‹ Un compagnon du PéguyChapitre 24 sur 41 · PREFACE. XXXI · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXI

crifîé à cette tentation. Je ne souscrirais pleinement qu'à ce jugement de Suarès : « Il avait un immense orgueil. »

Péguy n'a eu le temps ni d'achever, ni même de dessiner en pleine clarté, l'œuvre qu'il rêvait de faire, quand il disait à Lotte : ce J'ai un office, j'ai des responsabilités énormes : au fond, c'est une renaissance catholique qui se fait par moi (1912)... Il faut produire, il ne faut pas démontrer, ni expliquer. Pascal raisonne trop... Moi, je crée : il faut créer. Tiens, je couvrirai dans le chrétien la même surface que Goethe dans le païen. Tune t'imagines pas tout ce que j'ai à écrire encore. Il ne faut pas je meure... Il n'y a que Corneille qui ait travaillé comme ça. Corneille est plus fort que moi. Jamais je n'atteindrai Polyeucte (1913)...» Les Entretiens, on le verra, contiennent bien d'autres expressions de cet immense et tranquille orgueil : nous ne les avons pas supprimés, parce qu'elles sont révélatrices de la candeur de Péguy et du ressort de son action : il se croyait une mission, et il s'abandonnait à elle. Un orgueil vulgaire aurait été bien autrement attentif à ne se pas découvrir.

Moins encore aurions-nous voulu suppri-

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