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LA BOTANIQUE

Lorsque Linné établit son système sexuel des plantes, il ne faisait qu'appliquer à leur classement la découverte française de Sébastien Vaillant, démontrant que leurs étamines étaient des organes mâles fécondant la fleur dont le pistil constituait l'organe femelle. Ce sont encore des Français, les de Jussieu, qui, perfectionnant le système de Tournefort, ont établi les principes de la Méthode naturelle qui s'est imposée, parce qu'elle est le bon sens, à tous les botanistes. Guvier l'a reprise pour le classement des animaux. On peut donc dire que la botanique est une science française. Les botanistes français ont également contribué à la connaissance des phénomènes intimes de la vie chez les plantes

et à celle de leurs diverses espèces. Comme la Zoologie, la Botanique comprend, en effet, deux branches : l'une qui traite du végétal vivant et recherche les conditions de son existence ; l'autre qui a pour objet de décrire les espèces de plantes, de les nommer et de les classer; c'est la systématique. Tout de suite apparaît, dans le Règne végétal, une grande coupure, séparant ceux qui sont dépour\'us de matière verte et doivent emprunter au milieu dans lequel ils vivent les hydrates de carbone qui leur sont nécessaires, de ceux qui sont pour\'us de cette matière verte qu'on nomme la chlorophylle et qui, sous l'action des rayons solaires, est capable d'unir l'acide carbonique, qui lui arrive de l'air ou de l'eau, avec l'eau elle-même, en éliminant de l'oxygène, et de faire ainsi directement du sucre, de l'amidon et de la cellulose. C'est à l'état gazeux ou liquide, sauf chez quelques végétaux inférieurs, que la plante prend ses aliments, alors que la plupart des animaux sont capables d'assimiler des aliments solides*. Ces principes vont nous aider à grouper les travaux des botanistes français qui se sont occupés des plantes vivantes.

Le groupe des végétaux sans chlorophylle ne comprend que des formes plutôt modestes dont les séries commencent par les êtres les plus exigus de tous, ceux que Sédillot, sans se soucier de leurs parentés, a désignés en bloc, depuis les travaux de Pasteur, sous le nom de microbes, signifiant simplement qu'ils sont petits et vivants. Ce sont surtout des bactéries encore apparentées aux algues vertes les plus inférieures ou des cellules isolées comme celles qui constituent la levure de bière. De celle-ci on passe par les transitions les plus ménagées aux champignons filamenteux que l'on appelle vulgairement des moisissures. Les moisissures conduisent aux champignons à appareils reproducteurs assez volumineux pour être comestibles, comme les agarics et les cèpes. Les bactéries peuvent se contenter, pour se nourrir, de matières mortes ; elles se développent aussi dans des corps vivants qu'elles empoisonnent de leurs déchets de digestion et qu'elles tuent. Les études de Pasteur sur les levures et

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