XXXIV PREFACE
Péguy est mis, en quelque sorte, au pied du mur par ses deux vieux camarades, et il se débat dans son impasse : Baillet est moine et Lotte trop innocent, ils ne peuvent pas comprendre la vie de Péguy, qui est d'un pécheur, mais d'un pécheur qui prie, et qui se croit dans l'amitié de Dieu ! Et, en vérité, ils comprenaient bien, mais ils n'admettaient pas cette assurance : ils tremblaient pour Péguy, sans cesser de l'aimer.
Pierre Pacary a recueilli ici des pages choisies de Lotte, de Lotte converti, de Lotte universitaire et catholique, de Lotte admirateur et confident de Péguy. Les abonnés et les amis de son Bulletin retrouveront Lotte tel qu'il l'ont connu en ces dernières années, fougueux et candide, ardent à rapprocher les uns des autres ceux de ses collègues qui partageaient sa foi, à leur faire connaître ce qu'il considérait comme le renouveau de la littérature catholique et dont l'âme était pour lui Péguy, à les initier encore à des travaux plus méthodiques et à des pensées plus incontestées, mais aussi à les porter ensemble à une vie chrétienne plus pleine, plus rapprochée du cœur de l'Eglise, et, d'un mot, à la communion fréquente.