Mémoires de M^e Campan, t. I, p. 123 ; — t. II, p
manière à ce que chacun de ses mouvements eût de la grâce et de la noblesse. Sa démarche, noble et légère, rappelait cette expression de Virgile : Tncessu patuit Dea. Ce qu'on remarquait dans sa personne était l'union de la grâce et de la dignité la plus imposante. Son esprit n'avait rien de brillant et elle n'annonçait à cet égard aucune prétention. Mais il y avait dans elle quelque chose qui tenait de l'inspiration et qui lui faisait trouver au moment ce qui convenait le plus aux circonstances, ainsi que les expressions les plus justes. C'était plutôt de l'âme que de l'esprit que partaient alors ses discours et ses réponses... »
Et à ce portrait, Sénac de Meilhan ajoute ces judicieuses remarques : « Entièrement livrée à elle-même à vingt ans, étrangère, belle, aimable, toute-puissante sur le cœur et l'esprit d'un Roi aussi jeune qu'elle, environnée de séductions, elle fit des imprudences, applaudies alors, transformées dans la suite en crimes. Objet de l'enthousiasme public, elle n'était point avertie de ses fautes et de la légèreté de sa conduite...* h
Elle paya plus tard bien chèrement ces imprudences. Quand la Révolution éclata, le peuple , toujours extrême en ses sentiments, la haïssait