‹ Un correspondant de Cicéron, Ap. Claudius PulcherChapitre 90 sur 106 · Varro, De re rust., III · texte numérisé non relu

Varro, De re rust., III

Quand on lit la dernière lettre qu'il adressa à Appius', où il proclame son estime respectueuse pour l'iiomme que, sept ans auparavant, il bafouait et traitait de voleur, où il déclare son affection pour une famille qui, sept ans plus tôt, lui apparaissait comme tout entière acharnée à sa perte, on est forcé de convenir que le sentiment était chez lui plus vif que durable, ou bien la parole plus vive que le sentiment. On aurait tort, en relevant semblable contradiction, de le déclarer versatile ou pusillanime. En réalité, il fut moins l'ennemi d' Appius que ses discours ne le font croire, et moins son ami que ne le disent ses lettres. Son tempérament d'orateur le portait à l'exagération. Mais ce sont aussi les qualités Httéraires de son esprit qui l'empêchent d'être vulgaire dans l'invective ou la flatterie. Il est spirituel, là où d'autres ne sauraient être qu'injurieux ; il est délicat, là où d'autres n'éviteraient point la platitude.

Dans sa conduite, il apportait de rares qualités de souplesse. Sans descendre à nulle abdication, il sut conquérir l'amitié du frère de son ennemi, et la conserver malgré les difficultés nombreuses que fit naître entre eux l'administration de la Cilicie.

11 était à la fois ambitieux et timoré -, et c'est par ambition et par crainte qu'il se réconcilia avec Appius. L'histoire de ses relations avec lui résume et symbolise à merveille l'histoire de son opportunisme politique. Gomme l'amitié d' Appius lui était une recommandation auprès de Pompée, et qu'elle accroissait son importance aux yeux du peuple, il fut avant tout soucieux qu'elle fût connue de tous 3; quand des difficultés surgirent entre lui et Ap. Claudius, il désira

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