‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 9 sur 37 · IB · texte numérisé non relu

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amitiés à. M. Clément. J'embrasse tendrement Charles. Tout à vous de

cœur et à jamais.

Au Faîte, le 12 septembre 183"'.

En revenant hier au soir d'Autun je trouvai votre lettre du 9 et du 10 à Arnay. C'est aujourd'hui que vous avez di\ partir pour Rouen, et j'en suis charmé, car le temps est superbe, et tout annonce qu'il durera. Je suis convaincu que ce voyage vous fera beaucoup de bien ainsi qu'à Charles. Dans une quinzaine de jours, nous nous retrouverons à Paris, ce qui me sera une grande joie. Vous avez, je crois, parfaitement fait de vous en tenir au petit hôtel de la rue Marbœuf. Il est de la grandeur qu'il vous le fallait, bien distribué, en bon air, et à une distance de tout qui certainement n'a, quoi qu'on vous ait dit, rien d'incommode. Si, comme je l'espère, vous vous y trouvez bien, et M. Clément aussi, je m'y trouverai pour moi à merveille. Il me tarde que nous y soyons établis, afin d'être près de vous, et de me remettre à mon travail qui est fort en retard. Je vous parlerai de mon voyage d'Autun dans une autre lettre. On me presse de donner celle-ci, parce qu'on va partir pour Arnay. Je n'irai probablement pas à Dijon. Cela prendrait trop de temps. Vers le 22 nous irons voir un lieu qui se nomme Sainte- Reine et quelques autres dans les environs. Le 27 nous coucherons à Semur, d'où je partirai le lendemain, et le 29 je serai à Paris. Comptez-y certainement à moins de quelque événement tout à fait inattendu. Au reste, je vous écrirai plus d'une fois dans l'intervalle.

Une partie de notre société nous quitte jeudi pour aller à Genève, et de là au Mont-Blanc. Ils ne doivent être que dix ou douze jours dans leur excursion. C'est bien court, à ce qu'il me semble. N'oubliez pas ma recommandation de vous bien préserver du froid. On a dû nettoyer ma chambre de ces malheureuses punaises. Si je n'ai pas à les craindre, j'occuperai jusqu'au 15 mon petit logement où j'ai mon papier, mes elTets, où j'aurai plusieurs dispositions à prendre : sinon j'occuperai le lit que vous voulez bien me proposer. Je pense qu'Alexis est toujours avec Auguste à Sans-Souci. Je vous prierai de lui faire dire d'être à Paris le 28 ou le 29. Adieu, on me presse; mille tendresses et mille

respects. J'embrasse Charles,

* Votre lettre du 12 arrive à temps pour empêcher que l'incluse aille au Havre. J'attendrai la prochaine avec anxiété. Mon Dieu, quand donc

1. N" 51 du ni3. D'abord adressée : Poste restante au Havre, puis rue d'Alger, 12, à M""" Z. Clément.

2. N" 52 du ms. Simple billet sans signature ni date. Le timbre postal porte : Arnay-le-Duc, 14 septembre 1837.

MAHECHAL.

ceSserez-vous de souffrir! Je n'ai qu'un instant. Demain je vous écrirai plus longuement. Je n'ai adressé qu'une seule lettre au Havre. Il pleut à verse, et le vent est très fort. Adieu encore une fois. Que je sache exactement de vos nouvelles.

Au Faite, le 16 septembre 1837 1.

Hier au soir, à huit heures, un commissionnaire qu'on avait eu la complaisance d'envoyer à Arnay pour cela, en rapporta la lettre que j'attendais si impatiemment. Je remercie' mon bien-aimé petit Charles' de m'avoir écrit et de vous avoir empêché de m'écrire. Mon Dieu, combien j'ai souffert en voyant tout ce que vous avez soufïert vousmême! J'espère que le sulfate de quinine aura prévenu un second accès, ou que du moins il aura été beaucoup plus faible. Vous devez l'être extrêmement après une pareille épreuve. Il ne faut plus, quoiqu'il arrive, songer au voyage du Havre pour cette année. Ce serait une trop grande imprudence que de vous exposer au froid et à l'humidité dans la saison avancée où nous voilà. Nous avons ici de la pluie tous les jours, et du feu comme en hiver. Quand la fièvre vous aura quittée, vous aurez besoin pour en prévenir le retour, de soins et de ménagements extrêmes. Ne vous fatiguez point à m'écrire : Charles continuera de m'envoyer le bulletin de chaque jour. Je ferai prendre celui du 15 au soir à Arnay. M. Clément est-il près de vous?

Ma place est arrêtée pour le 2(S à, la diligence qui passe à Semur. J'arriverai à Paris le 29 à quatre ou cinq heures du soir. Faites-moi le plaisir de m'envoyer prendre aux messageries Lafitte, rue Saint- H(jnoré, l'iO. Si vous n'alliez pas mieux, je hâterais mon départ, en m'arrangeant toutefois de manière que vous soyez prévenue du jour. Vous savez que je vous ai écrit une fois au Havre. Nous nous occuperons à mon arrivée de nos arrangements de la rue Marbœuf. L'air y est bon, aucun bruil ne vous fatiguera, el vous y serez à tous égards beauioiip iiiieiix (|u"oii vous êtes niuiiilen;int.

Je ne saur;iis aujourd'hui vous jtarler d'autre chose que de voire santé el (h- vous, car j(! uc saurais penser à autre chose, dans l'état de sonlfrance on vous \uiis Irouvez. Adieu doue, et toni ;i vous de cceur.

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