‹ Un correspondant de Cicéron [microform]: Ap. Claudius PulcherChapitre 28 sur 105 · Ad fam., V · texte numérisé non relu

Ad fam., V

2. Ad Q. fr., II, 11 (13), 2 : Nam noster Caelius ualde oppugnatur a gente Clodia.

3. 11 s'autorisait, pour agir ainsi, d'une loi portée en 67 par Gabinius lui-même, et qui obligeait le Sénat à se réunir tous les jours (cotidie) pendant le mois de février, quand au cours du mois précédent on n'aurait pas pu donner audience à tous les ambassadeurs. Appius prenait cotidie à la lettre, sans tenir compte d'une restriction laissée tacite tant elle était naturelle : tous les jours qui ne i^ont pas « dies comitiales ».

jusqu'au mois de mars, que l'entreprise de Gabinius fût soumise au jugement du peuple*.

C'étaient là autant d'occasions de refroidissement entre nos deux personnages. Pourtant, nous voyons Appius envoyer comme légat à César un certain C. Messius^, qui avait été en 57 parmi les tribuns favorables au rappel de l'exilé, et que Cicéron défendit, en 54, quand on l'eut fait revenir de Gaule pour le citer en justice. Faut-il penser qu' Appius, en agissant ainsi, voulut donner à Cicéron une preuve d'amitié? Nous ne le croyons pas. La bienveillance du consul pour C. Messius est plutôt un effet de son amitié avec Pompée, à qui Messius était plus dévoué encore qu'à Cicéron^.

De même, il ne faut point attribuer à quelque influence de Cicéron le revirement d'Appius à propos de Gabinius. L'explication n'en doit être demandée, ici encore, qu'aux rapports du consul avec Pompée. Au mois d'octobre 54, lorsque Gabinius, revenu de Syrie, parut au Sénat, on vit Appius prendi e parti contre lui : il le déclara coupable du crime de lèse-majesté, donna des noms, et l'autre ne sut que répondre : bref il fut, aux yeux de Cicéron, admirable \ Un moment donc, Appius et Cicéron se trouvèrent d'accord à propos de Gabinius. Mais il n'y avait là qu'une pure coïncidence. Bien mieux, le procès de maiestate ayant eu lieu quelques jours après, on vit Cicéron, qui, s'il n'avait écouté que ses sentiments, se serait chargé de l'accusation^, apporter un témoignage qui satisfit l'accusée II ne tarda

i. AdQ. fr., II, il (13), 3. Il n'y avait pas de loi qui défendît de réunir le même jour le Sénat et les comices; mais les tribuns qui tenaient à suivre les séances du Sénat devaient renoncer à assister aux comices, s'ils avaient lieu le même jour : d'où incompatibilité de fait (cf. Willcmsi Le Sénat, II, p. 154, n. 3).

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