L'abbé de Talhouët avait bien le droit de réclamer
De nouvelles instances, quelques exemples, ne firent pas dévier sa ligne de conduite : il craignait que son ministère paroissial ne fût entravé et répugnait à ce qu'il appelait, peut-être par une délicatesse excessive, « un mensonge journalier ». 11 voulait une situation nette et digne, et attendait « que les colonels soient revenus à leur place. Alors les subalternes iraient avec plaisir reprendre la leur, fallût-il, avec le secours du grand maître, mourir à son poste. Laissons donc dire, puisque vous l'entendez sans cesse : pourquoi M. le recteur ne revient- il pas? — Hélas! il le désire comme vous qui le dites, mais il doute si cette démarche serait bonne M »
Il était bien de l'école de son collègue et bon ami le recteur de Bignan :
« D'autres traversant l'Océan se sont expatriés sans ressources, aimant mieux servir Dieu que l'homme,
« Aimant mieux manger, la conscience tran-
contre cette qualité d'émigré qu'on lui attribuait à tort pour lui en faire supporter toutes les charges pénibles et onéreuses. 11 ne l'était pas, puisqu'il avait dû quitter la France contraint et forcé à la suite d'un décret de déportation; et cependant, officiellement on le rangeait dans cette catégorie. On lit en effet dans la Liste génén^ale des émigrés de toute la République (l^"^ supplément, à Paris, de l'imprimerie des Domaines nationaux, an II) : « Vincent-Marie-David Talhouët; surnom : La Grationais, ex-curé; domicilié à Hennebont, Morbihan. Émigration constatée par arrêté ou liste du département en date du 26 pluviôse an II (14 février 1794). »