FragmenSf par Turgy, pp
Il fit mieux. Ingénieux à tirer parti de tout, il lui arriva souvent, dans un passage, dans un tournant d'escalier, de remplacer le bouchon de papier d'une carafe, par un billet écrit soit avec du jus de citron, soit avec un extrait de noix de galle. Malgré la surveillance de huit ou dix personnes, il ne se passa presque point de jour, pendantles quatorze mois qu'il se maintint au Temple, sans que la famille royale ne reçût de la sorte quelque billet K
La nécessité pour lui d'aller aux approvisionnements lui donnait les plus grandes facilités pour sortir, et, comme il avait soin d'accorder aux commissaires et aux gardiens tout ce qu'ils lui demandaient lorsqu'ils se présentaient à la Bouche, on le visitait rarement à l'entrée et à la sortie du Temple. Grâce à ces précautions habiles, il jouissait d'une véritable liberté.
Dès les prerniers jours, il fut instruit par Madame Elisabeth de la conversion de Toulan, et, comme son service le rapprochait des captives quotidiennement, il fut mis aussitôt en rapport avec le municipal, obligé à plus de circonspection ; il eut avec lui de fréquents rendez-vous en différents lieux.
Le projet d'évasion ne pouvait lui être caché.