Ad fam., XV, 4,3 et
pour la Cappadoce : il devait donc conduire^ son armée de ce côté. Il lui fit faire demi-tour, et le soir du 1er septembre elle campait non loin de l'embranchement des deux routes. C'étaient toujours des castra ad Iconium, mais ce n'était point le camp qu'il avait quitté la veille : celui-ci était situé au nord-ouest de la ville, et le nouveau du côté opposé, au sud-est.
Dans la journée du l^r septembre, Cicéron écrivit à Ap. Claudius la lettre ad fam., III, 6^ On se souvient qu'il lui reprochait doucement le sans-gêne avec lequel il continuait à gouverner quand il aurait dû céder la place à son successeur; il disait surtout combien il était peiné qu'Appius parût éviter de le rencontrer. La loi Cornelia enjoignait à celui-ci de quitter sa province dans un délai de 30 jours à dater de l'arrivée de son successeur : or, Cicéron était arrivé le 31 juillet, et on était au ler septembre. « Pour qu'il f(. vous soit loisible, lui écrivait Cicéron, de calculer où vous « pourriez me rencontrer sans que la loi Cornelia soit vio- « lée, je suis entré dans la province le 31 juillet ; je fais route ce vers la Cihcie par la Cappadoce; j"ai quitté Iconium le « 29 août. Si maintenant, d'après ces dates et d'après votre « itinéraire, vous pensez pouvoir me rencontrer, vous déci-
1 . Moll la date du 3 septembre. Il s'appuie sur les mots : iter in Ciliciam facio per Cappadociam, qui ce peuvent avoir été écrits avant l'arrivée des messagers d'Autiochus de Commagèue, puisque ce furent les nouvelles apportées par eux qui déterminèrent Cicéron à faire route par la Cappadoce. L'argument qu'il présente est excellent. Mais la date qu'il propose est trop reculée : il est invraisemblable que Cicéron, voulant informer Appius très exactement de ses faits et gestes, ne lui dise rien de précis que sur ce qu'il a fait quatre jours auparavant. Du moment que nous avons établi que Cicéron reçut une ambassade du roi de Commagéne le l^i- sept., c'est de ce jour-là qu'il faut dater la lettre ad fam., III, 6. — Schiche, o. c, p. 12, s'efforce de maintenir la lettre à la date du 29 août. Mais les termes mêmes de la letti-e rendent cette date peu vraisemblable : ï/er in Ciliciam facio per Cappadociam : castra inouï ah Iconio pridie Kal Sept. : l'action marquée dans la seconde phrase est nettement située dans le passé par le pai'fait nioui. Cicéron fait allusion à des événements qui ont eu lieu la veille; l'événement du jour, c'est ; iter facio per Cappadociam.
UN COnai SI'ONDANT DE CICEnON /O
(( derez en quel lieu et quel jour il est possible de le faire le « plus aisément ». Cette lettre ne peut, de toute façon, être antérieure au 29 août : dés cette date, d'après le système de numération des Romains, les 30 jours prévus par la loi Cornelia étaient révolus. Or, Cicéron propose à Appius de choisir son jour, comme s'il disposait encore d'une certaine marge. Il y a là une difficulté qu'on a voulu résoudre en corrigeant, dans Adfam., III, 6, 3, triginta diebus en tribus et Iriginta diebus : le délai fixé par la loi Gornelia aurait été de 33 jours*. Il nous semble que l'expédient de cette correction peut être évité. Cicéron dit : quo loco me salua lege Cornelia conuenias. Si l'on rapproche de ces mots l'indication suivante : lier in Ciliciam facio yer Cappadociam, on se persuade que Cicéron pense à une rencontre en Cappadoce, c'est-à-dire en dehors de la province : dans ces conditions, Appius aura respecté la loi Cornelia, ou du moins il ne l'aura pas violée avec éclat; en même temps, Cicéron se sentira plus libre en face de son interlocuteur, qui ne sera plus pour lui qu'un simple particulier.
Les événements déjouèrent les calculs de Cicéron. Le jour même où il écrivait à Appius, celui-ci lui dépêchait un esclave pour lui faire savoir qu'il serait à Iconium avant le jour. Croyant que Cicéron campait toujours au delà d'Iconium, il comptait que la distance permettrait à son messager de prendre sur lui plusieurs heures d'avance. Cicéron aurait ainsi le temps de s'apprêter à le recevoir. Mais la mission de l'esclave fut achevée aussitôt que commencée. Il arriva au camp de Cicéron entre 21 heures et minuit-. Appius le suivait de près. Cicéron envoya aussitôt deux de ses lieutenants, Varron et Lepta, sur les deux routes par lesquelles Appius pouvait arriver. Ils «levaient devancer Appius dès qu'ils l'auraient aperçu, et venir avertir Cicéron alin qu'il