XXVI PREFACE
Ne s'est-il même pas à la fin complu dans la singularité de sa position religieuse ? Nous le craignons. Il eut, et c'était grave, l'illusion tenace que Dieu le dispensait de la voie commune. Un théologien, dans une étude sur le catholicisme de Péguy, a observé que les conditions positives de la grâce y sont toujours passées sous silence , et il écrit ces quelques lignes d'une extrême clairvoyance : « Dans son système, la nature serait attirée par la grâce, engagée dans le divin, sinon par elle, du moins sans autre condition que la complaisance de Dieu pour l'excellence et l'utilité de cette même nature. C'est oublier que, pour nous chrétiens, l'ordre positif du salut est inévitablement sacramentel et ecclésiastique... Or Péguy ne parle pas de ça, si ce n'est qu'il a souvent exprimé sa crainte de voir la pratique rituelle , ecclésiastique, la profession, tourner à la politique et dévorer la mystique même ». Dans un de ses Entretiens avec Lotte, celui du 1er avril 1910, Péguy ne dit-il pas formellement que le clergé, qui administre les sacrements, laisse croire qu'il n'y a que les sacrements? Voilà qui est d'un catholicisme un peu Quaker.
Les sacrements sont confiés par Dieu à son