‹ Un début à l'opéra;Chapitre 15 sur 25 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

Qu'est-ce que Desgrieux? Un escroc. Et Manon Lescaut? Une fille. Et Turcaret? Un grotesque sinistre. Et Gil Blas? Un aventurier. Et l'histoire de René? Celle des amours du frère et de la sœur. Et celle de Colomba? La justification de la vengeance. Et quels vices, quelles infamies, quels misérables, quelles mauvaises gens, quels lâches gredins, grouillent dans l'œuvre colossale et magnifique de Balzac!

Je sais bien qu'on m'opposera Virgile, Fénelon, Bernardin de Saint-Pierre, Walter Scott et d'autres encore. Qu'importe! D'abord, quant à Fénelon, je le renvoie à Bossu et. Quant à Virgile, j'aurais bien des choses à dire sur le compte de sa Didon. Et, quant à Walter Scott, malgré l'admiration que j'ai pour ce père des historiens romanciers, je ne le proposerai jamais pour modèle, car je le trouve par trop complaisant pour les mœurs du moyen âge. Il ne choque pas les bienséances, cela est vrai ; mais il choque la vérité, l'histoire, la justice. Ses templiers et ses hauts barons, comme le fait très-justement observer M. Miclielet% sont de bien pâles images devant la réalité. Quoi! le mal aura régné si longtemps, il aura fait tant de victimes, et, de peur de choquer /^5 âmes sensihlesy nous n'oserons le démasquer? Et nous nous exercerons à le farder? Il n'est ni juste ni moral que les méchants qui ont joui d'une horrible impu-

* La Sorcière.

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