‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 34 sur 106 · A Mme de Langle, 8 juin · texte numérisé non relu

A Mme de Langle, 8 juin

LA PERSÉCUTION RÉVOLUTIONNAIRK 161

les appelait a madame » et s'exprimait à la troisième personne sur son propre compte : « M. le recteur d'Hennebont a fait ceci, il a dit cela... » — Son courage ne l'abandonnait pas, sa modestie non plus : « La détention d'un homme comme moi, qui suis actuellement \m homme inutile au peuple du Seigneur, serait un très petit événement ^ »

Il fallut enfin quitter le toit hospitalier de Plumelec. Le 24 juin il partait à l'aventure pour éviter les perquisitions républicaines qui se multipliaient. De Persquen, il éci'ivit à sa sœur, et s'en fut porter son billet dans une poste du district de Vannes « en traversant une rivière ». Il reprit sa course fugitive, mais elle ne dura guère. Comme il était revenu à Plumelec chercher la sécurité d'une nuit de repos, précisément un détachement cerna le presbytère et arrêta tous les prêtres qui s'y trouvaient. Sur la liste de proscription, le nom de M. de Talhouët ne figurait pas ; mais on ne tint nul compte de sa protestation, il dut se joindre au convoi de prisonniers qui partait pour Josselin. Sur la route, il croisa une voiture où un salut de compassion lui révéla la présence d'une personne amie : c'était Mme de Botdéru, de l'intimité de sa famille, qui allait pouvoir informer Mme de Langle de la triste nouvelle.

Après une nuit passée au cachot, M. de Talhouët renouvela sa protestation : il était légalement

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