‹ Un début dans la magistrature (volume 3)Chapitre 50 sur 89 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

d'elle-même. Ce parti pris mie fois, elle se sentit plus calme et mieux avec sa conscience.

Le lendemain, elle se leva de bonne heure pour ac^ complir sa résolution. Lorsqu'elle fit demander M. Riquemont, son pauvre cœur battait bien fort, ses jambes se dérobaient sous elle. Elle ne savait plus où elle avait pris le courage d'un si hardi dessein. Elle était toute pâle et toute tremblante. On vint lui dire que M. Riquemont était parti de grand matin pour Saint-Léonard, et qu'il ne reviendrait que le soir. A cette nouvelle, la jeune femme se sentit soulagée d'un grand poids. C'était un jour de gagné : peutêtre le soir n'arriverait pas.

Le soir arriva vite. Au bruit des pas de M. Riquemont, Louise tressaillit, toute force l'abandonna. M. Riquemont n'entra pas dans la chambre de sa femme et resta dans la salle voisine. Louise, l'ayant vainement appelé, se résigna à l'aller trouver. Il se promenait de long en large, et n'accorda pas la moindre attention à Louise, qui le regardait d'un air inquiet. Elle essaya de lui parler, il répondit en sifflant. La pauvre enfant avait de grosses larmes dans les yeux. M. Riquemont s'était assis, elle alla s'appuyer craintivement sur son épaule ; puis, se laissant glisser furtivement entre ses genoux, elle se prit à le regarder d'un air humble, timide et suppliant, comme une blanche levrette qui demande grâce à son maître. Le maître laissa tomber sur elle un regard superbe et dédaigneux.

— Mon ami, dit-elle enfin d'une mourante voix, j'ai bien réfléchi à ce que vous m'avez proposé hier,

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lit L£ DOGifita llBHUfiAU.

•I je vous dois, je me dois à moi-méme de tous dô* clarer eocore une ibis que cela ne se peut pas. Mon ami» daigaei m'écouter.

M. Riquemont s'était levé brutalement. Louise s'attachait à ses genouzé

— J'ai besoin» s'éoria-t^Ue, de toute votre indulgence.

— Comment! mille millions de tonnerres l s*ëcria M. Riquemont éclatant comme une bombe, il est donc écrit là-baut que je n'aurai pas un instant de repos ici-bas 1 Gomment ! tous allez encore me casser la tôte de cette sotte affaire l Malheur à quia jeté la discorde dans ma maison I Je me vengerai, mille diables 1 Quant à yous. Madame, rentrez dan» Yoire appartement

A ces mots, il sortit en brisant les portes.

Louise rentra dans sa chambra et fondit en pleurs. Telle était donc la récompense de ses pieuses intentions I La noble enfant ne se laissa pas décourager par ce premier échec ; elle ne cherchait pas un prétexte à sa faiblesse, mais un appui, une sauvegarde» Elle imposa silence aux rébellions de son amou^ propre offensé, et, moins jalouse de sa dignité que de son salut, elle employa une partie de la nuit à écrire à son mari ce qu'il avait refusé d'entendre. Ce fut une lettre touchante, telle que nul ne saurait l'écrire^ adorable dans ses aveux, dictée par un sentiment ingénu, plus charmant, plus méritoire que rirréprochable vertu. La candeur et l'effroi d'une â^e timorée s'y révélaient à chaque ligne. C'était le c^ d'une conscience troublée, plus précieuse et plus

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