‹ Un compagnon du PéguyChapitre 22 sur 41 · PREFACE. XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XXIX

autorisés par là à nier la valeur de l'intelligence augustinienne ou de l'intellectualisme de saint Thomas, et à nous limiter à une connaissance confuse ou à une intuition inexprimable, sous couleur de mieux étreindre la réalité.

Lorsque Péguy disait à Lotte : « Une parole de saint Louis ou de Jeanne d'Arc met tout saint Augustin par terre » , il n'y a là qu'une boutade, j'espère. Si c'était en rigueur que Péguy l'eût dit, holà! Il disait encore à Lotte : « Mon Mystère des Innocents est à base de liturgie». Et il ajoute : « Tu comprends, je suis de ces catholiques qui donneraient tout saint Thomas pour le S ta bat, le Magnificat, Y Ave Maria, et le Salve Regina » (1912). Ce qui revient à dire que, pour Péguy, le catholicisme est aimé de préférence comme un cantique, comme une émotion, comme une piété. Quant à le construire, comme faisait saint Thomas, Péguy s'y refuse; mais comme il n'est pas de ces simples à qui est pratiquable la seule foi des simples, ou de ces « charnels » que saint Paul consentait à ne nourrir que de « lait », on s'inquiétera légitimement de l'exclusive que Péguy prononce contre l'intelligence, et qui s'inspire moins peut-être de la simplicité de Jeanne d'Arc que de la philo-

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