‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 10 sur 37 · VI · texte numérisé non relu

VI

Au Kailr, h> 17 s.'|ihiiil.iT l.S.'H.

'.le VOIS j>;ir voire lettre du !."• di' mon hieii aiuiahle el hien-aiini" jtelii (Charles, (|ue vous avez en un second acres, nuiis sans frisson. (^•Ile flerniere circotislanci' me l'ait es|K''rer que va\ sera le deniier. or

1, N" !10 ilii iiiH. AfircHsc : M"" (iji-iimnl, rue «l'AJucr, 12.

2. N" <'ii «lu MIS. y\<!irss(! : M""^ (;ii'riiriit, rue d'Alncr, l'J.

c'est surtout le frisson qui caractérise les fièvres d'accès. Il me semble que M. Fouquier avait la même espérance, puisqu'il n"élait pas encore décidé à vous faire reprendre du sulfate de quinine. Mon Dieu, que je serai heureux quand j'apprendrai que vous ne souffrez plus. Je compte beaucoup aussi sur l'influence du temps qui, depuis hier au soir, paraît se remettre au beau. Ce matin il n'y a pas un nuage. Si cela dure, M. Fouquier vous recommandera sans doute la promenade en voiture. Le grand air et le mouvement hâteront votre convalescence; mais ne vous exposez pas au froid, et ménagez vos forces à mesure qu'elles reviendront. Trop de fatigue pourrait en retarder le rétablissement.

Le jour de notre départ pour Autun, nous montâmes en voiture immédiatement après le déjeuner, par un temps assez chaud. Cela ou autre chose, j'ai depuis lors des douleurs d'estomac, qui augmentent quand je me courbe. Elles sont assez vives dans ce moment-ci, et c'est pourquoi je me bornerai pour aujourd'hui à ce peu de lignes. Ce n'est au reste qu une légère indisposition sans conséquence aucune. N'y pensez donc pas du tout. Dans deux ou trois jours il n'en sera plus question. Il serait possible que je ne puisse pas vous écrire demain, parce que l'on partirait de bonne heure pour voir passer, à quelques lieues d'ici, une chasse au loup que projettent MM. de Mac-Mahon. Cela ne m'amusera pas beaucoup, je pense; mais ce petit voyage par un beau temps pourra me faire du bien. Mille vœux, mille tendresses, et mille respects. J'embrasse de tout mon cœur notre petit Charles.

19 septembre 1837 i.

Je ne vous écrivis point hier. Ce n'est pas que j'aie été voir la chasse au loup à laquelle on voulait me mener. Mais dans la nuit du dimanche au lundi, les douleurs d'estomac que j'éprouvais depuis quelques jours, devinrent extrêmement vives, et le lendemain qui était hier, je fus hors d'état de sortir de mon lit. Ce que j'éprouvais, c'était de fortes tranchées, puis de l'assoupissement, malgré la fièvre. Le médecin que M"' Champy voulut absolument consulter, déclara que j'avais une inflammation des intestins. On m'a traité en conséquence, et je suis beaucoup mieux. Cependant je souffre encore de l'estomac et de la tête, mais d'ici à peu de jours, je serai parfaitement rétabli. Votre dernière lettre me donne l'espoir que vous ne tarderez pas non plus à l'être. Ne vous fatiguez pas à m'écrire vous-même, que vous ne soyez mieux. Charles continuera de me donner de vos nouvelles. Vous recevrez des miennes exactement. Votre tout dévoué.

1. Timbre postal : Arnay-lc-Duc, 19 septembre 1837. N" m du ms. Adresse : M'"" Clcmonl, rue d'Alger, 12.

Mercredi 20 septembre i.

Vous voilà donc enfin délivrée de cette terrible fièvre. Prenez bien garde de donner lieu à son retour par quelque imprudence. Ménagez vos forces dans le commencement, elles reviendront plus vite. Pour moi, je vous écris de mon lit, après une très mauvaise nuit; de la fièvre, des brisements, et de vives douleurs dans les articulations, le tout accompagné de tranchées fréquentes, avec cela vous pensez bien que je n'ai pas fermé l'œil. Maintenant je me trouve beaucoup mieux. J'espère être tout à fait rétabli dans quelques jours, et que rien ne m'empêchera de partir le :i8 suivant mon projet. Veuillez me faire le plaisir de faire dire à Alexis de se trouver à Paris au plus tard le 29 au matin. Je lui écrirais d'ici si je n'étais pas malade. Du reste, soyez trancjuille, cette maladie ne sera rien, et votre guérison hâtera la mienne. J'embrasse bien tendrement mon petit Charles. Conservez-moi

votre affection, et ne doutez point de la mienne.

Vendredi 22 '.

M""' Champy voulut bien se charger de v<jus donner hier de mes nouvelles. Je n'aurais pu le faire pendant l'accès, et il n'a fini que ce matin vers six heures. Je me sens mieux en ce moment. Je n'ai presque plus de brisements ni de douleurs d'entrailles. J'espère que l'irritation cessant, la fièvre cessera aussi. Je viens de prendre un peu l'air en voiture. Cette promenade m'a fait du bien. Cependant je suis très faible, n'ayant pas mangé depuis cinq jours. Ne soyez pas le moins du monde inquiète; dans quelques jours je serai rétabli. La certitude de votre convalescence y aidera beaucoup.

J'espère que vous ne larderez pas à revoir M. Clément, et que j«! le trouverai près de vous à mon arrivée. J'espère que lépoque n'en sera point retardée, et que la lièvre m'aura quitté avant le 27. C'est ce jour-là que je dois me rendre à Semur, pour en repartir le lendemain malin. Ce fpii me contrarierait le plus dans ma maladie, ce s(M-ait rjii'ellc nie retint ])liis longtemps éloigné de vous. Votre bien dévoué.

Samodi 2:i ^.

Je n'ai puinl nicdri- ((lif! de vus Icllrcs qui a (\ù arriver hier à Arnav. La niirnuc du nuinc jour i\\\r vons rcccvrc/. ce matin vous

1. TimliH! postal: Al nay-lo-!)iir, 20 siiilfiiil)re IKllT. N" U du iiis. AiJresse : M"'" Z. Clcnifiil, nir d'Alf,'cr, 12.

2. Tiniliff [lostal : Arnny-lc-I)uc, 22 Hi'i.l.iniirr ls:n. N" 4!) du iiix. Adresse : M"" Z. Clémi-iil. rue d'Alj<(;r, 12.

:». Timiire (loslui : Ar^iay-le-Diic, 211 sridi-mbrc WM. N* H du mis. M'"" Z. f.lriiii'ul, nie d'AI(,'iT, 12.

tranquillisera sans doute. La nuit a été bonne, je me crois tout à fait délivré de la fièvre. J^ai recommencé à manger un peu, et j espère être en état, sous deux ou trois jours, de reprendre mon régime ordinaire. Il ne me reste que rébranlemenl d'une si rade secousse, hllo n a pas été le résultat des courses auxquelles vous l'attribuez et qui m auraient au contraire fait du bien en toute autre circonstance II y a trois mois que cette espèce de crise se préparait sourdement. Entin m en voila quitte, et, grâce à Dieu, nous nous retrouverons l'un et l autre mieux portants que lorsque nous nous sommes sépares

.Te viens de m'apercevoir que votre dernière lettre étant du 21, je ne puis recevoir la suivante que ce soir assez tard ou demain matin.

Il est maintenant onze heures; je vais prendre quelque chose, puis monter en voiture pour profiter d'un temps superbe et qui parait devoir durer. Je m'en réjouis pour vous surtout, car ce m est une sécurité de plus contre le retour de la fièvre dont vous avez tant souffert. J'embrasse mon petit Charles, et suis tout à vous du fond de mon

cœur. ^ •

Dimanche 24 '.

Dans une heure j'accompagnerai M- Charapy à Arnay où je laisserai celte lettre à la poste, et où je prendrai la vûtre du 22. b. elle exigeait absolument une réponse immédiate, ce que je ne présume pas, Je vous écrirais de Musigny, où nous irons en sortant d Arnay. Quo.que e ne sois pas encore dans mon état ordinaire de santé, je regarde ma maladie cime fuie; le temps et un bon régime feront le reste ^ous avons depuis deux jours un vent très fro.d, qu, ™ '"^"^f ™' P™ vous, si je ne comptais sur la promesse que vous m avez fdUe d ev.t.r soigneusement toute imprudence. L'année sera dure, maussade et ma saiL jusqu'à la fin. Espérons que la prochaine ne lu, ressemblera pas

eue pourrai probablement pas vous écrire demain devant coucher a Musignv, où je ne serai guère à moi-même. Ne m'écr.vez p us voosmêm? après mardi; je ne pourra.s recevoir vos lettres, partan pour ^emur le 27, avant que le courrier de la veille puisse être apport .c . Dans le cas ùès peu probable où je croirais à propos pour ma santé de retarder mon départ, vous en seriez prévenue à temps, ma.s je compte bien vous revoir dans cinq jours. On m'appelle - à bientôt. Mille tendresses respectueuses. F. L.

Lundi 2j - (sepleiiibri; i&'i'i)-

Je reçus hier au soir vos deux lettres du ^22 et du 23. Que vous êtes bonne de vous être tant occupée de moi, mais combien je regrette en

,. Timbre poslal : Arnay-lc-i)t.c, 24 .eplemhre 1837. N" 4S du ms. Adresse : \l"'- Z. Clément, rue d'Alger. 12. Lamennais. Mais

.^l.;;„t,;:.^' % ":;;:i;e îst z:::i :ï.;^'^ -.n,. .. ...,., ,.

même temps que vous vous en soyez si tourmentée ! Mon état n'a jamais eu rien de dangereux, et maintenant la crise est tout à fait passée. Plus de fièvre, plus de tranchées. Seulement, je sens bien que j'aurai besoin pendant un certain temps d'un régime approprié, qui détruise peu à peu ou qui aflfaiblisse au moins la cause primitive de la maladie. Ce soir je retourne au Faîte, j'y passerai la journée de demain, et le 27 M™'' Champy me conduira jusqu'à Semur, où nous coucherons. Le lendemain à huit heures je monterai en voiture, et vendredi à quatre ou cinq heures j'arriverai à l'hôtel des Messageries Laffitte, rue Saint-Honoré, 150, et une demi-heure après je vous redirai de vive voix avec quel tendre dévouement je vous suis et vous serai toujours attaché. p L

Au Faite, 26 septembre i.

Je vous écrivis hier quelques mots de Musigny, et le soir je reçus votre lettre du 2i. Celle-ci est la dernière que je vous écrirai. Vous la recevrez le jour même où je monterai en voiture pour vous aller rejoindre, et le lendemain je serai moi-même mon propre courrier. Croyez que je sens vivement tout (;e que vous voulez bien me dire de bon et d'aflfectueux à ce sujet. J'ai été charmé d'apprendre que vous profitiez des beaux jours que nous avions de fois à autre pour faire quelques promenades en voiture. Je suis persuadé qu'elles vous feront du bien. Pour moi un régime convenable achèvera de me rétablir. Ne soyez pas inquiète de la roule; elle n'aura de fatigant que la nuit, et une nuit est bientôt passée.

La diligence que je prendrai à Seuiur est celle de Dijon.

.\ bientôt; votre tout dévoué. p j

.II' me li'uiiiit;iis, cclli' Icllrc vous par\ ii'ndra le 27, c'cst-ii-dire le jour (|f iiion (l(''i»;irl il ici, ri non pas d(; S(;nuir'.

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