‹ Un complot sous la TerreurChapitre 71 sur 124 · Mémoires historiques sur Louis XT7/, parEcKARD.pp · texte numérisé non relu

Mémoires historiques sur Louis XT7/, parEcKARD.pp

l'anneau et le cachet de louis XVI. iOo

les plus grands bienfaits, n'avait pourtant pas hésité à assurer sa sécurité, en s'établissant à l'étranger.

M""" de Septeuil avait été arrêtée au mois d'août 1792, avec la plupart des femmes attar chées à la Reine; dès qu'elle fat mise en liberté, quelques semaines après ^ , son mari se hâta de l'emmener en Angleterre, dans un pays plus tranquille et plus sûr ^

Il était malaisé à Jarjayes d'aller à Londres, d'autant que le but de son voyage l'entraînait d'un tout autre côté. Il n'écouta que le devoir, et quand

1. Liste des personnes détenues à la Force le 30 août 1792... Angélique-Euplirasie Peignon, épouse de M. de Septeuil, âgée de 21 ans et demi, envoyée dans cette prison pour y être détenue jusqu'à nouvel ordre... Elle fut relâchée le 3 septembre. (A. DE Beauchesne.)

2. M. de Septeuil fut la cause d'une des plus terribles accusations portées contre Louis XVI. Dans son procès, on interrogea le Roi sur les accaparements de grains, de denrées alimentaires, etc. — « N'avez -vous pas autorisé Septeuil à entreprendre un commerce de grains, sucres et cafés à Hambourg et dans d'autres villes? Ce fait est prouvé par des lettres de Septeuil. » Ce qui était prouvé, c'était le commerce fait par Septeuil, et non la participation ni même l'autorisation du Roi. Celui-ci ignorait les agissements de Septeuil, qui, en apprenant cette accusation, écrivit de Londres une lettre par laquelle il attestait que les achats étaient étrangers au Roi et appartenaient à une spéculation particulière de commerce dans laquelle lui, Septeuil, en société avec quelques amis, avait placé ses propres fonds. {Mémoires particuliers de A. -F. de Bertrand- Moleville, t. II, pp. 266 et 372.) On ne le crut pas, ou on ne voulut pas le croire.

il eut reçu les dernières instructions, il s'éloigna...

Marie-Antoinette ne put laisser partir cet ami si fidèle, avec lequel depuis deux mois elle correspondait presque chaque jour, et dont l'existence, pendant ces quelques semaines, s'était confondue avec la sienne, grâce à la communauté de leurs pensées, de leurs espoirs et de leurs tristesses sans un poignant serrement de cœur. Elle adressa au général un adieu bien touchant, oii dans la dernière ligne se trahit la douleur de la femme qui sent le malheur appesanti sur elle, qui prévoit l'afTreuse et implacable destinée.

Toulan ne pouvait manquer d'être le messager de la Reine. Ce fut lui qui remit à Jarjayes ce dernier billet ^ :

« Adieu! je crois que si vous êtes bien décidé à partir, il vaut mieux que ce soit promptement. Mon Dieu! que je plains votre pauvre femme! T... [Toulan) vous dira l'engagement formel que je prends devons la rendre, si cela m'est possible.

« Que je serais heureuse si nous pouvions être bientôt réunis! Jamais je ne pourrai assez reconnaître tout ce que vous avez fait pour nous.

« Adieu! ce mot est cruel! »

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