces douze pages ne sont que le développement de notes préliminaires plus nombreuses, accompagnant notre brouillon; notes dont Beybaz a successivement marqué d'un trait de plume les divers paragraphes, au fur et à mesure qu'il avançait dans son travail. Les premiers chiffons de papier venus s'étaient trouvés bons pour ces notes. On y remarque, entre autres, un billet d'invitation portant la signature de Brissot de WarviUe.)

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