XXX PREFACE
sophie bergsonienne, remontant « la pente du tout fait » !
Les réserves que nous exprimons là sur le mysticisme de Péguy et sur son anti-intellectualisme, on pourrait les multiplier, en notant plus d'un autre parti pris de Péguy. Toutes nos réserves cependant ne nous feraient pas conclure que Péguy était simplement un dilettante, et que son catholicisme ne voulait pas être le catholicisme du catéchisme. André Suarès, qui est israélite, assure que Péguy était « né hérétique », et qu'il a été « l'hérétique de toutes ses religions », et qu'il a été « hérétique même de l'Eglise », puisque enfin « il avait sa façon propre d'être chrétien, et qu'on dispute encore si ce grand catholique était vraiment catholique ou ne l'était point ». Nous espérons que les Entretiens de Péguy et de Lotte permettront de ne plus disputer si Péguy était ou n'était pas catholique, et d'affirmer qu'il l'était de bonne foi. Il a été un converti dont la conversion fut traversée par le cas de conscience que nous avons dit, et dominée par un mysticisme, qui, comme tous lesmysticismes, est exposé à la tentation d'être a libertaire » et « agnostique ». Mais rien ne permet de dire, jusqu'ici, que Péguy ait sa-