‹ Un collège franc-comtois au XVIe siècleChapitre 13 sur 25 · partie parce qu'Horace a eu raison de dire · texte numérisé non relu

partie parce qu'Horace a eu raison de dire

Os teneriim pueri balbiunque poeta figurât (i).

Dans la troisième classe, on lit les lettres de Cicéron, afin que les élèves déjà un peu grands aient un modèle à imiter pour écrire des lettres et exprimer plus facilement leur pensée. Dans la deuxième, où les jeunes gens s** exercent à composer des vers latins, on explique la partie de V Enéide où sont racontés les voyages d'Enée. Dans la première, on lit et commente les oeuvres philosophiques de Cicéron.

De huit heures du soir à neuf heures, mêmes exercices que le matin à onze heures.

Des ouvrages spéciaux sont également indiqués pour les dimanches et fêtes. Dans la quatrième classe, ce sont les lettres de Cicéron les plus faciles : les explications ont lieu en français. On veut que les enfants encore novices dans Tétude de la langue latine puisent des tournures directement aux sources et qu'ils s'en imprègnent en quelque sorte ; on suit en cela l'avis de Mathurin Cordier et de tous les bons humanistes. Outre l'avantage d'être mieux compris, le maître a celui de pouvoir trouver des rapprochements et des contrastes qui permettent

(i) Satires, Livre II, 3«, v. 274.

à l'enfant de mieux pénétrer le génie de la langue. Dans la troisième classe, on interprète le DeAmicitia de Cicéron, le DeSenectute ou quelque autre ouvrage moral du même auteur. Dans la seconde, les Odes d'Horace : ces petites pièces, par la variété des sujets et du rythme, s'offriront à l'imitation des élèves. Dans la première, les Epîtres du même Horace, à cause des préceptes de philosophie morale dont elles sont remplies.

Comment expliquait-on les auteurs ? Vraisemblablement comme dans tous les collèges où avait pénétré la réforme, c'est à dire d'après la méthode d'Érasme (i), celui de tous les humanistes qui contribua le plus à fixer la pédagogie nouvelle. Le maître devait éviter les ambitieux commentaires, ne donner que les explications nécessaires pour TinteUigence du texte ; montrer la suite des idées, faire remarquer les beautés et les particularités de chaque expression, souligner chaque pensée fine et finement exprimée. Enfin il était bon^ lorsqu'il se pouvait, de tirer du texte un enseignement moral : Tantale, c'était la cupidité punie; Oreste et Pylade, la nécessité de Famitié, etc.

Les devoirs écrits, chose alors toute nou-

{i) De ratione studii.

velle^ sont pratiqués à Dole. « L'écriture continuelle » doit^ estime Ramus (i), compléter le nouveau système pédagogique, de manière à laisser chez Télève une large part à l'effort personnel. Cette manière de voir est celle d'Érasme et de tous les esprits distingués de l'époque. Les mardis et jeudis à quatre heures après midi, on exerce les enfants de la plus petite classe à écrire des chries (2) grammaticales en variant les cas, les genres et les nombres d'après le conseil de Diomède (3) et de grammairiens plus récents, tels que Fabius ; parfois même on leur donne de petits thèmes à translater du français en latin. Les élèves de la troisième classe, les mêmes jours et à la même heure, sont soumis à des exercices analogues, mais d'une difficulté plus grande. Les élèves de la seconde classe, tantôt composent des vers, tantôt retournent en prose quelques pensées en vers. Pour que ces enfants sachent dans quel cercle d'idées ils doi-

(i) Advertissements.

(2) Exercices latins analogues à ceux qui sont en usage dans les classes élémentaires des lycées. Ne pas confondre avec les chries littéraires, genre d'exercices qui consistait à développer une même pensée d'autant de manières différentes que l'école admettait de lieux communs.

(3) Grammairien latin, vivait probablement dans le v siècle de l'ère chrétienne. On a de lui un traité, De oratione et partibus oratîonis et vario génère metrorum libri VII , imprimé pour la première fois à Venise vers 1476 {Biogr. Didot).

vent se renfermer, quels tours ils peuvent emprunter^ on leur lit un petit traité sur Tinvention des mots et des idées. Ceux delà première classe s'adonnent également aux vers latins, rédigent des lettres et traitent des sujets de rhétorique de différents genres.

Enfin chaque semaine, le samedi matin, un thème dont la difficulté est proportionnée à la force et à l'intelligence des élèves, est donné dans toutes les classes pour être remis le lundi suivant.

A ces exercices, on joint les disputes, les dialogues et les représentations de comédies.

Au moyen-âge, les écoliers ne connaissaient pas d'autre exercice que la dispute. « On dispute avant le dîner, écrivait Vives (i), on dispute pendant le dîner, on dispute après dîner; on dispute en public, en particulier, en tout temps^ en tout Heu. » Les humanistes du xvi^ siècle s'attaquèrent à l'usage des disputes et avec d'autant plus de raison que les nouvelles méthodes ne comportaient en aucune façon ce genre d'exercices. Les matières les plus simples devenaient thème à ergoter. Sur des mots tels que scribe mihi, on posait une question de grammaire, de dialectique^ de physique, de méta-

[i) De caiisis corriiptarum artium.

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physique. On ne laissait pas à l'adversaire le temps de s'expliquer, on criait, on s'injuriait, et la dispute parfois dégénérait en rixe ou même en combat (i). En faisant dans ce qui précède la part de l'exagération, on ne peut méconnaître que l'abus des disputes, outre les violences qui en pouvaient résulter, conduisait à sacrifier la forme au fond et à appliquer à des œuvres- littéraires des procédés qui ne conviennent qu'aux productions de la philosophie. « La dispute n'en avait pas moins de grands avantages. On croyait, non sans raison , qu'elle était propre à aiguiser l'esprit, à le rendre prompt et fécond en ressources, à donner de l'aplomb et l'habitude de la parole (2). »

De ce côté, on n était donc pas allé à Dole jusqu'au bout de la réforme. Du reste, presque partout, l'usage gothique des disputes se continua pendant longtemps encore, mais les procédés en furent atténués. Dans notre École, chaque jour^ aussitôt après le souper, les classes disputaient contre les classes, la plus petite contre la troisième, et la seconde contre la première. Le soir du samedi, dans chacune des

(i) D'après Vives, De causis, etc.

(2) Thurot, De l'organisation de l'Université de Paris au moyen âge. Paris, Dézobry, i85o.

classes, disputes solennelles : deux élèves affirmaient et soutenaient quelques conclusions, les autres à leur tour se levaient pour les soutenir ou les attaquer (i). De plus, les élèves des deux classes supérieures souvent déclamaient ou disputaient solennellement en public. Tout cela, est-il besoin de le dire, avait lieu en latin.

Cette langue encore saine et vigoureuse pendant les premiers siècles du moyen-âge s'était peu à peu décomposée sous Tinfluence des idiomes naissants. Au xiu^ siècle, ce n'était plus guère du latin. Le Grécisme d'Ébrard paru en 12 12, et qui resta en usage dans les écoles de Paris jusqu'à la fin du xv^ siècle, nous offre un échantillon remarquable de la prose scholastique. Le langage des écoliers valait encore moins. Mathurin Cordier (2) nous a conservé deux ou trois phrases du jargon usité au Collège de Navarre en 1530 : Semper gratat se. — Facit

(i) On appelait répondant {respoîidens, respondere de quœstione) celui qui posait les thèses ; opposant {opponens) celui qui les combattait.

(2) Mathurin Cordier (1478-1564) professa aux collèges de La Marche et de Navarre à Paris ; ayant embrassé le protestantisme, il alla se fixer à Genève où il retrouva son ancien élève Calvin ; devint directeur du Collège. Parmi ses ouvrages : De corrupti sermonis einendatiene libetlus. Paris, Robert Estienne, i53o; Colloquiorum scholasticorum libri IV, ad pueros in sermone latino paulatim cxercendos recogniti. Lugduni, T. de Straton, 1564.

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morguentam suam. — Vadamus ad promenandtun nos (i). Or au xvi^ siècle le latin n'était pas une langue morte, c'était dans le monde civilisé la langue des savants et des lettrés, dépositaire des connaissances humaines. En présence du merveilleux essor pris par l'étude des lettres antiques^ il devenait donc nécessaire d^en maintenir l'usage et d'en conserver la pureté.

C'est sous l'empire de cette double nécessité que parurent alors ces manuels de conversation appelés tantôt Colloques^ tantôt Dialogues^ où les écoliers devaient trouver des phrases pour exprimer correctement leur pensée dans les circonstances ordinaires de leur existence. M. Buisson, dans son Répertoire des ouvrages pédagogiques du XVI^ siècle (2), nous donne une liste de vingt-huit noms d'auteurs de tels ouvrages. Nous citerons parmi les principaux : Mosellanus (3) (1517)5 Érasme (1518), Schot-

(i) Citations extraites des Colloques scolaires de L. Masse-

BIEAU.

(2) Paris, Imp. Nat., 1886.

(3) MoSELLANus (Pierre Schade), humaniste allemand, ne' en 1493 à Bruttig-sur-Moselle , près de Trêves, professeur à Leipzig où il mourut en 1524. Ses Colloques furent publies en 1527. Nous n'avons aucune indication sur l'édition originale. La plus ancienne que nous connaissions est : Pœdolo^a Pétri Mosellani in puerortun usum conscripta. Dialogi XXXVII. Antverpiai, Micli. Hillenius, i5ig (Bibl. de Besançon).

Il8 UN COLLÈGE FRANC-COMTOIS

tennius (i) (1524), Vives (1338) et Mathurin Cordier (1546). Nous verrons plus loin les Colloques de Vives entre les mains des écoliers de Dole.

On ne peut omettre de signaler, comme auteur de colloques, le dolois Jean Morisot. Né au commencement du xvi^ siècle, médecin à Dole en 1550^ et peut-être professeur à l'Université, il avait, disent ses biographes, des connaissances étendues dans toutes les sciences cultivées de son temps. Son nom ne figure pas au Répertoire bien qu'il ait publié plusieurs ouvrages de pédagogie, entre autres : Colloqtiiorum lihri IV. Baie, 1550, in-8°. En écrivant ses Colloques, Morisot se proposait de donner^ en même temps que des exercices de conversation^ des préceptes de conduite pour tous les âges de la vie. Tout en blâmant Érasme d'avoir emprunté la manière piquante de Lucien et de chercher moins l'instruction que l'agrément du lecteur, Morisot n'en a pas moins, comme Fauteur critiqué par lui, glissé dans ses dialogues des his-

(i) Hermannus Schottennius, Hessois, enseigna dans quelques villes de la Hesse et à Cologne, où il composa ses Colloquia, sive confabiilatione}> tyroniim litteraioriim, Hermanno Schotennio autore ; ad hœc qiiotidiatii sermonis formidœ commitniores adjectœ. Colonias, P. Quentelius, i526 (2« édition, Bibl. de Besançon).

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. toriettes peu édifiantes. D'ailleurs il se montre fort pieux et recommande une grande exactitude dans l'accomplissement des devoirs religieux. D'après quelques passages de ses Colloques^ il paraît résulter qu\x l'époque où il les composait, il expliquait à des heures fixes Démosthène et Cicéron. Etait-ce au Collège de grammaire ? Il est permis de le supposer^ puisqu'à cette époque l'Université ne possédait pas de chaire de littérature latine. Mais alors, les dialogues débités, ainsi que nous l'apprend Jehan Mathieu, par les élèves de la troisième et de la quatrième classe, pourraient bien être de la composition de Morisot ?

Par les dialogues les élèves apprenaient aussi l'action et le débit auxquels on attachait une grande importance. Érasme et Vives s'en sont occupés, mais en recommandant aux maîtres d'éviter de transformer l'écolier en acteur (i).

Les colloques n'étaient pas les seuls matériaux utilisés par l'enfant pour la conversation. Il puisait aussi dans les lettres de Cicéron et surtout dans les Comédies de Térence. L'étude de ces comédies devait faire naître Tidée de les représenter. Aussi, dès les débuts de la Renaissance, les jouait-on un peu partout dans les

(i) L. Massebieau, loc. cit.

collèges, de préférence à celles de Plaute dont le sel aux yeux de beaucoup paraissait trop grossier. Étaient-ce les pièces de Térence que donnaient les écoliers de Dole ? C'est possible ; mais il est non moins possible que dans notre Ecole, comme dans un grand nombre d'autres^ on eût à cette époque, sous l'influence de mœurs plus policées , renoncé à la représentation de scènes qui initiaient la jeunesse, envers laquelle il convient d'être respectueux, aux basses et humiliantes réalités de la vie, pour les remplacer par des spectacles plus moraux. Reuchlin (i) et Bebel (2) en Allemagne, Buchanan (3), de Gué-

(i) Jean Reuchlin (i455-i52i), né à Pforzheim; l'un des plus célèbres humanistes de l'Allemagne; professa le grec et l'hébreu à Ingolstadt et à Tubingue,

Coinediœ duœ ; scena progymnasmata^ hoc est ludicra prœexercitamenta et Serghis^ vel capitis caput. Antverpia;, Jo. Crinitus, 1544.

(2) Henri Bebel (1472-15 16), né à Justingen en Souabe, étudia à Cracovie et à Tubingen les langues et le droit, composa des poésies et fut couronné comme poète par l'empereur Maximilien. En 1497, il était professeur à Tubingen. On lui doit plusieurs ouvrages sur la littérature et l'éloquence.

(3) Georges Buchanan (i5o6-i582), né à Kilkerne (Ecosse), professa la grammaire au Collège de Sainte-Barbe à Paris, puis à Bordeaux et à Goïmbre ; il retourna en Angleterre en i55i, revint à Paris, rentra en Ecosse en i56o et y embrassa le protestantisme. Parmi ses ouvrages : Jean-Baptiste et Jephté, tragédies latines (1540) et les traductions en latin de la Médée et de l'Alceste d'Euripide.

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rente (i) et Muret (2) en France avaient composé des comédies à l'usage des écoles. « Le sujet était généralement emprunté à la Bible et tournait en moralité : David et Abraham étaient des modèles de foi, Joseph de pureté, la fin d'Holopherne prouvait ce qu'il en coûtait de mépriser les avertissements de Dieu, etc. (3). » C'est dans cet ordre d'idées que Jacques Naudot, qui fut principal aux collèges de SaUns, Vesoul, Besançon et Lons-le- Saunier, entre 1575 et 1600, devait composer des tragédies en vers latins restées inédites. Le prologue de l'une d'elles, Abraham^ commence ainsi :

Nemo levi credat nos velle irnpendere liido Tempora virtuti qtiœ sunt concessa colendœ Atque bonis studiis. Spectacula postulat œtas Utilia et gravia, efformandis moribus apta.

Une autre a pour titre : De priscorum gigcintum diversis moribus et studiis (4).

(i)Guillaumcde Guérente, né eiiNormandie ; était professeurà Saintc-Barbc en i534,à Bordeaux en 1 535 et à Coïmbre en 1547.

(2) Marc-Antoine Muret (i 5 26-1 585), né à Muret (Limousin); professa à Auch, à Bordeaux, à Paris (Collège du cardinal Lcmoine) ; se rendit en Italie en 1 554, et ^n i563 professa à Rome l'éloquence et la philosophie. A écrit une tragédie, Jules César, œuvre de jeunesse.

(3) Franck d'AnvERT, loc. cit.

(4) Naudot devint principal d'un collège de Paris. On trouve au fonds latin de la Bibl. Nat., sous les n°» 7,8i5, 8,i65 et 8,485, trois manuscrits qui renferment un grand nombre de compositions, prose et vers, en latin et en français, faites par lui à l'occasion de fêtes religieuses ou civiles, pendant son se-

Pour terminer cette question du théâtre au Collège, ajoutons que dans les réjouissances publiques, les élèves parfois représentaient des scènes historiques; c'était ce que nous appelons aujourd'hui des tableaux vivants. La publication de la paix de Cateau-Cambrésis (3 avril 1559) eut lieu à Dole le 7 mai. A cette occasion, le Conseil décida qu'on allumerait des feux de joie, qu'une procession solennelle serait faite dans la Ville et que les écoUers devraient « démonster sur eschaulfaulx » quand la procession passerait « quelque honneste représentation distoire sans parler (i) ».

Les contrats passés entre les principaux et le Magistrat nous permettent de suivre la marche des études au Collège de Dole jusqu'au moment où les Jésuites viennent y enseigner. Le premier en date est le traité conclu en février 1566/7 et dont les autres ne sont^ avonsnous déjà dit, que la reproduction avec quelques détails en plus relatifs à l'enseignement et à la discipline. Les grandes lignes des programmes sont restées les mêmes que sous Jehan Mathieu.

jour en P'ranche-Comté. Ces manuscrits ont été analysés par M. Ulysse Robert dans les Mémoires de la Société d'Émulation du Jura (années 1877 et 1878).

(i) Délib., 6 mai iSSg.

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Comme par le passé, le principal fera chaque jour une leçon de grand matin. Les deux régents des classes supérieures enseigneront dans la journée les arts libéraux : le premier lira et interprétera la philosophie oralorie et la langue grecque en se guidant sur le savoir et l'intelligence de ses auditeurs ; le second la grammaire grecque. On a soin de prescrire l'enseignement oratorie, c'est à dire que le maître doit parler d'abondance, et non plus, comme autrefois^ dicter les leçons ou même les faire dicter par un élève. Le troisième régent interprétera la grammaire latine et les bons auteurs latins, poètes et prosateurs. Le quatrième expliquera les premiers éléments de grammaire et quelque auteur de moribus. Les enfants seront exercés aux règles et préceptes de la grammaire, laquelle devra être facile et méthodique, de façon qu'ils puissent « lire, escripre et parler sans hésitation, meslant le grec avec le latin ». A l'étude de la grammaire on ajoutera la prosodie pour apprendre aux élèves la composition poétique. « La grammaire partout sera practiquée par compositions et versions de langue à aultre afin d'exercer le stil. ^ Ceux qui posséderont les éléments de grammaire seront mis à la dialectique et à la rhétorique, « en quoy Ion obser-

vera de même la practique avec la théorie ». Les régents ne pourront lire que des auteurs du temps de Cicéron « ou ung peu devant ou après ». Tout livre commencé devra être achevé avant qu'on passe à un autre, le choix de l'ouvrage étant laissé au principal sous l'approbation du Conseil. Les élèves chaque jour, de une heure à deux heures, doivent assister à la lecture d'arts de l'Université qui se fait au Collège de grammaire.

On dispute après chacune des classes du matin et du soir, une heure en hiver et une demiheure en été. Les jours de fêtes^ matin et soir, les régents, « séparément en leurs classes, feront leçons de choses morales et aulcunes fois disputes et déclamations publicques ».

(( Aux jeudis et temps de passer le temps, sera, huict jours avant^ esleu du principal ung qui par déclamation impétrera licence de jouer et prendre honeste récréation, à laquelle présidera icelluy qui aura déclamé, pour juger des différendz des aultres et donner pris aux vainqueurs. »

Le principal aura soin que, par les régents, il ne se fasse aucune « nouvelleté » pour les compositions et autres exercices des élèves. Enfin, lui et ses subordonnés « seront vigilans à ce que

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ausd. escolles chascung également soit attentif et diligent à entendre et concepvoir les leçons et lectures ».

Comment fut rempli — et c'est ici Timportant — le cadre permanent tracé par les officiers municipaux de Dole ?

De toutes les listes d^'auteurs fournies par les principaux au Magistrat, il ne nous reste que celle qui fut dressée par Louis GoUut pour Tannée scolaire 1570-71. Elle est transcrite tout entière au registre des délibérations du Conseil^ à la date du 5 janvier 1 570/1 (i). Nous la donnons ci-dessous en respectant scrupuleusement l'orthographe :

« Livres qui seront luz et interprétez en l'escolle de grammaire geste présente

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