‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 53 sur 106 · Transféré à Rochefort, il y mourut le 12 mai · texte numérisé non relu

Transféré à Rochefort, il y mourut le 12 mai

2, Le vicomte de Langle était un chrétien exemplaire. Sa mort (en 1791) ne fut pas subite, mais imprévue. — Une nuit, au château de Kerfrézec, il fut terrassé par un mal soudain. Il demanda son confesseur. Mme de Langle, croyant à une simple indisposition, lui fit remarquer l'heure avancée et lui représenta qu'il serait préférable d'attendre le matin. Il y consentit et se mit en prières. Quand le jour vint, sa femme voulut faire envoyer chercher prêtre et médecin ; mais il répondit avec le plus grand calme ; « Maintenant, il est trop tard. » Quelques instants après il n'était plus, — Combien ne faut-il pas avoir la conscience en paix, se sentant mourir, pour ne pas faire venir un prêtre, afin de ne pas déranger de son sommeil un domestique?

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mesiiques, et, accompagnée de sa fille Henriette, elle se rendit à Hennebont. Pourquoi ne fut-elle jamais traduite devant le tribunal? Est-ce l'inanité des charges de l'accusation ou l'oubli volontaire de quelque juge compatissant ? Elle demeura enfermée dans l'ancienne communauté des Dames Ursulines, puis au couvent des Carmes. Sa détention dura deux ans, dans les angoisses les plus vives et dans les privations matérielles les plus dures, au milieu des rigueurs du froid, parfois sans nourriture. Sa fille l'aidait à supporter chrétiennement ces souffrances avec une inaltérable sérénité, multipliant toutes les ressources de son esprit et de son cœur dans ce rôle d'ange consolateur. Elle avait si bien réussi dans cette tâche de piété filiale qu'elle y puisa la vocation de l'apostolat, et quand, après la chute de Robespierre, la vicomtesse de Langle futrelaxée, Henriette, mise en rapport avec les prêtres détenus sur les pontons de Lorient, continua auprès d'eux, avec une ardeur et une adresse touchantes, le ministère de charité dont elle avait appris à connaître les périls et à apprécier les jouissances dans les prisons d'Henncbont.

Les tristesses de Quiberon rapprochèrent un moment les deux familles de Mme de Talhouët qui, veuve, pleurant un fils, avec un enfant malade et quatre autres en bas âge, avait vu vendre sa terre et son château' et fuyait sans asile, presque

1. T.e Leslé fut vendu révolutionnairement le 24 octobre 1793. Nous donnons, aux Pièces justificatives, le pro-

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sans pain. A la fin de 1795, la dispersion fut complète : la comtesse de Talhouët se réfugia à Nantes, dans sa famille*; Mme de Feydeau, au Plessis, près Quimperlé; Mme deLangle, à Kerfrézec, près d'Hennebont ; Mme de Bocozel, à Sarzeau ; Mme de Gouandour, à Keredren, près d'Auray.

Et l'abbé de Talhouët vivait proscrit à deux cents lieues de tous les siens, ne se faisant aucune illusion, ne s'en étant jamais fait, sur la longueur de son exil :

« Quand pourrai-je encore manger un morceau de pain avec ma famille? Depuis que je suis en Espagne, j'espère toujours que ce moment viendra. Mais je ne l'ai jamais vu aussi prochain que bien d'autres. Mes craintes ont été vérifiées. Puisse le Seigneur vérifier mes espérances^ ! »

cès-verbal de l'adjudication, comme un document curieux, caractérisant ces sortes de vente.

1, Je trouve son adresse sur une lettre de l'abbé de Talhouët : « Chez M. Rousseau Saint-Agnan, rue Cailus, à Nantes, par Bordeaux. »

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