Ad fam., III
3. Cicéron avait achevé, sans coup férir, sa promenade militaire du côté de l'est, et était rentré à Tarse vers le milieu de juillet. Nous ignorons la date précise ; nous savons qu'il y était le 17 {et Ad fam., II, 17, 1). Il quitta sans doute Tarse le jour même où son année de gouvernement expirait {ci.ibid. : Qiiin ad diem dccedam nulla causa est), c'est-à-dire le 30 juillet.
4. Cf. ^î(/ /am., lil, 12, 2 : sicut tu amicissime et suauissi>ne opta<.
UN COHRESl'ONUANT l)K CICKKO.N 109
s'excusera Sa lettre témoigne d'un embarras extrême, et l'on souhaiterait d'y voir moins de timidité et plus de franchise. 11 avait écrit, vers le 20 février, à sa femme, qu'il approuvait son projet de marier Tullia à Dolabella^. La nouvelle du procès d'Appius lui était parvenue quelques jours ap;ès. Il avait écrit à Appius : «: Je serais plus prêt à (L rompre, avec un homme qui se fait votre adversaire, une (( amitié déjà ancienne, qu'à me lier avec lui par des liens (.( nouveaux » 'K Mais il s'était bien gardé de donner à sa famille des instructions dans ce sens. Caelius lui avait conseillé de ne rien laisser paraître de ses intentions pendant tout le temps que durerait le procès : il suivit ce conseil; il se réserva, sans pourtant cesser un seul instant de penser à Dolabella comme gendre ''. Dans ces conditions, on voudrait le voir prendre un peu plus bravement la responsabilité de ce qui s'est fait. Il ne va pas jusqu'à dire à Appius que le mariage a été résolu sans son approbation : s'il avait été à Rome, il aurait approuvé la chose en principe; mais c'est l'époque qui lui paraît inopportune; sa femme et sa fille ne se sont pas décidées contre son avis, mais elles se sont décidées trop tôt. Il ne faut donc pas le rendre responsable : ce qui a été fait, ce n'est pas lui qui l'a fait. « Mettez-vous « à ma place! dit-il à Appius. Si vous trouvez aisément les (( mots qu'il faut dire, soyez sans pitié pour mon bégaye- « meut... Non ! je n'en sortirai jamais!... » Et il demande grâce : « Je suis tout en sueur : ôtez-moi ce fardeau ; je « n'ai jamais plaidé une cause plus difficile », On s'attriste de trouver Cicéron dans une situation si comiquement embarrassante. Car il en était en partie responsable : sans
i. Lettre ad fam., III, 12.
2. Cf. AdAtt., VI, 1, 10. Pour la date de la lettre, cf. Sciimidt, p. 70, ii" 7.