‹ Un complot sous la TerreurChapitre 91 sur 124 · Fragmens^ par Turgy, p · texte numérisé non relu

Fragmens^ par Turgy, p

était destiné. La Révolution avait enfin eu raison de son dévouement...

Il avait quitté Paris définitivement dans la journée du 11 octobre. Un plus long- retard risquait de rendre inutile le passeport si heureusement obtenu de l'administration de Neuilly-sur- Marne; il s'était donc décidé à accomplir le trajet qui s'y trouvait mentionné. Le 11, au soir, il se présentait à la Maison commune de Corbeil ; il y faisait viser son passeport. Puis il prenait le coche de Corbeil à Auxerre, se dirigeant sur Toulouse.

Il semblait tout joyeux de son départ, et nullement troublé. Il causa volontiers avec ses compagnons de voyage, qui lui communiquèrent les nouvelles du jour; l'un d'eux lui montra un journal. Il eut la satisfaction d'y lire la dénonciation qui le concernait; il apprit ainsi qu'on l'accusait d'avoir eu des conférences secrètes avec les prisonniers détenus au Temple. A la vérité, il s'en doutait quelque peu, mais le Gascon se retrouva tout entier pour rire de ses dangers, et il s'amusa de ce singulier sujet de conversation. Son tempérament à la fois enjoué, énergique et hardi, ne se démentait point...

Il suivit fidèlement l'itinéraire indiqué. Après Auxerre, il passa à La Charité le 15, ainsi que le constate un visa de son passeport, et il continua

sa route par Moulins, Glermont et Rodez. Vers le 20 octobre, il arriva à Toulouse.

Là, dans sa ville natale, au milieu de ses parents et de ses amis, il se crut enfin en sûreté.

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