‹ Un compagnon du PéguyChapitre 17 sur 41 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

réclamait, et qu'il ne pouvait pas l'exiger d'elle. Il n'est pas au monde de conflit plus cruel, peut-être, que ce conflit de la mère selon la chair et de la mère selon l'Esprit! Et c'est ce conflit qui a voué Péguy à la « gageure » de sa vie, d'un mot, à vivre sans sacrements alors que converti il en avait faim et soif.

« Notre-Dame m'a sauvé du désespoir », dira Péguy dans Y Entretien du 27 septembre 1913. « C'était le plus grand danger. Des gens comme nous ont toujours autant de foi et autant de charité qu'il faut, mais c'est l'espoir qui peut manquer. J'en suis sorti en écrivant mon Porche. Figure-toi que pendant dix-huit mois je n'ai pu dire mon Notre Père... » Cette crise intérieure, j'imagine, suit de près la publication du Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (janvier 1910) et est résolue au moment où paraît le Porche du mystère de la deuxième vertu (octobre 1911). Que l'on veuille bien relire le Porche, à la lumière de l'indication : « J'en suis sorti en écrivant mon Porche », on y trouvera d'insistantes allusions à l'état d'âme de l'auteur. Celle-ci, par exemple (p. 30) : « Pour espérer, il faut être bien heureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. C'est la foi qui est facile,... c'est la charité

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