S. Jordan, ibid
nous n'aurions sans doute jamais pu devenir de très gros producteurs sidérurgiques, malgré cette progression initiale rapide. Mais, en 1878, Thomas et Gilchrist, par l'application de garnissages basiques aux convertisseurs Bessemer, rendirent possible la transformation en acier de bonne qualité des fontes phosphoreuses. Leur procédé fut appliqué presque aussitôt en France, au Greusot, par MM. Schneider, à qui ils avaient cédé leurs brevets et qui, peu de temps après, facilitèrent l'attribution de licences aux industriels de l'Est. En vingt ans, notre production d'acier quadrupla pour arriver à 1565000 tonnes en 1900; depuis la mise en valeur du bassin de Briey, elle a encore triplé en douze ans pour donner, en 191 3, 4686000 tonnes ^ dont 2930000 tonnes d'acier Thomas, 1582000 tonnes d'acier Martin, 128000 tonnes d'acier Bessemer, 24000 tonnes d'acier au creuset et 21 000 tonnes d'acier électrique. Cette dernière catégorie d'acier mérite une attention très spéciale. Peut-être est-ce là le procédé de l'avenir, appelé à détrôner tous les autres, procédé d'ailleurs dû au génie français, comme le procédé Martin, et à double titre, puisque le four électrique, inventé par Moissan, a été rendu applicable à l'industrie métallurgique par Héroult.