CHAPITRE III. Si
jusqu'à sa maison, et là, au milieu de ses amis, assis auprès de son épouse, Aristide raconta tous les dé* taiis de cette journée si glorieuse pour sa maison. Toutefois il eut soin d/omettre l'épisode de Vénus endormie. On buta la conservation de sa clientèle^ à l'avenir de Célestin, à la beauté de madame Herbeau, à Textinction de tous les docteurs de la Faculté de médecine de Paris. On s'enivra d'orgueil, de houblon et d'orge fermentée, et cette réunion charmante se prolongea bien avant dans la nuit, c'est-à-dire jusqu'à neuf heures et demie, heure à laquelle tout repose et tout dort dans la cité de Saint-Léonard.
Certes, et qui pourrait le nier? ce jour fut un grand jour dans la vie du docteur Herbeau, un de ces jours radieux qui suffisent à illuminer toute une existence, jour trois fois grand, trois fois heureux, qui vit ceK aimable vieillard triompher des embûches de ses ennemis, consolidersapuissance et sa gloire, et, pour nous servir de son langage familier, tresser aux palmes de la science quelques brins de myrte dérobés aux bosquets amoureux; mais, quoi qu'on dise, les jours de fête ont rarement un beau lendemain, et celui-là n'eut pas même une belle nuit.