Lettre à Mme de Langlé, 21 janvier
prouve le renvoi des sœurs de Charité des hôpitaux d'flennebont, qui seront, à la diligence de la municipalité et du conseil général delà commune, remplacées par les sujets qu'ils choisiront. »
Quand cette odieuse mesure, qui frappait sans doute les religieuses, mais atteignait surtout les malades et les malheureux, eut été prise, ce fut Mme de Langle qui recueillit les sœurs jetées dans la rue ; elle leur ouvrit sa propre maison sans calculer les dangers qu'elle attirait sur elle-même et le respect qui les environnait encore les unes et les autres ne permit pas qu'elles fussent privées de cette chrétienne hospitalité.
Pendant que sa sœur recevait les fugitives M. de Tal hou et allait recommencer sa vie errante et demander, lui aussi, asile à des cœurs compatissants. Nous suivons d'abord ses pas à Plumelec, puis à Calac, qui paraît avoir été un centre et le lieu d'asile des proscrits. « Le château de Câlac, écrivait-il, est très beau ; c'est le refuge de tous les prêtres du canton et des autres persécutés ; ce doit être celui de M. Le Franc quand il viendra ; c'est celui de l'abbé comte de Sérent. »
Pour occuper les longues heures de ces réclusions très peu volontaires et pour s'abstraire le plus possible des tristesses des événements, il travaillait. On le voit demander à sa sœur quelques livres de sa bibliothèque d'Hennebont : le Nouveau Testament, le Catéchisme du concile de Trente et plusieurs volumes de l'Histoire ecclésiastique de Fleury.
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et d'autre, on marchait vers la violence. Des arrestations arbitraires privaient les fidèles de leurs vrais pasteurs, les prisons se remplissaient.
« J'ai été ce matin dire la messe à Locmaria où un prêtre m'a dit des nouvelles qui m'affligent grandement : l'enlèvement de M. le recteur de Saint-Caradecet de quelques autres ecclésiastiques et leur transport à Groix \ Dieu soit béni! Mais on a voulu se soustraire à un prétendu despotisme ; nous voilà arrivés à un despotisme très véritable ^. »
Un nouvel attentat allait toucher plus directement le recteur d'IIennebont: le 17 janvier 1792, le directoire de Vannes prenaitun arrêté non moins injuste que beaucoup de ceux qu'il édictait depuis un an, mais dont les considérants méritent d'être retenus :
tt Vu la pétition du conseil général de la commune d'Hennebont ayant pour objet de demander . le renvoi des sœurs de la Charité des hôpitaux de leur ville, sur les raisons du bien public (??); vu l'avis conforme du directoire du district d'Hennebont ; vu aussi la requête de plusieurs citoyens de cette ville qui demandent la conservation des sœurs; le directe ire,prenant en considération les puissants motifs (??) contenus dans J a susdite pétition, ap-
1. L'île de Groix fut abandonnée comme prison et la citadelle de Port-Louis exclusivement réservée aux détenus religieux et politiques. Dès l'été de 1791, on y avait conduit M. de Keronyant, vicaire général, et une foule de prêtres.