CHAPITRE III
Tout dormait à Saint-Léonard ; Adélaïde veillait seule. Engourdies par l'anxiété de ces derniers jours,
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les vipères de la jalousie venaient de se réveiller et se tortillaient dans son sein. A la lueur de la lampe qui éclairait encore le sanctuaire conjugal^ elle observait d'un œil inquiet le sommeil de son époux, et se demandait si c'était bien là le sommeil du juste. Instincts de la femme jalouse, qui pourra vous tromper jamais ! La tête d'Aristide s'était creusé un nid dans l'oreiller, dont les bords relevés encadraient cet honnête visage. Ses lèvres demi-closes souriaient: le front semblait illuminé moins par l'éclat de la lampe que par le rayonnement d'une âme immaculée ; le nez, plein de quiétude et de majesté, égayait d'une douce harmonie le silence profond de l'alcôve. Seigneur, si ce n'était en effet le sommeil du juste, comment donc les justes dorment-ils? Mais tant de calme et de sérénité, loin d'obtenir grâce aux yeux d'Adélaïde, ne faisaient qu'irriter son humeur : le jour, elle pleurait son époux infidèle, et n'avait pas, la nuit, les profits du remords.
Ce n'était pas la première fois qu'Adélaïde veillait ainsi, la défiance au cœur. Il y avait longtemps que ses soupçons rôdaient autour du château de Riquemont. L'assiduité d'Aristide auprès de madame Riquemont, la jeunesse de Louise, ses grâces et sa beauté souffrante, troublaient depuis longtemps la sécurité de l'épouse. Elle avait observé qu'Aristide, toutes les fois qu'il allait au château^ ne revenait jamais sans une fleur à sa boutonnière* Un jour, elle avait trouvé dans un des arçons de sa selle un gros bouquet de vergissmeinnicbt ; un autre jour, dans la
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poche de son gilet, une lettre de Louise qui prodiguait au docteur les noms les plus tendres. Un jour enfin, elle Payait surpris écrivant dans le kiosque quelques couplets amoureux: c'étaient de petits vers adressés àlabergère Sylvanie, par lesquels Aristide implorait la fin de son martyre. On ne saurait imaginer tout ce que ces découvertes avaient soulevé de tempêtes dans rame d'Adélaïde. Toutefois, lorsqu'il s'était agi de la gloire de sa maison, Adélaïde, en vraie Romaine, avait crié tout beau à son cœur ; mais à présentque l'honneurétaît sauf etqueRiquemont restait à la clientèle du docteur Herbeau, elle ne pouvait s'empêcher de déplorer ce triomphe qui allait lui coûter tant de jours sans repos, tant de nuits sans sommeil. Que résoudre et que faire? D'une part, abandonner Riquemont, déserter une place où les Herbeau venaient d'affermir si glorieusement leur drapeau, céder au jeune docteur une clientèle dont la défection entraînerait nécessairement toutes les autres, il n'y fallait pas songer. D'une autre part, autoriser, comme par le passé, les assiduités du docteur auprès de Louise, Adélaïde n'en sentait plus en elle l'héroïque courage. Concilier les intérêts de son amour et ceux de sa maison, conserver à la fois Riquemont et le cœur d'Aristide, c'était là la question.
Sur le coup de minuit^ madame Herbeau appela son mari; mais tous les canons de Saint-Léonard auraient tonné aux oreilles d'Aristide sans le réveiller. Madame Herbeau se décida à le tirer violemmentpar le bras. îl ouvrit les yeux, et, prenant la lueur de la lampe pour l'éclat du jour, il se nréparait à sauter à
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bas du lit pour aller seller Colette, quaad, au même instant^ la pendule sonna minuit.
— Aristide, dit madame Herbeau, il s*agit de choses sérieuses, etje souffre de vous entendre ronfler comme une toupie d'Allemagne, quand votre gloire et votre fortune sont à la veille de leur ruine : vous dormez comme un loir, sur le bord d'un abîme.
•— Ah, çà ! s'écria le docteur ébahi, suis-je fou ou bien êtes-vous folle ?ai-je rêvé ce qui s'est passé hier k Riquemont ? Rien n'est-il fait? tout reste-t-iià faire?
— Rien n'est fait et tout reste à faire. Tant qu'il a fallu ranimer vos forces etrelever votre courage, je ne vous ai laissé voir que la moitié du danger; mais, ne vous y trompez pas, notre position est plus critique et plus périlleuse que vous ne l'avez cru jusqu'ici; et vous-même, pourtant, en recevant la fatale nouvelle, voui^ vous êtes écrié que tout était perdu et que Gélestin mourrait sur la paille.
— Riquemont nous reste, et Gélestin mourra sur la plume.
•^Sur la paille, vous dis-je, si vous n'y prenez garde, si vous vous endormez, comme vous le &ites, dans l'orgueil d'un premier succès. Riquemont vous reste, dites-vous? Je vous dis, moi, que Riquemont peut vous échapper d'un jour à l'autre. Riquemont d'ailleurs n'est pas tout le pays ; et si vous pensez que le docteur Savenay va rester ici les bras croisés et se contenter de parader sur le pavé de Saint-Léonard, vous vous abusez singulièrement. Avant qu'il soit peu, si vous n'y mettez ordre, il aura ouvert une large
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brèche dans votre clientèle, il se sera creusé un trou profond dans votre fromage. Et le mal n'en restera pas là, car, vous l'avez dit vous-même, ce sont des oiseaux de proie qui s'attirent les uns les autres ; vous ' en verrez bientôt une nuée s'abattre sur le pays et disputer à Gélestin les miettes de votre héritage.
— Vous m'effrayez, dit le bon docteur, qui commençait à dresser les oreilles comme un lièvre qui entend remuer autour de son gîte la pointe des bruyères.
— n ne faut pas se dissimuler, Aristide^ que vous avez atteint le point culminant de votre destinée; à cette heure, il ne vous reste plus qu'à descendre. Bisons le mot, vous avez fait votre temps. Je n'entends rien à la science, mais, entre nous, il est impossible que la science, qui, dit-on, marche à pas de géant, ne vous ait pas laissé un peu bien en arrière.
— Si c'est là tout ce que vous aviez d'agréable à Ole dire, vous auriez pu, ce me semble, attendre au soleil levant, grommela le docteur en plongeant, comme tm canard, sous la couverture.
f — Vous avez beau vous récrier, vous êtes passé de jmode; Colette est ridicule, et l'on rit tout bas de son maître. Vous avez des ennemis.
— C'est à vous que je les dois, dit Aristide ; c'est ^ous qui m'avez brouillé avec la gendarmerie du déparlement.
— Ne réveillons point le passé.
— Il ne faut réveiller personne, interrompit Aristide.
— Je vous le dis, vous avez jeté hier votre dernier
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éclat, rheure n'est pas éloignée oii votre étoile n pÂlir. Ne nous aveuglons pas. M. Sayenay est un avalier de la plus belle mine ; je Tai vui de mes propres yeux vu, et vous pouvez m'en croire : je m'y coDnai& H. Savenay arrive de Paris; il est jeune. Tout révèle en lui une distinction parfaite. Je ne sais rien de soo talent. Hier, s'il vous en faut croire, il s'est humUié devant vous et vous a rendu hommage : je le veux bien ; mais je crains fort qu'en tout ceci, il n'ait été, à votre insu, votre compère et votre complice. Tenez, je serai franche jusqu'à la rudesse ; je crois qu^il s'est moqué de vous.
— Madame Herbeaul s'écria le docteur, rouge comme la crête d'un coq*
— Il vous a dit, poursuivit Adélaïde, qu'il lérait heureux de reprendre auprès de vous les cours qu'il n'a qu'imparfaitement suivis à Paris, et vous avez cru cela, vous I Vous avez pris au mot cette hypocrite modestie! Vous vous êtes laissé choir au piège de cette humilité perfide I Je vous le répète, avant qu'il soit longtemps, si vous n'y veillez de prés, vous yerret M. Savenay giboyer sur vos terres ; heureux s'il vous permet de tirer, par-ci, par-là, quelque lièvre efflan* que ou quelque perdrix étiquel En vérité, crédule que vous êtes, c'est vous, et non pas lui, qu'il faut renvoyer à l'école.
— J'en perdrai la tête, murmura le docteur; qtA salmis de métaphores incohérentes I Du moins, Adélaïde, mettez de l'analogie dans vos images.
— Il s'agît bien d'analogie! Dans cette occurrence, que prétendez-vous faire?demanda madame Herbeau.
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i^UniSf pour Dieu, que voulez-vous que je fliflse? s'écria le docteur avec désespoir.
— Je vais vous le dire. Après vous avoir montré le mal, je vais vous indiquer le remède. Je veux que vous sortiez vainqueur de cette grande et terrible épreuve. Vous le pouvez, il en est temps encore. Vous pouvez, par un coup de maître, prévenir la réaction qui se prépare contre vous, déjouer les espérances de vos ennemis, et fonder dans cette contrée la dynastie des Herbeau, M. Bavenay est jeune, renaissez plus jeune que lui ; comme le phénix, élancez-vous ra« dieux de vos cendres.
— De mes cendres! dit Aristide.
— Renaissez dans votre fils. Célestin vient d'achever se$ cours à Montpellier ; appelez près de vous cet ange que nousn'avons pas embrassé depuis cinq ans. Avant qu'elle vous échappe, remettes; votre clientèle entre $es mains ; abdiquez pour régner encore. Qui pourra lutter contre tant de grâce et de jeunesse, aidées de votre expérience et de l'influence de votre nom ? Ainsi faisant, vous assurez l'avenir de votre race et le repos de vos vieux jours. Mais bâtez-vous ; quelques mois encore, il sera trop tard. Pour mettre votre couronne sur le front de Célestin, n'attendez pas que les fleurons soient tombés de votre couronne ; pour jeter votre manteau sur les épaules de votre fils, n'attendez pas que votre manteau $oitmangé des vers et montre la corde.
*^ Vous êtes biblique, dit Aristide.
•»- Vendes Colette» poursuivit Adélaïde» et qu'au
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lieu de cette abominable bête, Gélestin trouve dans votre écurie un cheval qui lui fasse honneur.
— Vendre Colette I dit Aristide.
— Enfin, que Gélestin vous remplace tout d*abord àRîquemont, passez-lui tout d'abord au doigt le pins beau diamant de votre écrin. Laissez-lui la gloire de poursuivre et d'achever votre œuvre. Vous, cependant, vous rentrerez dans un noble loisir; vous cultiverez les muses et les fleurs de votre jardin, et votre Adélaïde, jusqu'à ce jour trop négligée peut-être, heureuse d'avoir enfin retrouvé son fils et son époux, deviendra l'envie de toutes Iqs mères et de toutes les épouses de Saint-Léonard.
Le conseil était prudent et sage, et je ne sache pas qu'en pareille circonstance Catherine de Médicis eût rien imaginé de plus fin ni de plus habile. C'était la jalousie qui parlait, mais la raison n'eût pas mieux dit. D'ailleurs, Adélaïde était, comme on a pu le voir, ce que nous appelons une maltresse femme, d'un jugement sûr et rapide, et certes elle avait en ceci consulté les intérêts de sa maison pour le moins autant que les instincts jaloux de son cœur. Oui, rappeler Gélestin, puisque ce bel enfant, après cinq ans d'études, loin du toit paternel, venait enfin d'achever ses cours et de recevoir son diplôme ; le rappeler, remettre entre ses mains une clientèle encore intacte; détourner la curiosité qu'avait éveillée M. Savenay, pour l'attirer sur cette blonde tête; confier à ce jeune Rodrigue le soin de venger, de continuer son père; le faire apparaître aux yeux de Saint-Léonard & la fois surpris et charmés ; oui» c'était un coup de maître qui
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eût placé le docteur Herbeau au rang des plus profonds politiques de son endroit.
Depuis tantôt cinq ans que ce jeune homme était parti pour Montpellier, on ne l'avait point revu au pays; les deux époux avaient résolu qu'il ne rentrerait au gîte qu'après ces cinq années d'épreuve, avec le titre de docteur. C'était un garçon timide, qu'on sentait le besoin de dépayser, réservé, silencieux, craintif, et rougissant comme une vierge quand une femme lui parlait. Lors de son départ, il comptait quatre lustres à peine : blond, rose et frôle, nature délicate et presque débile. On avait eu l'idée de l'envoyer à Paris; à cause de sa faible constitution, on s'était décidé pour Montpellier, le climat de Montpellier étant, comme on le sait, le plus sain et le plus indulgent duroyaume. C'était d'ailleurs à Montpellier qu'Aristide Herbeau avait gagné ses grades, il se croyait engagé d'honneur à faire hommage de son fils à l'académie dont il était membre. La séparation avait été cruelle, car, de part et d'autre, on prévoyait qu'elle serait longue. Madame Herbeau s'était évanouie dans les derniers adieux; Célestin avait versé des larmes abondantes. Le docteur, dans une allocution sévère et touchante, avait tracé à son fils le plan de conduite qu'il aurait désormais à suivre, l'engageant par-dessus toute chose à vaincre cette timidité naturelle qui paralysait ses moyens et nuisait au développement de ses facultés. Depuis ce jour, cinq ans avaient passé sans ramener l'enfant à sa famille. Plus d'une fois madame Herbeau avait éprouvé le besoin d'aller embrasser son fils ; mais les
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communications entre Saint-Léonard et Montpellier sont difficiles et périlleuses; Célestin avait fait de son voyage une relation terrible. A l'en croire, la route du Puy à Alais était suspendue sur un abîme. Entré Castaro et Langognc, ayant eu Timprudence de descendre de voilure pour se réchaufferies pieds, il avait été poursuivi par une bande de loups affamés. Adélaïde ne pouvait guère s'aventurer seule dans ces dangereux parages; Aristide, de son côté, ne pouvait délaisser ses malades. Il avait donc fallu se résigner et s'en tenir aux lettres de Célestin. Le jeune étudiant avait commencé par se plaindre de Tisolement de sa vie et du vide affreux de son âme, pleurant lekiosque desonpère elles bords fleuris de la Vienne; car c'était un esprit éminemment pastoral, nourri, dès Tenfance, de Virgile et de ïhéocrite. Il avait plus d'une fois embouché les pipeaux champêtres; les dryades, les faunes et les sylvains charmés étaient accourus pour l'entendre. Durant la première année de son exil, lors de la fête de madame Herbeau, Célestin avait adressé à sa mère une idylle dont on parle encore à Saint-Léonard. C'était tin dialogue entre deux bergers, dont l'un, exilé et proscrit, gardait ses moutons sur la terre étrangère. Vainement l'autre berger lui vantait les gras pâturages, les haies verdoyantes, les ruisseaux murmurants ; insensible à tous ces biens, le berger exilé regrettait sa pairie. Ce petit morceau, qui se distinguait autant par la nouveauté du sujet que par l'originalité de l'exécution, avaitprofondément remué les deux époux. Il y régnait une douleur si poiguanle et si vraie ; les misères d§
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rexll, l*amour do sol natal, la haine de la terre étrangère, jetaient exprimés atec tant d^ônergie, que M. et madame Herbeau, saisis d'une terreur panique, s'étaient empressés d'écrire à leur unique héritier qu'il eût à fkire sa malle et à revenir au logis, ajou- Unt que leur cœur, leur maison et leurs bras s'ouvriraient toujours avec bonheur pour le recevoir. On avait dû s'attendre à voir d'un jour à l'autre arriver Gélestin ; mais, au Heu de Célestin, on vit tout simplement arriver une lettre, en prose celle-là, dans laquelle le jeune drôle, tout en remerciant son père et sa mère de leurs pieuses dispositions, faisait assef: clairement entendre qu'il nefaiiait pas ainsi prendre au sérieux l'exagération du langage poétique, ne doutant pas d'ailleurs que le travail et l'ambition de marcher sur les traces de son père ne l'aidassent à supporter patiemment les douleurs de l'exil. « Sans doute, écrivait-il, le pain de l'étranger est amer, mais trempé dans les eaux de la science, il perd beaucoup de son amertume. » Il ajoutait que, si le docteur Herbeau daignait augmenter de quelques cents francs la pension de son fils, cette munificence permettrait au pauvre exilé de beurrer quelque peu le pain de l'étranger et le lui rendrait d'une'digestion plus facile. Tant de courage et de volonté, cette noble ardeur qu'il témoignait à vouloir suivre l'exemple de son père, avaient singulièrement ému ces bons parents^ et le docteur s*était empressé d'élever à quinze cents francs la pension du cher espoir de sa race, non sans lui faire observer toutefois que de son temps la jeunesse était moins onéreuse aux familles, etqu'il avait,
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loiy Aristide Herbeau, alors qu'il étudiait à Montpellier, trouvé le moyen d'économiser sur sa pension de mille livres le prix de ses examens et de sa thèse. Mais il voulait que Célestin se répandit dans le monde élégant et figurât convenablement à l'école desbelles manières ; car, ce qui le révoltait surtout dans la jeune médecine, c'était l'oubli du savoir-vivre, le mépris dubeau langage, l'absence des façons galantes. Aussi, en écrivant à son fils^ n'avait-il jamais manqué d'insister sur ce point, ne cessant de répéter qu'Esculape était filsd*Apollon^et qu'Hippocrate avait été le premier gentilhomme de la Grèce.
Ainsi dirigé, Célestin, au bout d'un an, était devenu pour ses parents un sujet de légitime orgueil et de satisfaction intérieure. Lejeune homme avait tenu les promesses de l'adolescent; toutes les fleurs avaient donné leurs fruits. Bientôt les lettres de Montpellier étaient arrivées comme de glorieux bulletins. Au lieu de s'exhaler, comme autrefois, en idylles plaintives, Célestin chantait d'un ton mâle les charmes du travail et l'amour des saintes études. « Je me nourris, écrivait-il, de la moelle des lions et des ours. » H parlait de sa lampe studieuse qu'il vopit bien souvent pâlir aux premières lueurs de l'aube naissante. Son corps se fortifiait en même temps que son esprit. Il se louait de l'air pur du Midi et des relations brillantes qu'il avait recherchées, conformémentau désir paternel. H était reçu chez la marquise de R***> che» le comte de C***, et notamment chez lord Flamborough qui l'avait fait appeler pour vacciner quatre petits chiens. Il cultivait aussi plusieurs sociétés sa-