PREFACE. XXIII
Dame... A la sainte Vierge de s'en occuper... Je suis un pécheur... » Bien d'autres que Lotte ont recueilli de Péguy le même aveu. Un de ses amis m'écrit (3 mars 1916) : « La situation de Péguy était fort singulière; il s'en rendait bien compte. Il me l'avoua un jour, je crois me souvenir que c'était dans l'été de 1912 : il m'en parut alors vivement préoccupé. Je lui fis observer que son cas n'était peut-être pas aussi insoluble qu'il le croyait. Il me répondit d'un air effrayé : « Tu ne sais pas! » Et je vis qu'il pensait à sa femme, dont les idées n'avaient pas changé comme les siennes. J'ai cru qu'il comptait sur le temps, sur la grâce, pour arranger des choses dont il n'espérait pas trouver lui-même la solution. »
Marié civilement et sa femme n'ayant pas reçu le baptême, il fallait à Péguy, pour que son mariage pût être validé, la dispense dite de « disparité de culte » : or l'Eglise n'accorde cette dispense qu'à la condition que les époux prennent l'engagement que leurs enfants seront baptisés et élevés dans la religion catholique. Péguy s'était enquis des conditions auxquelles son mariage pourrait être validé : quand il les connut, il se rendit compte que sa femme ne souscrirait pas à l'engagement que l'Eglise