CHAPITRE IV. lot
avec ce trouble de son âme, il prenait la résolution d'aller offrir une rupture à madame Riquemont ; mais presque aussitôt il s'accusait de lâcheté; puis, en songeant à cette belle enfant aux yeux bleus, au divin sourire, il ne sentait plus le courage d'éteindre ce rayon de printemps qui égayait sa saison d'au* tourne.
Il allait de ce pas visiter quelques malades à Savigny, petit village situé au delà de Riquemont. A la même heure, par le même sentier, M. Riquemont se rendait à la ville. Les deux cavaliers se croisèrent à mi-chemin. Le châtelain salua froidement le docteur^ et, ralentissant le trot de sa monture :
— Je vais, dit-il, à Saint-Léonard engager M. Saveoay à venir passer quelques jours au château. Ce jeune homme me plaît, et ma femme en raffole. Bien des choses de ma part à votre épouse. Ne m'oublie? pas quand vous écrirez à Célestin.
Puis il piqua des deux et partit au galop.