‹ Un compagnon du PéguyChapitre 20 sur 41 · PREFACE. XXVII · texte numérisé non relu

PREFACE. XXVII

Église, elle les administre avec prudence, elle pose les conditions que lui inspire le souci de leur dignité, de leur efficacité, et, en dernière analyse, du salut et de la sainteté des âmes : elle n'ignore pas pour autant que la grâce sacramentelle n'épuise pas la richesse de la grâce divine, et que, cette grâce divine, Dieu même l'administre en dehors des sacrements et en dehors de l'Eglise. « Je connais des Juifs qui ont des grâces étonnantes », dit quelque part Péguy, et nous serions tentés de sourire qu'il en soit tellement assuré, néanmoins nous nous garderons bien de dire que l'hypothèse soit niable en soi : la liberté de Dieu est souveraine. Mais l'Église visible est de Dieu, comme la grâce invisible est de Dieu, et l'Église n'est point une police extérieure dont Dieu dispenserait les mystiques.

Péguy, dans un de ses Entretiens encore, raconte que je lui avais un jour conseillé de lire saint Augustin... S'il avait suivi mon conseil, il aurait trouvé en saint Augustin mieux qu'un « disciple de Gicéron », comme il dit dédaigneusement et au fond sans savoir : il aurait trouvé un converti, qui était un penseur, qui était un mystique aussi, et qui a parlé mieux que pas un du devoir de se soumettre à l'auto-

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