‹ Un curé d'autrefois [microform]Chapitre 6 sur 106 · Keredren, près de Questemhert · texte numérisé non relu

Keredren, près de Questemhert

Boishorand, près de Sixt, proche de Redon.

Bonamour, de la paroisse de Trévé, près de Quentin,

dans l'ancien duché de Rohan, Sévérac, entre la Roche-Bernard et Redon.

Grationnaye, près de Rochefort-en-Terre.

Avec sa vieille abbaye bénédictine, son église en rotonde de Sainte-Croix, sa haute tour de Notre- Dame, dont la masse carrée domine les alentours, elle préside, fière et coquette, à l'évolution des bateaux dans son petit port.

Les moines qui furent ses fondateurs et demeurèrent si longtemps ses bienfaiteurs et ses mailres, y ont laissé l'empreinte d'une vie paisible et douce. On retrouve leurs traces à chaque pas.

Les bâtiments conventuels et le cloître donnent aujourd'hui l'hospitalité, dans un côte-à-côte assez singulier, à l'hôtel de ville, à la préfecture, au presbytère, à la gendarmerie et au parquet. Le moulin se trouvait, il y a un siècle, celui de l'ab baye ; le pont en était la porte crénelée ; les vieux arbres de la « place Royale » , où se rencontrent maintenant les enfants et les flâneurs, donnaient déjà leur ombre aux hôtes de jadis quand ils pénétraient dans la cour d'honneur; à l'hôtel du « Lion d'Or », le plus modeste voyageur peut s'accorder la satisfaction de penser qu'il repose dans les chambres lambrissées de l'ancienne maison abbatiale *, et ses rêves lui en semblent peut-être plus doux.

De Quimperlé à la mer coule la Laita, formée au nord de la ville par deux petites rivières, l'Ellé et l'Isole, sorties des montagnes Noires. Rien n'est plus pittoresque que les vallées de ces ruisseaux, et l'on comprend que la poésie se soit plu à décorer

1. Il y eut 31 abbés réguliers et 11 abbés commenda- , taires ; ce fut pour ces derniers que l'on construisit le palais; parmi eux il faut citer le cardinal de Retz.

de mille légendes leurs bords fleuris et leurs eaux profondes.

... Car sans cesse on ne voit et l'on n'entend chez nous

Qu'eaux vives et ruisseaux et bruyantes rivières ;

Des fontaines partout dorment sous les bruyères :

C'est le Scorff tout barré de moulins, de filets,

C'est le Blavettout noir au milieu des forêts,

L'Ellé plein de saumons et son frère l'Isole,

De Scaer à Kemperlé coulant de saule en saule,

Et de là, pour aller ensemble à Lo'Théa,

Formant de leurs beaux noms le doux nom de Léta K

Rarement, plus qu'en ces beaux lieux, l'âme éprouve l'impression du calme et goûte le charme reposant de la nature, qu'il est plus facile de ressentir que de dépeindre.

Au printemps, au pied des bouquets de noisetiers, bordés de pommiers roses, les nénufars arrêtent ces eaux limpides et les enserrent entre deux rives gazonnées.

A l'automne, les mouettes frileuses, remontant de l'Océan^ viennent chercher l'abri de ces collines boisées, et tantôt, dans un vol silencieux, rasent, de leurs plumes blanches, les futaies de Carnoët et les terrasses de Keblin ; tantôt, les ailes repliées, se laissent bercer mollement à la dérive, par le flot tranquille, vers la haute mer.

Quand vient l'hiver, les frimas poudrent la tête des tilleuls de la Grande-Place, le givre, en s' accrochant aux fûts élancés des peupliers, allume le long des eaux une double rangée de colonnes d'al-

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