‹ Un complot sous la TerreurChapitre 80 sur 124 · Frag?nens, par Turgy, pp · texte numérisé non relu

Frag?nens, par Turgy, pp

Convention et de la Commune, et dans la Convention elle-même, la lutte entre les Girondins et las Montagnards.

Comme il arrive aux partis politiques, plus enclins à s'accuser de leurs malheurs que de leurs fautes, Montagne et Gironde se rejetaient mutuellement la responsabilité des désastres de la France c Puis chacune proposait ses remèdes, les uns violents, les autres modérés, impuissants tous deux.

Dans cette mêlée effroyable qui transforma souvent la salle des séances, établie dans le château des Tuileries depuis le 10 mai, en une arène de gladiateurs, les accusations les plus atroces s'entre-croisèrent. Les Montagnards disaient que la droite pactisait avec la Vendée, et les Girondins ripostaient, avec plus de vérité, que la gauche était d'accord avec la Commune...

On parvint à s'entendre sur un seul point, la nomination d'une commission de douze membres chargée d'examiner les actes de la Commune et de rechercher les complots tramés contre la représentation nationale (18 mai). Chaque parti espérait triompher dans l'élection de ces douze commissaires.

La Gironde l'emporta. Aussitôt la Commune qui se sentit menacée entama la lutte. Elle com-

mença la résistance en se présentant à la Convention et en lui demandant justice de la commission des douze, qui avait fait arrêter Hébert. Puis, pour forcer la main aux représentants du peuple, elle déposa dans les sections une pétition pour la délivrance d'Hébert et la suppression des Douze. Elle appela tous les patriotes à la signer.

On ne dédaigna aucun subterfuge pour arriver à recueillir un grand nombre d'adhésions, et Lepître en faillit être victime. Sans en avoir donné connaissance à personne, on avait substitué sur la table du Conseil, oii l'on plaçait d'ordinaire la feuille de présence, une autre feuille qui portait en tête : « Noms de ceux qui adhèrent à l'adresse contre les Girondins. » Le professeur, arrivant à la séance assez tard, apposa sa signature sur cette feuille, sans regarder l'inscription

Un collègue l'avertit de son erreur ; il se hâta d'aller biffer sa signature. Le lendemain on s'aperçut de la chose : là-dessus grande rumeur. Alors, avec un courage réel^ dont en d'autres circonstances il n'avait guère donné de preuves, Lepître expliqua sa méprise^ et maintint sa décision. Ce fut en vain qu'on le censura comme « lâche et menteur », il persista dans son refusa

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