‹ Un complot sous la TerreurChapitre 58 sur 124 · LA PIÉTÉ FILIALE · texte numérisé non relu

LA PIÉTÉ FILIALE

Eh quoi! tu pleures, ô ma mère !

Dans tes regards fixés sur moi Se peignent l'amour et l'effroi :

J'y vois ton âme tout entière.

Des maux que ton fils a soufferts Pourquoi te retracer l'image?

Lorsque ma mère les partage, Puis-je me plaindre de mes fers?

i30 UN COMPLOT SOTJS LA TERREUR.

Des fersî 0 Louis, ton courage Les ennoblit en les portant.

Ton fils n'a plus, en cet instant.

Que tes vertus pour héritage.

Trône, palais, pouvoirs, grandeur.

Tout a fui pour moi sur la terre.

Mais je suis auprès de ma mère, Je connais encor le bonheur!

Un jour peut-être... (l'espérance Doit être permise au malheur), Un jour, en faisant son bonheur, Je me vengerai de la France.

Un Dieu favorable à son fils Bientôt calmera la tempête; L'orage qui courbe leur tête Ne détruira jamais les lis.

Hélas! si du poids de nos chaînes Le ciel daigne nous affranchir.

Nos cœurs doubleront leur plaisir Par le souvenir de nos peines.

Ton fils, plus heureux qu'aujourd'hui, Saura, dissipant tes alarmes, Effacer la trace des larmes Qu'en ces lieux tu versas pour lui!

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