XXVIII PREFACE
rite de la Catholica, de se blottir dans son sein maternel. Augustin à maintes reprises est revenu sur le cas du centurion Corneille, le centurion de Césarée, pour montrer en lui un homme qui priait et qui faisait l'aumône, et à qui en récompense Dieu fit la grâce que le saint Esprit descendît sur lui et sur les siens avant que le baptême leur eût été administré : cependant Dieu voulut qu'il s'adressât à l'apôtre Pierre pour être catéchisé et pour être baptisé. Augustin a vu là une belle expression de la nécessité du ministère visible, lui, le docteur de la grâce !
Augustin aurait donné à Péguy un autre bon exemple, en lui enseignant que nul ne se soumet à l'autorité divine sans l'avoir au préalable connue divine par des raisons vérifiables de croire, et que nul, après s'être soumis aux dogmes de cette autorité, ne renonce, s'il croit à l'intelligence, à donner à ces dogmes un sens qui soit leur sens authentique et qui soit en même temps pensable. Augustin a pour maxime : « Intellectum valde ama », entendant par intelligence la foi réfléchie et analytique. Cette intelligence peut être poussée loin, trop loin, et dégénérer à la limite en une sophistique, mais les mystiques ne sont pas