L ENSEIGNEMENT IO
qu'il se propose de faire expliquer et termine en disant qu'on étudiera un grand nombre de grammairiens, « multos gramaticos profecto légère pot cri mu s (i) )>.
L'ouvrage de.Rivius était très répandu dans les écoles et les universités. Il se recommandait par Tordre des divisions et des chapitres, la brièveté des règles, la justesse et la clarté des exemples. Ce livre, divisé en huit parties^ était à Dole lu et répété plusieurs fois dans les trois classes inférieures. La première division, qui traite des parties du discours et n'est qu'un Donat (2) plus facile sur le même sujet, la seconde qui traite des déclinaisons, et la sixième consacrée à la syntaxe étaient vues dans la petite classe. La troisième partie qui traite des diverses espèces de noms et des noms hétéroclites; la quatrième, sur les parfaits, les supins, les verbes anomaux et défectifs ; la cinquième, sur l'espèce et la forme des parties du discours, où toutes les règles difficiles de la grammaire sont reprises et examinées avec plus de soin, et
(i) Jules Arnoux, loc. cit., p. 14.
(2) iElius Donat, célèbre grammairien latin du iv<^ siècle de notre ère. Son ouvrage le plus estime' est l'^lr^ granwiatica, qui a servi de base à tous les traités élémentaires de grammaire publiés depuis ; il était si répandu dans les écoles du moyen âge que le nom même de son auteur était donné à un traité élémentaire quelconque.
I08 UN COLLÈGE FRANC-COMTOlS
la sixième étaient lues dans la troisième classe. Dans la seconde classe, où l'on passait insensiblement de Tétude de la grammaire à celle de la rhétorique^ on revenait sur la sixième partie, de toutes la plus nécessaire ; puis on y ajoutait la septième consacrée à la prosodie, et la huitième qui traite de l'invention des mots et des idées. C'était là la base, le fondement sur lesquels on s'efforçait d'établir pour la première classe les commencements de l'éloquence et de la philosophie : Hac basis^ hoc fundamentum est^ quo jacto eloquentice ac philosophie initia in primce classis auditoribus super struere conamur. Cette insistance sur le rôle de la grammaire montre assez que les vieux errements étaient abandonnés.
Le matin, de cinq à sept heures, le principal, à l'exemple de ses prédécessseurs, expliquait des auteurs latins, historiens ou orateurs, avec la grammaire, à tous les élèves indistinctement. Érasme, dans son opuscule De ratione studii , Jean Vives, Fabius (i), et en remontant plus haut, Rodolphe Agricola, avaient recommandé l'étude simultanée des grammaires grecque et
(i) Guillaume Fabius, licencié en médecine, recteur des écoles d'Anvers, puis professeur de grec à Louyain, fut tué dans une émeute d'écoliers en iSgo. A laissé : Epitome syntaxeos lingiiœ grœcœ, Anvers, 1584 {Bibliotheca belgica).