‹ Un compagnon du PéguyChapitre 3 sur 41 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

1894-1895, où Péguy normalien revenait à Sainte-Barbe revoir ses amis.

Il s'en fallait que ces jeunes gens fussent tous croyants; mais, inscrits comme catholiques, ils étaient conduits d'office aux exercices du culte catholique, la messe du dimanche et le cours de religion ; ils témoignaient d'ailleurs à leur aumônier une confiance et une affection, dont celui-ci a gardé un souvenir inoubliable. Cette ardente jeunesse savait être si généreuse! Baillet, qui était d'une piété profonde, faisait passer sur elle un souffle de christianisme. Il était un fervent « catholique social », et quel entraîneur! Il voulait ce qu'il voulait avec autant de candeur que de ténacité. Il n'eut de cesse, une année, que quand je lui eus promis de faire trois mois de mon cours sur l'encyclique Rerum novarum et la question sociale!

C'est lui qui avait imaginé de conduire ses camarades à l'œuvre de « la mie de pain » de M. Enfert, pour tremper et servir des soupes les soirs d'hiver aux pauvres des fortifs. Ah! ces randonnées dans la bise, la pluie, la neige! Péguy en était, Lotte aussi en fut. Un jour que « l'œuvre » n'avait plus ni pain, ni légumes, nous appelâmes à F aide le Journal des

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