Ad fam., III
86 l'N COnRESPONDANT DE CICÉRON
On ne saurait trop admirer cette lettre de Cicéron, où la dignité s'allie si heureusement à la souplesse. 11 entre d'abord dans le détail des faits allégués, et discute pied à pied ; puis, il élaryit le débat : d'un côté il rappelle à Appius qu'un cœur loyal doit être au-dessus de la médisance; de l'autre, il revendique fièrement sa liberté, et donne à entendre que, s'il est soucieux de ménager son prédécesseur, il n'est pas moins jaloux de gouverner à sa guise.
Pendant quatre mois, Cicéron n'eut plus de nouvelles d' Appius. Son expédition militaire s'acheva heureusement. Les Parthes avaient abandonné les frontières de la Cappadoce, ils étaient entrés en Syrie, et menaçaient d'envahir la Cilicie de ce côté. Mais Cassius les défit sous les murs d'Antioche, et Bibulus vint prendre le commandement des troupes de Syrie ^ Alors Cicéron entreprit de châtier les tribus turbulentes qui peuplaient le mont Amanus. Il les défit complètement le 13 octobre, et fut proclamé imperator'-; puis, il alla attaquer la principale ville forte des rebelles, Pindenissus : le 17 décembre, il s'en empara, après cinquante-sept jours de sièges La campagne était finie. Il rentra à Tarse, puis à Laodicée, où il arriva le 11 février.
C'est peu après cette date qu'il écrivit à Ap. Claudius la lettre ad fam., III, 7. Elle marque le point de tension extrême de leurs relations.
Les Appiani, petit peuple de Phrygie, dépendant du district de Synnade, avaient demandé à Cicéron de leur laisser construire un certain édifice public dont nous ignorons la destination '' ; il fallait, naturellement, pour couvrir