‹ Un correspondant inconnu de LamennaisChapitre 6 sur 37 · N" 12 du ms · texte numérisé non relu

N" 12 du ms

6. N" 61 du ms. Adresse : M""^^ Z. Clément, rue Royale, 71, Amiens.

Après avoir mangé, le silence nest pas si nécessaire, à beaucoup près. Ne vous exposez point à la fatigue de la route, avant que Tébranlement ne soit tout à fait calmé. Je vous conseille ici contre moi, car j'ai un vif désir de vous revoir. Le temps humide et froid que nous n avons pas cessé d'avoir depuis votre départ a dû contribuer aussi à vos souffrances. Les personnes les plus fortes en sont indisposées. J'espère qu'une plus douce température vous rendra le retour moins rude que l'aller.

Veuillez dire à Madame votre sœur combien je suis touché de ses bontés. Je les dois à celles dont vous m'honorez, et c'est, parmi tant d'autres, un motif de reconnaissance de plus.

M. Clément vint m'annoncer, le surlendemain de votre départ, votre heureuse arrivée à Amiens. J'irai le remercier aujourd'hui de cette attention aimable.

J'embrasse notre cher petit Charles. Et moi aussi je serai heureux le

jour où, plus rapprochés encore, nous pourrons habiter sous le même

toit. Mille tendresses respectueuses.

F. Lamennais.

Paris, 24 mai 1837.

• J'eus le plaisir de voir hier M. Clément; je le trouvai bien de santé, et tout joyeux de l'espérance de vous revoir bientôt. H eut la bonté de souscrire pour nos pauvres amnistiés. Le temps que nous avons nous menace, pour l'an prochain, de misères plus grandes encore. La perspective de ce triste avenir formera un étrange contraste avec les fêtes somptueuses qu'on prépare.

Mon parti est pris de quitter le Monde; seulement il serait possible que je fusse contraint d'y rester encore jusqu'au 10 juin. Mais déjà, je n'y suis plus que d'une manière, pour ainsi dire, purement matérielle. Je vous raconterai les dét.iils à votre retour. Ce que vous me dites à ce sujet est d'une justesse parfaite. Les acliounaires sont désolés à cause de leur argent. .Mais rju'y puis-je faire?

Si vous n'étiez pas près de Madame votre sœur, il n'y aurait point de vie plus triste (jue celle que vous menez i\ .\miens, sans pouvoir sortir, el grelottant au <i)in de votre feu, à la (in de mai. M. Clément m'a dit (|ue le pauvre Charles s'ennuyait beaucoup en Picardie. Vraim(;nt, je le crois bien. Uevenez-nous vite tous deux, et en bonne sauté. (]e nous sera une annonce du printemps. L(^ mot de; votre préfet est odieux. Kl ce sont là les hommes sur (|ui l'on comptait, les coryphées, les rhefs du parti national, comme il s'appelait! l'igoïsme, envie, cupidité, sordide intérêt, badigeonné de patriotisme.

On miiiteiTom|)l. Adieu, .je vous (|iiille. mais pour jxMiser enrore à vous. L.

l N' r.l ilii n\'-. Adri'-'Hc : .M"" Ciiini'ni. Il, iii<: Hnyalc, Atnirtis.

' Mille remerciements de votre petit billet. Je suis heureux en parlant de savoir que vous êtes mieux. Gardez-vous de toute imprudence. L'hôtel des Champs-Elysées me conviendra parfaitement s'il vous convient. Mille tendresses respectueuses.

Trémignon, 23 juin 1837.

2 Me voici chez ma sœur, après avoir passé quatre jours chez la personne que j'étais venu voir. Je repartirai d'ici dimanche, suivant mon projet; et si, comme je l'espère beaucoup, je puis éviter de passer une nuit à Caen, j'arriverai à Paris mardi au soir. Je prends la liberté de joindre à cette lettre un mot pour mon jeune homme, afin qu'il se trouve à la maison et se prépare à me recevoir. Veuillez avoir la complaisance de lui faire remettre ce petit billet. J'aime à penser que vous aurez profité du beau temps pour faire quelques promenades; c'est le meilleur moyen de conserver et d'augmenter vos forces. Il n'y a pomt de remèdes qui vaillent le mouvement et le grand air. Pour moi je suis très fatigué, et je le serai encore plus après les deux dernières nuits passées en voiture; mais cette fatigue passera, et je me trouverai mieux après. Mes souvenirs atïectueux à M. Clément et à Charles. Je me réjouis dans l'espérance de vous revoir bientôt. Agréez l'expression de mon tendre respect et de mon dévouement.

Je reçois à l'instant votre si bonne et si tendre lettre du 17. Je regrette extrêmement que vous ne me disiez rien de votre santé, quoique j'aime à conclure de votre silence que vous n'en êtes pas trop mécontente. Ce que vous me dites de celle de M- votre mère me fait bien plaisir. Je compterai les jours jusqu'à celui où je vous reverrai, et heureusement je ne les compterai pas longtemps désormais. Ce m'est une véritable joie de penser qu'au commencement du mois prochain nous serons bien tranquilles dans votre petit château, avec Charles et M. Clément, qui y trouvera, j'espère, des occupations de son goût. Vous y serez de toutes manières, bien mieux qu'à Paris, où vous ne pouvez guère faire d'exercice. Mercredi nous causerons de toutes ces choses. Je vous remercie beaucoup de l'intérêt que vous voulez bien prendre à Jacques. Il est assez soigneux et très fidèle, deux bonnes et rares qualités. Adieu, tout à vous de cœur.

Au Faite, le T" septembre 1S37.

« Vos lettres de mardi et de mercredi, et surtout la dernière, m'ont tranquillisé beaucoup. Je vous remercie mille fois de m'avoir tire de

i. Simple billet sans date. N° 16 du ms.

Page 1