Ad fam., VIII, G
06 r.N COIiHESPONDANT DE C:!CÉr.ON
en faveur dAppius auLariL qu'il lui plaira : jamais on n'aura ridée de prétendre qu'il a sacrifié l'équité à l'afTecLion. Il fallut que Ciccron, dans sa réponse, représentât à Caelius qu'il était l'ami, et très sincère, d'Appius : mutuels services, amitiés communes, fonctions identiques, goûts pareils, inclination, intérêt, il lui donna les mêmes raisons qu'il avait fournies plus d'une fois à Appius lui-même*. Il ajoutait que si Caelius avait entendu dire que les deux proconsuls avaient eu des difficultés en Cilicie, il devait faire bon marché de ces bruits-.
On ne se doutait pas, à Rome, du soin que Cicéron avait apporté à conserver l'amilié d'Appius ; on ignorait qu'ils venaient d'oublier leur récente querelle. Comme le monde est très empressé, par goût de l'intrigue et par malveillance, à accueillir la nouvelle d'une brouille entre deux grands personnages, par malveillance encore et par instinct dramatique, assez porté à faire d'une brouille légère une grave inimitié, le bruit avait dû courir bien vite que Cicéron et Ap. Claudius, ces ennemis de toujours, qui avaient voulu un moment tromper le public par les apparences d'une amitié affectée, avaient enfin jeté le masque : et les nouvellistes se donnaient carrière, et tous ceux qui voulaient plaire à l'un ou l'autre des deux hommes s'apprêtaient à exploiter kur inimitié. -
Doîabella s'imagina donc qu'il avait là une excellente occasion de témoigner son dévouement à celui dont il voulait être le gendre : il aurait, en outre, l'avantage de pouvoir signaler ses mérites d'orateur dans un procès retentissant. Et il partit en guerre avec toute la témérité d'un homme jeune et violent. Comme pour bien marquer qu'il agissait en futur gendre de Cicéron, entre la postidatio et la delatio
1 . On sent, que l'esprit de Cicéron et^t encore occupé par le souvenir de la lettre qu'il vient d'écrire à Appius, et il donne à Caelius comme un résumé des arguments qu'il y a développés.