‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 19 sur 106 · Génie du Christianisme · texte numérisé non relu

Génie du Christianisme

chain d'une destruction pénible pour les vivants, inconvenante pour les morts, irrespectueuse pour l'Église?

Toutes ces raisons demeurèrent vaines : le transfert fut opéré dans un jardin de l'hôpital Saint- Louis et il coûta une très forte somme à la ville * . Il suffisait d'entendre les applaudissements des uns, de voir la tristesse des autres, pour comprendre quel esprit avait inspiré cette mesure, quels sentiments dictaient ces regrets.

Quiblàmera l'abbé de Talliouët d'avoir reconnu dans ces tendances « philosophiques », répandues dans toute la France, les signes précurseurs de la Révolution ? Sans doute, il n'eût jamais pu deviner les excès prochains , ni les bouleversements sociaux dont il allait devenir lui-môme une des victimes ; mais son expérience savait reconnaître, dans les maximes impies et les mœurs dissolues, les marques trop certaines de la décadence d'une nation. Aussi demeurait-il grave et inquiet.

Les événements politiques précipitaient , au reste, la catastrophe, et l'année 1789, qui se levait au milieu de tant de cris d'espéraUce, allait répondre logiquement à tout ce qu'avaient préparé, depuis un demi- siècle, l'audace des incrédules, l'orgueil des parlementaires, l'immoralité de la cour, la faiblesse de la royauté.

1. Le sommai, l'éveché de Vannes accorda sa permission. Le Parlement de Rennes avait, au reste, défendu de faire servir le terrain de l'ancien cimetière à aucun usage pro-' fane pendant cinq ans.

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