L'HYGIÈNE ET LA PROPRETÉ
Les anciens collèges n'étaient pas soumis à l'unité de direction et d'administration de nos établissements actuels d'instruction secondaire. Les élèves s'y divisaient en plusieurs catégories qui ne relevaient pas toutes du principal au même titre. Celui-ci n'avait sur certaines classes d'élèves qu'un droit de surveillance; s'il exerçait sur d'autres à peu près tous les droits de l'autorité paternelle, son pouvoir était, en fait, limité par l'autorité des régents qui recevaient directement de leurs élèves la redevance pour la lecture des nouveaux livres, le prix des. chandelles, le produit des amendes disciplinaires qu'ils avaient infligées, et même dans certains établissements la rétribution scolaire (i).
A Dole on ne comptait pas moins de cinq catégories d'élèves.
La plus nombreuse était celle des oppidains
(i) V. J. QuiCHERAT, Histoire de Sainte-Barbe . Paris, Hachette. 1860.
LES ÉCOLIERS 8l
OU externes qui devaient verser mensuellement entre les mains du principal la somme de six blancs ; toutefois les petits enfants venant en classe sous la conduite de pédagogues et qui n'étaient pas encore « capables pour ouyr lectures » payaient « quatre niquetz tant seulle-ment (i) ». Moyennant cette taxe, l'entrée du Collège leur était permise à toute heure du jour, soit pour assister aux lectures, soit pour y conférer de leurs études avec les maîtres. Il était rigoureusement interdit au principal d'exiger davantage, et Gollut qui voulut percevoir deux gros par tête en 1575 n'attendit pas longtemps un rappel au respect des règlements.
Un certain nombre d'écoliers étaient internés dans des pédagogies établies autour de l'Ecole (2). Lorsque le désordre^ l'anarchie et rignorance s'abattirent sur le Collège avec le principal Bartheault, les pédagogues tenant
(1) Arch. mun., cotes 1454, 1455, 1456, 1457.
L'unité des monnaies en Franche-Comté était le franc qui valait i3 sols 4 deniers de France ; le franc se divisait en 12 gros, le gros en 4 blancs et le blanc en 3 engrognes ; comme subdivisions du franc il y avait aussi le sol (1/20 de franc), le denier (1/12 de sol), le niquet (1/16 de denier).
(2) Cet usage fut repris à Dole en 1764, après l'expulsion des Jésuites. Il est encore pratiqué aujourd'hui en Angleterre, en Allemagne et en Suisse.
enfants chez eux crurent pouvoir se dispenser d'envoyer leurs pensionnaires aux cours ; mais ils avaient compté sans le Conseil de Ville qui, pour empêcher une ruine complète de l'établissement, leur enjoignit d'avoir à y conduire leurs élèves tous les jours et à toutes les leçons, et de les faire inscrire sur les registres matricules de l'Écoie sous peine d'être mis hors la Ville(i). Venaient ensuite les pensionnaires qu'on appelait aussi écoliers domestiques. Logés et nourris par le principal, ils ne sortaient du Collège pendant le cours de Tannée scolaire, que pour aller en promenade ou pour assister aux offices religieux sous la conduite des régents. Parmi les rares choses que le Conseil n^ait pas réglementées dans ses traités avec les principaux se trouvent le prix de la pension et la nourriture. Il est dit seulement qu'elle demeurera à la discrétion et volonté du principal « attendu qu'il a promis aud. Conseil d'en user honnestement et modestement et selon les saisons et occurances du temps, et ou que aultrement seroit faict et que led. Conseil en eust doléance, il y pourra pourveoir (2) ». Sous le régime h37bride qui subsista de 1583 à 1590,
(i) Délib., 12 janvier et 3o mars i556/7,.i6 décembre i55j. (2) Arch. mun., cotes 1454, 1455, 1456, 1457.