MOUVEMENT DES SCIENCES ET DE LA VIE VERS LA PHILOSOPHIE
Les écrivains dont nous venons de parler s'efforcent, à coup sûr, de tirer des sciences positives et des diverses manifestations de l'activité humaine tous les enseignements philosophiques qui s'en peuvent déduire. Ils n'en persistent pas moins à poser les problèmes philosophiques dans les termes où se les posent communément les philosophes. Ils demandent à la nature : Qu'es-tu? Que signifies-tu? Quelle satisfaction peux-tu donner à la raison, à la conscience humaine? Or un grand nombre de chercheurs ont préféré, à cette voie classique, une autre méthode, qui leur a paru plus conforme aux exigences scientifiques de l'esprit moderne. Au lieu de partir de la notion de philosophie, de la considération dos besoins dits philosophiques de l'âme humaine, ils se sont mis en présence des sciences positives.
telles qu'elles existent, des mœurs, des institutions, des actions humaines, telles que l'histoire nous les fait connaître, des arts, des religions, tels qu'ils s'offrent a nous; et, réfléchissant sur ces données, sans introduire dans leurs recherches d'autres idées préconçues que le desir de connaître et de comprendre, ils ont entrepris de constituer, à propos de chacun de ces groupes de phénomènes, une théorie appropriée, méritant, par sa généralité et par sa recherche des causes, le nom de philosophie. A la philosophie comme unité et à ses divisions consacrées se substitue ainsi une multiplicité d'études quasi indépendantes les unes des autres : philosophie des mathématiques, de la physique de la biologie, philosophie de l'histoire, des sciences sociales, ou encore, de l'art, du droit, des mœurs, de la rehgion.
I. Les savants du siècle dernier étaient, en général, peu disposés à considérer au point de vue philosophique la science qu'ils cultivaient. Volontiers la philosophie leur apparaissait comme l'ennemie de la science. Ils changèrent d'opinion quand se dégagea l'idée d'un travail philosophique franchement postérieur au travail scientifique, et appelé, non plus à diriger ce travail, mais à en prendre conscience. Et de nombreux savants se joignirent aux philosophes, pour réfléchir, en ce sens, sur les méthodes et les résultats des sciences positives'.
La philosophie des mathématiques a donné heu aux plus intéressantes recherches et controverses.
Jules Tannery s'est appliqué à purifier le plus possible les mathématiques de leurs éléments intuitifs, pour les réduire à des éléments strictement logiques.
Couturat a développé la théorie dite logistique des mathématiques, principalement d'après les travaux du philosophe anglais Russell. Au contraire, Henri Poincaré a soutenu,
1. Cournot, Frcvcinct, Hermite, Paul et Jules Tannery Milhaud, Boussines, Henri Poincaré, Emile Picard, Painlevé, Le Roy, Hadamard, Borel, Brunschvicg, Pierre Boutroux - Claude Bernard, Durand (de Gros), Eerthelot, l>asteur, Armand Sabatier, Dastre, Giard, Edmond Perrier Lechalas, D' Grasset, Duhem, Lucien Poincaré, Langevm, Bouty, Pellat, Lalande, D' Gley, Le Dantec, Denys Cochin, etc.
avec sa pénétration géniale, le rôle indispensable, en mathématiques, de l'élément intuitif.
Dans une large et savante étude, intitulée Les Étapes de la philosophie Mathématique^ Léon Brunschvicg, présentant un tableau général de la controverse, conclut à la collaboration constante de l'esprit et des choses, à l'association intime de l'invention humaine et de la vérification expérimentale dans tout le développement historique et logique des mathématiques.
La question du passage des mathématiques à l'étude des réalités qualitatives a été étudiée avec insistance.
Gaston Milhaud estime que la rigueur propre aux mathématiques tient à ce fait que celles-ci substituent, aux données de l'expérience, des créations calculées précisément en vue d'obtenir la rigueur et l'exactitude. Entre ces créations et la réalité il est impossible d'établir une exacte relation d'équivalence.
Henri Poincaré voit, dans les propositions les plus générales de la science du réel, des conventions, dont la légitimité n'a d'autre garant que leur commodité, c'est-à-dire leur simplicité logique et leur accord avec l'expérience. L'hypothèse, dès lors, n'est pas seulement un moment préliminaire de la science : toute science demeure invinciblement une hypothèse. Il ne s'ensuit pas, d'ailleurs, que la science soit chose arbitraire et artificielle. La science est la manière dont l'esprit pense les choses, étant donnée la différence profonde qui existe entre leurs propriétés et sa nature.
Duhem estime qu'en formant à propos des choses données, des théories scientifiques l'esprit humain opère proprement une traduction. L'esprit s'efforce d'exprimer des êtres par des concepts : idéal irréalisable, mais qui dirige utilement nos travaux, et qui seul convient à l'actuelle nature de l'homme.
Plus hardi se montra Le Roy, qui entreprit de prouver, non seulement que les théories, mais que les faits scientifiques eux-mêmes sont fabriqués par l'esprit humain, et que notre intelligence, avec ses catégories de fixité, de détermination et d'extériorité, déforme invinciblement tout ce qu'elle touche. Une science est une invention, qui tire toute son existence et toute sa valeur de l'activité originale de l'esprit.
Emile Borel observe que, depuis Newton, la science était dominée par la croyance à la possibilité d'une explication mécanique de l'univers, et que cette explication, en fait, se dérobait chaque fois que l'on croyait la posséder. La découverte de la radioactivité est venue démontrer que les explications mécaniques, dans certains cas, sont radicalement insuffisantes, et doivent céder le pas à des explications statistiques. Or, expliquer statistiquement, dit Borel, c'est considérer le phénomène en question comme le résultat d'un très grand nombre de phénomènes inconnus, régis par les lois du hasard. Au point de vue philosophique, cette conclusion signifie que la science ne démontre pas l'existence, dans la réalité elle-même, du déterminisme qu'elle prend pour idée directrice dans ses investigations. D'une part, la nécessité qui paraît dans un phénomène global n'est pas incompatible avec la contingence des phénomènes partiels dont il se compose; d'autre part, le déterminisme, même supposé absolu, des phénomènes partiels, ne permet pas de prévoir, avec une rigueur parfaite, le phénomène global. Et, si le déterminisme mécanique n'entraîne pas avec lui le déterminisme moléculaire, à son tour le déterminisme moléculaire, quelle qu'en soit la rigueur, n'entraîne pas le déterminisme psychologique. Et il faut reconnaître que la conscience comme simple produit du mécanisme matérialiste constituerait le plus intolérable des miracles. De remarquables tentatives ont été faites pour dégager des sciences une philosophie de la nature.
Boussinesq déduit du cas des solutions singulières en mécanique la possibilité d'une certaine indétermination dans les phénomènes de la vie.
Félix Le Dantec ne voit dans tout être, dans toute manière d'être donnés autre chose qu'une portion d'équilibre de fait entre un nombre considérable de forces.
Edmond Perrier considère la science comme étant, non seulement la base de la philosophie, mais la philosophie même. Grâce à la loi d'évolution, elle nous montre les formes supérieures de l'être naissant naturellement des formes inférieures, et l'univers portant en lui un principe d'unité et de continuité.
2. De la même manière que les sciences physiques, les sciences morales ont été approfondies à un point de vue philosophique*.
Dans le domaine de la philosophie de l'histoire, Pau Lacombe soutient que l'histoire peut être une véritable science, en tant qu'elle dispose, et de faits généraux, et de véritables causes. Les premiers sont les institutions, les secondes sont les mobiles psychologiques des actions humaines.
Espinas travaille à constituer la philosophie de l'activité productrice, ou technologie.
Durkheim et son école analysent les données de l'histoire des religions. Durkheim cherche le fait religieux primitif. Il le trouve dans un ensemble solidaire de croyances et de pratiques, relatives à des choses sacrées, et unissant, en une même communauté morale, dite église, tous ceux qui les adoptent.
Lévy-Bruhl étudie les fonctions mentales dans les sociétés inférieures. Il trouve dans ces sociétés une pensée prélogique, essentiellement mystique.
Michel Bréal médite sur la sémantique, ou science de la signification des mots. Il montre que la mystérieuse transformation qui du latin a fait sortir le français, ou le persan du zend, ou l'anglais de l'anglo-saxon, ne résulte pas simplement de causes mécaniques telles que la décadence des sons et l'usure des flexions, mais est l'œuvre de l'active intelligence humaine : Mens agitât molem.
3. De nombreuses études sur l'art et les arts présentent un caractère philosophique ^.
Lionel Dauriac distingue de l'acoustique musicale, laquelle ne concerne que l'oreille, l'esprit musical, qui seul fait le musicien.
I. Renan, Fouillée, Espinas, Bougie, Mauss, Lapie, E. L6vy, Simiand, Milhaud, Bourgin, Murtang, Herz, Gaston Richard, Paul Fauconnot, Parodi, Huvelin, Mantoux, Lévy-Bruhl, Michel Bréal, Paul Lacombe, Gabriel Monod, Henri Berr, Arsène Darmesteter, etc.
a. Georges Lcchaias, Robert de la Sizoranne, Lionel Dauriac, Combarieu, etc.
Gombarieu voit dans la musique un langage devenu indépendant de celui qui constitue la poésie, à savoir l'expression directe d'une certaine pensée, non moins digne de ce nom de pensée que celle qui s'exprime par des mots.
4. La religion, elle aussi, considérée dans sa réalité vivante, a été soumise à l'investigation philosophique*.
Maurice Blondel trouve dans le catholicisme la doctrine de la collaboration de l'homme avec Dieu, par où l'homme se met d'accord avec lui-même, et réalise ses plus essentielles aspirations.
Laberthonnière insiste sur le rôle capital de l'élément intellectuel, à côté de l'élément volontaire, dans la foi et la vie religieuses.
Le Roy voit dans les dogmes chrétiens des prescriptions pratiques, beaucoup plus que des assertions théoriques.
Auguste Sabatier trouve l'essence du christianisme et de la religion en général dans le sentiment de détresse qui envahit le cœur de l'homme, lorsqu'il considère le contraste qui existe entre la grandeur de sa nature et la misère de sa condition. Et il aboutit à distinguer radicalement entre la foi et les croyances : celles-ci ne portent que sur des formules figées et accidentelles; celle-là est essentiellement vie, et importe seule.
CONCLUSION
Tels sont les deux courants entre lesquels s'est partagée, en France, la pensée philosophique pendant ces cinquante dernières années : l'un va de la philosophie aux sciences et à la vie, l'autre va des sciences et de la vie à la philosophie.
I. Gratr)', La Revue Thomiste, Gardair, Domet de Vorges, de la Bouillery, Régnon, Farges, Elic Blanc, Delacroix, Récéjac, \\ ehrlé, Laberthonnière, Fonsegrive, Maurice Blondel, Le Roy, Auguste Sabatier, Ménegoz, Henri Bois, etc.
Il est remarquable qu'en dépit des théories souvent développées sur l'opposition radicale de ces deux méthodes et sur la révolution que représenterait la substitution de la seconde à la première, un grand nombre de philosophes français se rangent à la fois dans l'un et dans l'autre groupe, et qu'en fait, il est souvent difficile de déterminer laquelle des deux tendances prédomine dans tel ouvrage, dans telle philosophie.
A mesure que se poursuit le mouvement philosophique contemporain, on voit converger et se rencontrer des esprits partis des deux points opposés. Qu'ils descendent de la philosophie aux sciences ou qu'ils s'élèvent des sciences à la philosophie, la plupart de nos penseurs et de nos savants aboutissent à des conclusions analogues : ils voient l'esprit humain effectuer les créations qui sont le privilège et l'honneur de l'humanité : science, art, morale, religion, non sous la seule impulsion des choses ou par un déploiement arbitraire de son activité propre, mais par une collaboration intime de son initiative avec la nature. Ni l'observation passive des phénomènes, ni la pure logique, ni la réunion de ces deux moyens d'investigation ne suffiraient à constituer nos sciences et nos arts : à ces procédés mécaniques, il est et il sera toujours nécessaire, selon nos philosophes, de joindre l'intuition vivante qui révèle l'action originale de l'esprit. Et, d'autre part, l'esprit ne saurait rien créer de viable ou de réellement bon en se bornant à s'étendre, s'enfler et se travailler lui-même. Son intuition, son action, pour être féconde, doit être cette communication directe avec l'être, avec le réel, dont il est capable, et qu'une éducation appropriée lui permet de réaliser de plus en plus. Notre vie normale est une spiritualisation de la nature.
Le mouvement général de la philosophie française contemporaine a consisté, à surmonter le dualisme où s'étaient complu nos penseurs pendant la période romantique. Alors il y avait divorce entre les savants, qui entendaient ne connaître que les ftiits, et les apôtres de l'esprit, qui pensaient n'avoir rien à apprendre du monde extérieur. Idéalistes et réalistes, lettrés et hommes de science, métaphysiciens et esprits positifs, qui, jadis, se tournaient le dos et mar-
chaient dans des voies opposées, se sont, peu à peu rapprochés, et maintenant tendent, pour la plupart, vers le
même but.
Or, il est intéressant de noter que ce rapprochement des spécialistes et des philosophes est en parfaite conformité avec la pensée française, telle que l'avaient exprimée nos grands classiques. Descartes écrivait au début de son traité des Règles pour la direction de l'esprit : « Toutes les sciences ne sont autre chose que la sagesse humaine, demeurant une et identique, à travers la diversité des objets auxquels elle s'applique ». Et son Discours de la Méthode avait pour objet précis de montrer que la plus haute sagesse n'est autre chose qu'un développement du bon sens, tel qu'il se rencontre chez le premier homme venu. Dans le bon sens, ou raison commune à tous les hommes. Descartes voyait le trait d'union naturel de l'homme avec l'être et avec la vérité. Mais il ajoutait que cette raison elle-même veut être cultivée, que cette culture est le devoir essentiel de l'homme, et qu'elle se fait à la fois par l'étude des sciences et par l'expérience de la vie.
Ce caractère proprement français se retrouve dans plusieurs traits remarquables de notre philosophie contemporaine. Nos philosophes ne se satisfont pas de l'empirisme ou de la spécialisation pure et simple ; et, en même temps, ils se défient du mysticisme. Ils cherchent à s'établir dans cette région précise de la raison, qui est située entre les faits bruts et les idées pures. Certes, il faut, estiment-ils, se donner à quelque étude spéciale, si l'on veut travailler utilement; mais à cette tâche restreinte il convient d'appliquer un esprit aussi large et souple que possible. D'autre part, ce n'est pas en prétendant se suffire que l'esprit est vraiment libre et fécond : il n'a droit de commander que s'il obéit. C'est en s'appuyant sur les faits qu'il les domine.
La raison humaine, telle que la conçoivent nos philosophes, est ainsi une puissance vivante de chercher les causes dans les faits, et de comprendre les faits par les causes. Elle domine le déterminisme mécanique, qui est la loi des faits bruts. Mais elle ne prétend pas à cette liberté sans contrôle qui serait l'apanage d'un esprit absolu. Elle
est la faculté de concevoir cet ordre vivant, cette harmonie invisible, qui, d'une part, supporte le mécanisme des faits et le rend intelligible, et que, d'autre part, l'esprit doit chercher à réaliser dans ses créations, s'il y veut mettre sa marque et les faire dignes de lui,
A ce trait s'en joint un autre, qui, lui aussi, tient essentiellement à la pensée française : la défiance à l'égard des systèmes. La philosophie de Descartes n'a pas, dans sa réalité historique, la forme systématique que lui prêtent certains historiens, notamment les historiens allemands, jaloux d'identifier, en principe, philosophie et système. La philosophie était, pour Descartes, la culture vivante et indéfinie de la raison. Et, dans ce sens, nous appliquons le titre de philosophe à un Pascal, un Rousseau, un Claude Bernard, un Renan, non moins qu'à un Malebranche ou à un Auguste Comte, chez qui, d'ailleurs, les pensées directrices débordent visiblement le système. Sans doute, les philosophes français recherchent ardemment cet accord des idées entre elles, cette subordination des détails à l'ensemble, cette pratique attentive de méthodes bien définies, cette organisation harmonieuse des connaissances, qui est une marque essentielle de l'action de l'intelligence. Mais de la forme rigide, close et soi-disant définitive du système, ils distinguent l'ordre interne, souple et toujours modifiable, de la vie. C'est ainsi qu'ils se sont constamment refusés à construire ce système immuable des catégories de la pensée, dont les philosophes allemands ont fait leur tâche fondamentale. La philosophie est, pour les Français, la vie même de l'esprit humain, prenant conscience d'elle-même, et faisant effort pour se déployer et s'ennoblir autant qu'il est possible.
C'est pourquoi aux deux caractères que nous venons d'indiquer s'en joint naturellement un troisième : l'ardent souci des vérités morales. A une sorte de religion de la science et de la vérité démontrable s'unit, dans l'esprit des penseurs français, un respect inviolable pour les idées de justice, de loyauté, de générosité, de grandeur morale, où trouve sa loi propre la conscience de l'humanité. Quelles que soient les conséquences où ils aboutissent
dans l'ordre scientifique, il est rare que nos philosophes fassent de ces conséquences, à elles seules, toute la mesure de la vérité morale. Estimant que l'esprit, qui crée la science, est, lui-même, la fin ultime de la science, et que la reconnaissance d'une loi morale proprement dite est une part essentielle de sa dignité, aussi bien que la connaissance scientifique des phénomènes naturels, ils s'efforcent de concevoir l'union, au sein de l'esprit humain, de deux législations si différentes, d'une certaine manière qui ne fasse tort, ni à l'une, ni à l'autre. C'est ainsi que nous voyons un Berthelot se faire le champion indéfectible des lois morales, de même qu'un Pascal avait exalté magnifiquement la grandeur de la pensée et de la vérité scientifique.
Un dernier caractère qu'entre beaucoup d'autres il convient de relever, c'est la langue qu'emploient, en général, nos philosophes. Descartes écrivit en français, et non en latin, son Discours de la Méthode, parce que, dit-il, il espérait « que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute seule jugeraient mieux de ses opinions que ceux qui ne croient qu'aux livres anciens ». Cette pensée de Descartes est demeurée la règle de nos philosophes. Ils ne croient pas qu'il y ait deux vérités, celle des savants et celle des ignorants. Ils reconnaissent que le vrai juge de l'évidence, c'est, en dernier ressort, la raison, présente dans l'esprit de tout être humain. C'est pourquoi ils essaient d'exprimer d'une façon simple, claire, élégante, intelligible et agréable pour tout esprit cultivé, les résultats des recherches les plus spéciales, des méditations les plus profondes. Ils ont à cœur de maintenir eux aussi, la célèbre clarté française.
Cette clarté ne consiste pas, comme l'ont insinué certains détracteurs, dans la réduction du nouveau à l'ancien, de l'original au banal, de la réalité mouvante et infinie à des concepts inertes, que nous croyons entendre en perfection, parce qu'ils nous sont familiers : une telle clarté est illusoire, propagatrice d'erreur, et non de vérité. La clarté que nous ont enseignée les Descartes, les Pascal, les Montesquieu, les Renan, consiste dans une adaptation mutuelle des choses à
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