‹ Un demi-siècle de civilisation françaiseChapitre 28 sur 112 · CH.-V. LANGLOIS · texte numérisé non relu

CH.-V. LANGLOIS

Il y a cinquante ans environ une renaissance des études historiques s'est manifestée en France, qui a parcouru son orbe jusqu'à nos jours et dont le principe n'est pas encore épuisé. On peut la faire dater de la fondation, en 1866, de la Revue critique d'histoire et de littérature par des jeunes gens, animés d'une vive intelligence scientifique, qui, pour la plupart, se sont illustrés par la suite ; et de celle, presque contemporaine, de l'Association pour l'encouragement des études grecques (1867). Ce mouvement coïncida avec le coucher du soleil romantique ; Jules Michelet est mort en 1871.

On s'est déjà retourné bien des fois, depuis l'origine du mouvement, pour en considérer la direction ou pour mesurer le chemin parcouru : notamment dès 1877 \ en 1889-, en 1899 ', en 1914*. Mais c'a toujours été une entreprise très ardue de rendre compte de ces progrès. Car l'histoire est une vieille science, dont les grandes lignes et les méthodes

I. Ch. Louandre, les Études historiques en France depuis la guerre, dans la Revue des Dçux Mondes, 15 janvier 1877.

3. G. Monod, les Etudes historiques en France, dans la Revue internationale de r Enseignement, décembre 1889.

3. Ch. Seignobos, l'Histoire [en France au xix* siècle], dans l'Histoire de la Langue et de la Littérature française, VIII (1899),

4. L. Halphen, V Histoire en France depuis cent ans. Paris, 1914.

Il6 UN DEMI-SIÈCLE DE CIVILISATION FRANÇAISE.

ont été perfectionnées, mais non pas bouleversées, par l'effort de notre temps. Car s'il y a eu, depuis cinquante ans, des changements dans la qualité de la production historique, c'est surtout la quantité qui s'en est énormément accrue; il faut éviter cependant les énumérations et, d'ailleurs, « une revue rapide, accompagnée de quelques épithètes, prend trop facilement la tournure d'une corvée de compliments ou d'une outrecuidante distribution de bonnes et de mauvaises notes » (le silence étant nécessairement interprété comme une très mauvaise note). Car enfin le champ des études historiques est immense, et nul ne le connaît dans toute son étendue; même, c'est déjà beaucoup d'en connaître à fond un canton, et il s'agit pourtant d'embrasser l'ensemble d'un coup d'œil. — Comment juger? Comment choisir? Des gens prudents y ont renoncé *.

Ce qui suit est présenté sous le bénéfice de ces réserves.

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