CHAPITRE
liouise^ s'appuyant sur le bras d'Aristidei marcha 4f]9oementver8 M. Riquemont.
— Vous voyez, Monsieur, dil-elle à Savenay, que moa mari est amateur de beaux chevaux ; et le vôtre est en effet superbe, ajouta la jeune femme en caressant de sa petite main le poitrail du noble anima! qui releva la tête avec orgueil.
M. Savenay salua M. Riquemont.
— Monsieur, lui dit le châtelain, je suis fou des belles bétes, et vous me voyez enchanté de faire votre connaissance.
M. Savenay salua de nouveau ; puis, après avoir tenu, durant quelques instants, sous son regard madame Riquemont, son mari et le docteur Herbeau, il priiTaisance habituelle de Thomme qui sait à quoi s'en tenir sur les choses et sur les personnes au milieu desquelles il se trouve engagé.
. — £h bien ! papa, s'écria M. Riquepont, que voua ensemble? voilà ce que nous appelons un cheval! A la bonne heure! c'est beau, c'est vaillant, c'est bien attaché, ça fait honneur à son cavalier. Maia qu'est-ce, je vous prie, que votre Qolette? Une oie, docteur, une oie bridée, qui n'est pas digne de eirei les sabots que voici.
Un garçon de charrue, qui vint prendre le cheva) de M. Savenay pour le conduire à l'écurie, sauva le pauvre Aristide des spirituelles railleries de son hôte* Au même instant, une grosse fille de cuisine ayant erié du haut du perron que le déjeuner était servi, tous quatre marchèrent vers le. château, Louise tou? jours appuyée sur le bras de son fidèle rhevalier, et
56 LE DOCTEUR UERBEAU.
M. Savenay s'entretenantavecM. Riquemoat deVéducation des cbevauxavec un intérêt et une intelligence qui enchantaient le campagnard et qui eussent fait honneur à un grand prix de New-Market.
Arrivée dans le salon, Louise, épuisée par la marche et par le grand air, se laissa tomber dans une bergère ; sa pâleur était livide et sa respiration étouffée.
— Gène sera rien, ditM. Riquemont; cet état la prend dix fois par jour : pas vrai, Louison ? Au reste, Messieurs, ajouta-t-il en passant dans la salle à manger, c'est votre affaire, je vais à la mienne
Aristide cherchait à ranimer Louise. Debout et silencieux, Savenay attachait sur elle un regard profond et rêveur.
— C'est une syncope occasionnée par l'affaissement du système général, dit Aristide d'une voix solennelle ; le pouls est imperceptible et la prostration complète.
— Ce n'est rien, ce n'est rien, dit Louise reprenant ses sens , un peu de fatigue^ voilà tout. Messieurs, oubliez-moi ; je suis mieux, beaucoup mieux, répéta-t-elle encore.
En cherchant Savenay qu'elle n'apercevait pas, ses yeux rencontrèrent le regard scrutateur que le jeune homme avait rivé sur elle : une légère teinte rosée colora la pâleur de ses joues.
Aristide était passé dans la salle à manger, afin de laisser au jeune docteur la liberté d'interroger le sujet et le loisir d'étudier le mal. Le jeune homme s'approcha et prit une des mains de Louise dans les