SCÈNE QUATRIEME il
MONSIErn, s'approohaiit d'elle.
MADAME
Eh bien, allez!... Battez-moi!
MONSIEUR, stupéfait.
MADAME
Mais battez-moi donc !
MONSIEUR
Qu"est-ce qui vous en empêche? Vous êtes le plus fort... Vous êtes le maître... Oh! n'ayez pas peur! je ne me défendrai pas!
MONSIEUR
Là encore, Monsieur pourrait parler, mais que dirait-il? Le mieux est de s'en aller. C'est ce qu'il va faire; il se dirige vers la porte.
MADAME
Ah! vous renoncez à me battre"^... Vous craignez peut-être que je n'appelle à mon secours?...
MONSIEUR, revenant sur ses pas.
Vous avez tort. J'ai la pudeur du foyer domestique, moi! Je ne suis pas de ces femmes qui font bon marché du scandale et pour qui toute honte est profit.
MONSIEUR, va pour répondre, mais il se contient et regarde sa femme silencieusement.
12 UN CHANE SÛUS UNE TEMPETE
MADAME, répétant.
Profit!
MONSIEUR lève les yeux aux plafond.
MADAME, furieuse.
Ne le savez-vous pas?
MONSIEUR, toujours silencieux, va prendre son journal et s'assied devant la chemines.
Ah ! VOUS persistez à ne pas répondre?. . . Vous lisez votre journal?... C'est un moyen commode pour se tirer d'affaire... (Elle s'approcha de lui.) Il v a des hommes qui auraient à cœur de se justifier; qui, voyant leur femme souffrante, malheureuse, tourmentée — à tort, peutêtre, mais Lien cruellement! — voudraient la rassurer par un mot affectueux, par un geste amical, par un regard compatissant... Est-ce donc si difficile d'avoir un peu de pitié pour ceux qui vous aiment?
MONSIEUR, ému, laisse tomber son journal.
Car, enfin, qu'est-ce que je te demande, moi? de me dire tout simplement où tu es allé en sortant de ce banquet, — si vraiment il a eu lieu....
MONSIEUR, vivement.
MADAME
Oui... c'est bien .. j'admets qu'il ait eu lieu. Tu