‹ Un complot sous la TerreurChapitre 31 sur 124 · Archives nationales, W. 400, dossier · texte numérisé non relu

Archives nationales, W. 400, dossier

o2 UN COMPLOT SOUS LA TERREUR.

A ce langage si imprévu, le chevalier, toujours prudent, se tient sur la défensive. Est-ce un piège qu'onlui tend? Cethomme est-il sincère?... Dans le doute, résigné à tout événement pour luimême, mais trembk nt qu'un mot, qu'un geste imprudent ne trahisse et ne perde des têtes bien chères, il ne se livre point et repousse les confidences de l'inconnu...

Celui-ci n'est pas plus surpris que froissé de cet accueil; sans doute il l'a prévu, car pour garant de sa bonne foi il tire ce billet de sa poche, et le présente au général :

« Vous pouvez prendre confiance en ïhommc qui vous parlera de ma part en vous remettant ce billet. Ses sentiments me sont connus : depuis cinq mois il na pas varié. Ne vous fiez pas trop à la femme de l'homme qui est enfermé ici avec nous. Je ne me fie 7ii à elle ni à son mari, w

A cette lecture une indicible émotion s'empare de Jarjayes. C'est la Reine, c'est Marie-Antoinette qui a tracé ces lignes ! Il connaît trop bien son écriture pour en pouvoir douter.

Mais qui est cet inconnu ? Quel est le messager choisi par la Reine, le confident à qui elle s'est livrée? Il l'interroge, et à son émotion succède un étonnement profond lorsqu'il apprend qu'il a en face de lui Toulan ! ïoulan si connu par son fa-

LE COMPLOT. b\i

natisme révolutionnaire, auquel il doit sa nomination de membre de la Commune, et ses fonctions de commissaire chargé de surveiller la famille royale au Temple !...,

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