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LES ASSOCIATIONS AGRICOLES

^ L'œuvre d'enseignement agricole a été complétée par l'assistance que lui ont donnée les associations agricoles. Au sommet tout d'abord la plus ancienne et la plus importante de toutes : la Société Nationale d'Agriculture de France, fondée en 1761, se recrutant par l'élection et qu'un récent décret vient d'intituler très justement : « Académie d'Agriculture ». Cette belle institution naquit avec la grande évolution scientifique qui s'est accomplie au milieu du xviir siècle, sous l'influence des doctrines des physiocrates : il suffit d'ouvrir ses annales pour y retrouver les noms de tous les hommes dont les travaux ont constitué la science agronomique par l'application à la culture rationnelle du sol des découvertes opérées, depuis un siècle et demi, dans les sciences chimiques, physiques et naturelles. C'est encore aujourd'hui une source puissante de lumière,' et ses discussions apportent une clarté toute particulière dans l'examen des problèmes nouveaux qui ne cessent de se poser devant ses membres, par suite des progrès réalisés dans toutes les sciences et qu'il s'agit de mettre en application dans la culture du sol.

Plusieurs autres grandes associations se recrutant librement représentent toutes les forces vives de l'agriculture et gravitent autour de notre Académie d'Agriculture. La plus ancienne de toutes : « La Société des Agriculteurs de France », compte plus de neuf mille membres répartis dans toute la France et donne une vigoureuse impulsion au mouvement qui entraîne l'Agriculture française vers le Progrès. Plus récemment a été fondée : la « Société Nationale d'Encouragement à l'Agriculture », qui, elle aussi, réunit un grand nombre d'agriculteurs et d'amis de l'Agriculture, parmi lesquels un ancien Président de la République : M. Emile Loubet, si dévoué aux intérêts agricoles.

L'Horticulture est représentée, parmi ces grandes Asso-

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dations, par la Société Nationale d'Horticulture de France, qui, fondée sous la Restauration, a pris depuis vingt-cinq ans une importance considérable : elle compte plus de quatre mille sociétaires. La Société des Viticulteurs de France réunit également tous les viticulteurs et constitue un centre important de propagande scientifique.

Autour de ces grandes associations évoluent de très nombreuses sociétés instituées dans les départements, comices agricoles, sociétés d'agriculture et d'horticulture, sans parler des collectivités qui groupent les personnes s'occupant plus spécialement de certaines branches de la Production

agricole.

Toutes ces sociétés contribuent à la vulgarisation de 1 enseignement agricole par leurs bulletins, leurs congrès, les concours de produits, d'animaux, de matériel agricole, qu'elles organisent annuellement dans leurs centres respectifs. La synthèse de toutes ces manifestations se produit dans les grands concours organisés par l'État ; concours de régions et concours général de Paris. Ce dernier peut être considéré comme donnant l'idée la plus exacte des progrès réalisés par l'élevage des chevaux, des animaux de la ferme, dans les produits de la basse-cour, de la laiterie, de la viticulture et en général de toute la production agricole ainsi que des instruments nécessaires à la culture du sol. Cette grande manifestation agricole, qui date de 1868, était primitivement réservée aux animaux gras, et son extension progressive a commencé seulement vers 1876 par l'adjonction au programme de deux divisions nouvelles : instruments agricoles et animaux reproducteurs. On y joignit ensuite un concours des produits de la viticulture. Puis, il y a quelques années, fut instituée une exposition-concours de toutes nos races chevalines.

En résumé, l'œuvre accomplie par la création de l'enseignement agricole ou par son perfectionnement depuis quarante ans a consisté :

1° à établir l'enseignement scientifique agricole par l'Institut Agronomique ;

2" à perfectionner l'enseignement secondaire de l'agriculture dans les écoles nationales ;

3° à établir un enseignement primaire supérieur agricole par l'institution des écoles pratiques d'agriculture ;

4° à créer un corps complet de professeurs pour répandre dans les milieux ruraux les notions les plus utiles aux cultivateurs ; . .

5° à fonder un commencement d'enseignement agricole pratique pour les filles, et d'enseignement populaire des adultes par les écoles ménagères et les cours d'hiver;

6° à favoriser la vulgarisation des notions de progrès agricole par les Sociétés d'agriculture ;

7° à compléter ces enseignements théoriques et pratiques par les leçons expérimentales découlant des concours divers de Paris et des départements qui permettent à tous les agriculteurs d'apprécier chaque année les progrès accomplis.

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