Le Comte de Fersen et la Cour de France ji. II, p
De plus, les princes avaient confondu leur cause avec celle de l'émigTation, et les émigrés étaient pour le Roi et la Reine, restés en France, la cause des plus grands malheurs : <( Les folies « des princes et des émigrants nous ont aussi « forcés dans nos démarches, » écrivait la Reine le 26 septembre 1791 ^ « C'est encore à Coblence « et aux émigrés que nous devons cette cruelle « persécution » (7 novembre)^. « Cette démar- « che (le retour de M. de Mercy) animerait encore « plus la rage des émigrés contre l'empereur et « moi^.. »
Ignorjant si le prince avait gardé contre elle ou contre son envoyé quelques-unes des préventions anciennes, elle engagea le chevalier, dans le cas où l'accueil qui lui serait fait ne lui conviendrait pas, à se rendre auprès de son neveu, François II, empereur d'Allemagne depuis 1792.
Mais les doutes, souvenirs de griefs trop réels, qu'elle confiait au seul Jarjayes, ne pouvaient empêcher la Reine de transmettre au frère de son mari les témoignages d'une affection avivée par le malheur. De sa prison, c'était comme un généreux pardon qu'elle envoyait à l'exilé.