‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 39 sur 106 · A Mme de Feydeau · texte numérisé non relu

A Mme de Feydeau

nous allons voir augmenter le nombre des habitants par le retour des écoliers de l'université, qu'on dit de plus de deux mille. Jusqu'à ce moment, les vingt et un Français, moi compris, avec lesquels j'ai voyagé, sont dispersés dans la ville. On parle de nous donner sous peu des logements dans les communautés. Un recteur très estimable de notre diocèse est mon compagnon de chambre.

Nous avons un cabinet où sont nos deux lits, et une assez jolie pièce pour nous servir de salle ; le prix de cette habitation est de onze livres dix sous par mois chacun, pour lesquelles on nous fournit aussi la lumière, la salade très en usage dans ce pays-ci, le sel, le poivre, l'huile, le vinaigre, et on nous accommode à manger ce que nous voulons acheter ailleurs; la personne qui nous loge est chargée de faire nos provisions.

« Que la paix règne dans notre pays, et si nous ne pouvons en jouir, que nous le sachions du moins, notre exil sera moins rigoureux. Les nouvelles de France ne parviennent presque pas ici. Ce que nous savons par les gazettes se réduit à quelques détails de petits combats entre les partis armés.

tt On nous avait représenté l'Espagne comme un pays chaud * ; jusqu'à présent nous le trouvons aussi froid que la France. Le pain y est très beau, le vin bon, la nourriture mauvaise pour des Fran-

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